La Rubrique à Barde
Retrouvez dans cette rubrique les discours, communications et chansons de notre barde local, et profitons de l'internationalisation qu'offre Internet pour communiquer ces beaux textes au monde entier !De quoi refaire la tapisserie de Bayeux
=> Télécharger le document au format .doc (Word) <=L'EPINES ROSES
Direction Générale des Evènements
1) Préambule
C'est le vendredi 19 avril 2007 qu'une trentaine de couillards lourdement équipés partent pour un rendez-vous avec l'histoire en s'en allant défier l'anglais sur ses terres, sous la conduite toujours avisée de leur valeureux chef Philippe.
En bon Gaulois, le chef ne craint que deux choses : c'est que le ciel… et la mer ne lui tombent sur la tête. C'est pourquoi l'idée soumise par notre capitaine de bataille, l'autre Philippe, d'emprunter un tunnel creusé sous la Manche par nos sapeurs a rencontré quelques réticences finalement vaincues par la perspective d'une moisson de gloire et de Guinness à récolter sur place.
L'affaire a été de longue date minutieusement et secrètement préparée, d'abord par une mission de quatre courageux éclaireurs, sous les noms de code de PC, JLM, DT et MV. Au péril de leur foie, ces braves ont pu baliser le terrain en particulier en repérant un pub qui s'avèrera ne pas être le bon, mais dont la description sera assez ressemblante.
Ces quatre se sont ensuite retrouvés chez Jean-Louis le restaurateur pour, toujours au péril de leur foie, fignoler les détails de la campagne et recueillir l'ingrédient de base d'une potion magique, gracieusement offert par le maître des lieux qui a ses habitudes en Saintonge.
2) Départ des troupes
Nous nous ébrouons sur le coup de 14 heures, après avoir tous attendu près d'une demi-heure que le couple Migeon ait terminé ses ébats printaniers post - prandiaux. Pour sauver la face, esprit de famille oblige, c'est le fils qui amène le père avec un mot d'excuse à la gomme.
Notre chauffeur est russe et roule les "r" comme un chauffeur russe. Nous pensons que c'est de bonne guerre pour tromper l'ennemi qui, prévenu, se portera en défense à l'est de Londres alors que notre cible est Borehamwood, faubourg situé dans le nord-ouest.
La consigne si souvent rappelée que lors des expéditions il est de la plus élémentaire prudence de manger avant d'avoir faim et de boire avant d'avoir soif a produit ses effets bénéfiques. La culture de la survie en terrain hostile est un des plus grands acquis de ce club ces dernières années, que ce soit parmi les joueurs ou les supporters.
A l'inverse de Napoléon, nous refusons de vivre sur l'habitant et préférons amener nos propres breuvages et victuailles. Pour l'Angleterre, ce sage précepte s'avèrera utile, ô combien ! Le chargement du véhicule de combat se fait donc avec quelques difficultés et nous regrettons le bon temps des bus à impériale ou tout ce qui ne rentrait pas dans la soute pouvait trouver sa place sur le toit.
Dès le départ, notre tortue distribue une pochette survie riche en instructions, conseils et objets de première nécessité tandis que je remets la sélection des chants et marches d'allégresse retenus pour cette occasion. Enfin, une distribution de bérets, qui auront auprès des foules locales un remarquable succès, vient compléter notre équipage.
3) Carnet de route aller
Un premier arrêt mérité après une bonne heure très éprouvante sur autoroute me permet de surprendre mon monde sur un terrain où personne ne m'attendait : celui du sucré ! Mon anniversaire est donc dignement fêté autour des petits choux d'une pièce montée dont l'équilibre a tout juste attendu l'arrêt du car et d'un petit coup de Champagne bien frais.
Café-calva et encore une bonne heure avant que le car embarque sur l'EUROSTAR. Ecœuré par les effluves qui se dégagent du car, le futé chien des douanes fait comprendre à son maître qu'il est inutile d'investiguer longuement en secouant négativement la truffe.
Nous profitons de la traversée pour purger un peu les soutes. D'une part pour voir ce que manger sous la mer produit comme impression : rien de particulier tant que çà ne suinte pas dans les verres ! D'autre part et surtout pour se faire une idée plus précise de l'étendue cumulée des ressources. Nous en sortons pleinement rassurés !
Les boissons en particulier sont d'excellente tenue à condition de les utiliser dans le registre adapté : ainsi nos deux toubibs n'hésiteront plus à prescrire le cidre basque, Purgelatuyotery de chez Brana, beaucoup plus probant à l'usage que les dragées de chez Fucca.
Et voilà enfin la douce campagne anglaise, avec ses vallons d'un vert so British, ses troupeaux de moutons à tête noire et ses villages aux maisons si pareilles qu'il vaut mieux rentrer chez soi à jeun. Suivent les interminables faubourgs londoniens, leurs jeunes filles d'un look so British, leurs troupeaux de banlieusards à tête blonde et leurs rues aux maisons si pareilles qu'il vaut mieux rentrer chez soi avant de boire.
Après avoir traversé la Tamise à hauteur de Big Ben, nous nous dirigeons vers la banlieue chicos de Kensington-Chelsea et arrivons à bord de nuit dans l'auberge de jeunesse située dans Holland Park, lieu paisible et magnifique tout proche du célèbre Hyde Park. Nous installons nos quartiers dans trois dortoirs bien aménagés et mettons peu après à mal quelques pâtés, terrines, saucissons et fromages arrosés d'un tour de France des régions vinicoles.
4) Lâchés dans Londres la perverse
La troupe décide alors d'investir un pub des environs et nous y prenons quelques bières dans une atmosphère bon enfant, un peu polluée par la télé-sport, omniprésente sur grands écrans.
Mais peu après minuit et le "last round", horreur, on ferme ! Nous l'avions presque oublié ! Il nous faut chercher un nouveau point de chute. Mais on ferme partout bordel ! Au hasard de nos explorations, l'un de nous (dont je tairai le nom par charité) détecte un boui-boui encore ouvert et nous y entraîne.
Hélas ! Même les moins avertis des choses de la vie se rendent vite compte qu'une faune "very special" peuple ce lieu, la seule façon de se fondre dans l'anonymat étant de s'enfiler en couronne en criant quelque chose comme "hou que c'est bon" ! (Bloody good !).
Or, même les plus prévoyants d'entre nous n'ont pas pensé à emporter un pot de rillettes d'oie, les plus onctueuses et donc les plus utiles dans ce genre de circonstances. Et bien que Paul se soit vu offrir par un admirateur le kit complet du parfait adepte, sans doute pour rompre la glace, il faut nous résoudre à battre en retraite en marche arrière et à regagner notre campement de base, la bite prudemment rangée sous le bras.
5) Au Mops and Brooms
Le lever au chant des poules alors que la chambrée en écrase encore, une météo de rêve et une longue promenade dans le grand parc fleuri où grives, rouges-gorges, mésanges, paons, hérons et écureuils sont d'une grande familiarité, me fait augurer d'une bonne journée. En revenant vers l'incontournable "Bacon & Eggs" du petit déjeuner en plein air, et peu après avoir croisé une joggeuse en tchador, je tombe sur la Tortue et son coach privé Jean-Mimi lancés, je suppose, à la poursuite de la belle voilée. Je les encourage à persévérer, me gardant bien de signaler que vingt ans de pratique dans ces pays m'ont appris que ce n'est pas tous les jours qu'on conclut.
Nous arrivons au pub de Borehamwood, le "Mops and Brooms" en fin de matinée, bientôt rejoints par une partie de l'équipe adverse, venue nous jauger. Une assiette repas nous est proposée, au centre de laquelle une saucisse d'un goût indéfinissable avoisine des petits pois d'un vert indéfinissable; avec quelques autres, je préfère la jouer petit-bras et nous nous replions en bon ordre vers la soute du car, seul point de ralliement sûr, pour une ponction de produits porcins, fromagers et vineux.
Par contre au bar, la bière, excellente, est généreusement servie et nous surveillons du coin de l'œil la consommation de nos vis-à-vis. Celle du mien me surprend et après sa quatrième "pint", je prends peur et décide de combler une partie de mon retard pour ne pas lui rendre trop de kilos sur le pré.
6) Sur le pré
Après une courte sieste, entrecoupée par une répétition du Haka, déjà ébauché dans le car, nous prenons la direction du stade où l'on nous confine dans un vestiaire surchauffé.
Notre arrivée au terrain est des plus réussie, avec notre grande marmite de potion magique accrochée à une barre portée à dos d'homme, notre casque gaulois et notre grand drapeau déjà déployé victorieusement au haut d'un donjon Normand. Le terrain est minuscule et très dur mais il faudra faire avec.
Les autorités locales sont déjà sur le pré pour encourager leurs troupes. Le maire en grande tenue, avec le collier de grand commandeur de quelque chose, ainsi la mairesse adjointe et le responsable du comité de jumelage.
Quant à l'arbitre qui comprend le français, il est déjà à l'échauffement.
Après un échange de fanions entre notre capitaine Philippe et le chef de guerre adverse, nous surprenons nos adversaires par un Haka bien enlevé auquel il ne savent répondre que par quelques grognements de bêtes.
7) Combat et victoire
Comme à la bataille de Fontenoy, nous les laissons tirer les premiers. Et c'est parti pour quatre quart-temps de vingt minutes. Nous continuons de les surprendre dès la réception du coup d'envoi en lançant une contre-attaque avec arrière intercalé, la plus belle de la saison folklo, qui n'échoue en touche que d'extrême justesse, à quelques mètres de la ligne.
Le ton est donné et dès lors L'EPINES ROSES fait un match engagé et exemplaire face à des adversaires plus lourds et surtout plus jeunes, à l'exception d'un troisième ligne teigneux comme un bouledogue anglais qui nous fait quelques misères. Le capitaine Philippe donne l'exemple en marquant dans le premier quart temps un bel essai bien construit.
Le deuxième quart-temps voit les gros adverses se rebeller et pilonner nos lignes; un dernier coup de boutoir leur permet d'égaliser. Puis c'est l'apothéose de la Tortue qui, bien servie par un cadrage d'école de Pierre-Marie, va au poteau de coin. Çà lui déclenche un quasi-orgasme, avec frissons dans la carapace, tant il savoure cette revanche attendue en Limousin depuis bientôt six siècles. C'est à 2-1 qu'arrive donc la mi-temps où un coup de potion magique permet de rafraîchir des organismes passablement surchauffés.
Mais l'anglais est patient, tenace et filou. Un contre heureux en début de troisième tiers-temps le remet provisoirement dans la course. C'est alors que L'EPINES ROSES lâche les chiens et est récompensée par un essai d'Olivier B. lancé comme un obus et à qui il faut dire de se coucher tant il était parti pour revenir jusqu'au pub. Puis c'est Thierry qui marque, bien qu'ayant été gêné par l'arbitre et enfin Damien à l'issu d'une longue action conclue par une belle remise à l'intérieur d'Olivier C.
Il reste à gérer le quatrième quart-temps, dans lequel les anglais marquent un essai bizarre sur contre. Puis nous finissons en trombe les cinq dernières minutes en les acculant sur leur ligne. Ils s'en sortent avec toute la mansuétude de l'arbitre dont Olivier finit par lever le bras tant il semblait avoir oublié ce geste. L'Angleterre finit donc à l'agonie sous ses poteaux, moment extrêmement jouissif pour nous tous, surtout les avants. Et victoire 5 à 3 au final donc.
Après match, des esprits chagrins d'origine britannique me diront que l'arbitre n'a pas tout a fait le même décompte. Un essai qu'il n'aurait pas accordé ou accordé à tort ? Qu'importe ! Je relate ce que j'ai vu, de mes propres yeux vu. J'ai fait mes preuves dans le métier, j'ai mes lettres de créance et tous mes confrères chroniqueurs concèdent que mes témoignages sont au-dessus de tout soupçon de partialité.
8) Au Mops and Brooms again
Nous recevons les félicitations méritées des autorités locales. Il convient de dire que depuis qu'elles ont découvert la potion, elles couvent le chaudron d'un œil attendri et en restent à courte distance. Il est alors temps de repartir vers le pub.
Un buffet froid de bon aloi nous a été préparé mais certains préfèrent là encore tester les inépuisables ressources de la soute du car. C'est là que notre carrossier-traiteur-supporter donne toute sa mesure, sortant terrines et pâtés tous meilleurs les uns que les autres, qu'il découpe avec une telle frénésie qu'il s'auto-ampute d'une phalange dans l'opération.
La bière à nouveau coule à flot et les premières chansons résonnent. Nous souscrivons aux rituels du club sous le portrait d'un Wellington à l'œil torve. Celui-là, soit dit en passant et d'après un écrit irréfutable de l'un de mes ancêtres, n'aurait finalement pas gagné à Waterloo, l'essai de l'infanterie en dernière minute n'étant pas valable.
Tout d'abord je suis sélectionné avec la Tortue et deux autochtones aguerris pour un petit jeu autour d'une pinte de bière. Nous comprenons qu'il s'agit de maîtriser le plus longtemps possible sa gloutonnerie devant l'appétissant breuvage. Nous gagnons haut la main, avec de longs préliminaires à la française, tandis que nos compères enfournent la chose d'un coup sec et typique d'une éjaculation précoce. Pauvres anglaises !
Puis les auteurs des plus belles bourdes du match se voient offrir des cadeaux de bon goût, en provenance directe du sex-shop qui sponsorise le club. Ils ont droit auparavant à un procès en bonne et due forme. Devant le juge, en l'occurrence leur gallois de coach à la dentition clairsemée, un procureur cite les faits puis un odieux avocat plaide d'entrée coupable en hurlant plusieurs fois "Guilty", comme au bon vieux temps du juge Roy Bean, quand régnait sa loi à l'ouest de la rivière Pécos.
Un pénis monté sur lunettes est le lot de l'anglais avec obligation de le porter toute la soirée, ce qui est bien peu pratique quand le malheureux met son nez dans une chope. Une paire de seins 96 gros bonnets revient à notre Olivier, conséquence de l'essai qu'il voulait aller marquer au diable Vauvert alors que l'en-but suffisait. Cela vaudra à ce veinard, tout au long de la soirée, un nombre incalculable de pelotages tant de la gent masculine que féminine. Et la bière continue de couler à flot !
A notre tour, après avoir expliqué l'origine de l'appellation brevetée L'EPINES ROSES, nous offrons un superbe trophée artistiquement sculpté sur bois d'amandier par notre Jean-Louis : une bonne grosse épine bien remontante et ses deux belles roses, çà va de soi. Le trophée fait un tabac, surtout chez les dames qui, ayant compris la subtile allégorie, veulent toutes toucher du doigt.
Pour les chants, c'est à nouveau une victoire écrasante de nos couleurs. Au seul "swing low, sweet chariot" nous répliquons par une bonne douzaine de cantiques dont les plus demandés sont les chansons à geste, de participation plus facile pour un profane : la fille du bédouin, sur les bords de la Tamise, notre Haka et surtout Alouette sont redemandés encore et encore. Et même la Marseillaise, bien enlevée ! Et la bière continue de couler à flot !
Nous finissons copains comme cochons après avoir échangé bérets et maillots contre cravates, tee-shirts ou autres avantages en nature et en nous promettant la revanche pour l'an prochain, à Fontenay.
9) Back to bed
Le car s'ébranle devant une haie d'honneur de dards poilus.
C'est alors car que les effets pervers de la bière se précisent, amplifiés par le roulis du véhicule. Certains, qui avaient déjà beaucoup pris, se sentent obligés de beaucoup rendre, juste pour rétablir l'équilibre. Bien entendu les rimailleurs s'en donnent à cœur joie et l'assistance s'en délecte, dans une odeur de circonstance : Vomitar et Vomito en autocar ont un seau; Vomitar sans crier gare prend le seau à Vomito. Amis poètes, bonsoir !
Ayant débusqué une petite prune digestive, nous entretenons les chants dans le fond du car jusqu'à Holland Park où nous regagnons nos dortoirs. Thierry a alors la délicatesse de nous sortir de sa besace des pieds de cochon, vinaigrette et oignons, un vrai grand bonheur à cette heure avancée de la nuit. On finit tout en arrosant d'un Fitou fermier de première bourre.
10) Carnet de route retour
Toujours le même plaisir à faire de bon matin le tour du parc avant de revenir au p'tit déj voir pour voir la tête des copains au saut du lit. Dans l'ensemble c'est pâlot mais très correct, sauf pour l'infortuné qui a passé une partie de la nuit sur le palier, étant sorti en claquant la porte sans avoir la clef et trop faible par ailleurs pour signaler sa présence aux ronfleurs patentés.
Un petit tour dans Londres, Hyde Park ou centre ville suivant les goûts et c'est déjà l'heure du retour. Bien qu'ayant un peu grignoté dans la matinée, j'ai (et ne suis pas le seul) une faim de loup. Je propose gentiment de nous arrêter dès que possible pour mettre du carburant dans la chaudière. Mais ces messieurs de devant (du car), craignant de manquer le train, négligent ce sage conseil et malgré des trésors d'inventivité je n'arrive pas à les convaincre. Nous passons en trombe devant un tas de lieux idylliques pour un pique-nique et nous engouffrons finalement bien avant l'heure dans le fameux train.
Arrivés de l'autre côté, changement de décor : tels l'âne de Buridan, ces messieurs de devant (du car) sont maintenant pressés de manger et font vite arrêter le chauffeur en un lieu ne manquant pas d'atouts à leurs yeux. Il s'agit, en plein soleil, du parking d'un hypermarché, entre une guérite à caddies et un bloc de récupération des huiles de vidange usagées. Ayant encore foie gras et Jurançon en ma glacière, je me fais un devoir sacré de mener la fronde pour filer ailleurs, soutenus par les gourmets. Nous finissons par trouver peu après une sympathique aire de verdure où, après un peu de potion magique, nous reprenons nos agapes sans espoir toutefois de finir tout ce qui reste.
Nous reprenons le route et faisons lors d'une escale technique la rencontre d'un car d'infirmières mancelles en goguette et chaudes comme des braises. Notre statut de rugbymen victorieux d'une joute internationale nous auréole d'un prestige insoupçonné et il s'en faut de peu que le chauffeur ne rate la sortie Paris sur la route du Mans. En remerciement nous lui fredonnons "Nathalie". Nous arrivons finalement porte de Châtillon où nous entonnons la chose à Dudule, ce qui met comme toujours le point final à l'aventure.
11) Epilogue
Pleurez, absents de ce grand moment de la vie du club et quant à vous qui en étiez, braves parmi les braves, remerciez ceux qui l'ont voulu et concrétisé, particulièrement notre capitaine Philippe, cheville ouvrière de toute l'organisation.
MV - avril 07
L'EPINES ROSES bien RAID!
=> Télécharger le document au format .doc (Word) <=L'EPINES ROSES
Direction Générale des Evènements
Vendredi, à Bièvres, c'est à un match de gala que participent, avec fierté et gourmandise, une bonne quinzaine de joueurs de L'EPINES ROSES, en présence de notre bon Président Philippe qui pour rien au monde n'aurait manqué cet évènement.
Car il s'agit de s'illustrer aux festivités du jubilée données par le RAID en l'honneur du départ de deux de leurs plus braves poilus, dont notre cher Daniel, plus bouclé que jamais.
Le secret de notre participation a été bien gardé et l'organisation, menée avec un grand professionnalisme par Patrick et ses compères, tient l'intéressé à l'écart dans la moiteur d'un vestiaire tandis que nous enfilons nos habits de lumière dans le stand de tir à quelque distance. Du coup - c'est le cas de le dire - même une fois habillés, les plus audacieux d'entre nous se gardent bien de crier "poule", car L'EPINES ROSES reste un gibier de choix, très prisé des connaisseurs qui aiment l'inscrire à leur tableau de chasse.
L'inquiétude se lit sur nos visages : en effet, et la carrure des premières personnes rencontrées sur le site témoigne dans ce sens, nous soupçonnons nos adversaires du jour d'avoir un entraînement un poil plus poussé et un physique sensiblement plus affûté que le nôtre.
D'un autre côté, c'est vrai que nous pouvons compter sur nos muscles rendus saillants par les rudes séances de gainage, pompage, abdominage et autres infects triturages gymniques infligés par Daniel deux saisons durant. Un acquis pareil, entretenu depuis par la folie furieuse d'un Jean-Mimi, met longtemps à disparaître.
Enfin, parmi tous ces trucs en "age" nous misons surtout sur l'âge car, en termes d'expérience, le cumul de nos années n'a certainement pas d'égal au RAID. On se rassure comme on peut.
Les considérations tactiques vont bon train dans notre vestiaire improvisé : comment enfoncer le clou ou plutôt L'EPINES ? Raides bien sûr, le lieu l'impose ! mais en biais à la sournoise ? Par derrière à la surprise ? Par en-dessous à la frivole ? Sachant que rentrer par les côtés est désormais interdit !
Nous en sommes là dans la mise en place quand on vient nous chercher pour nous installer en haie d'honneur à la sortie fermée du vestiaire. La porte, derrière laquelle nous sentons le piétinement et l'haleine du fauve, s'ouvre soudain et le Daniel jaillit dans la lumière.
Le cheminement des pensées dans ses neurones est comme un film au ralenti. Enigme policière : comment rebâtir en quelques secondes la réalité quand tout est connu mais confus parce que les personnages ne cadrent ni avec les lieux, ni avec l'heure. Puis quand tout s'éclaire enfin, ampoule allumée dans la bulle d'une bande dessinée, quelle émotion, partagée par nous tous !
Puis suit toute l'équipe du RAID, tous de noir vêtus et, pour se rallier au panache chauve, tous tondus de près comme des frères Rapetou.
C'est déjà le match, avec un engagement raisonné, surtout de notre part, alors que nos adversaires se donnent à fond. Avec l'aide du vent fripon qui souffle fort sur le plateau, ils ne tardent pas à prendre l'avantage. Il faut dire aussi qu'ils sont bien toniques. Tellement que sur mon premier contact j'ai cru que c'était un gros caillou sur lequel on avait posé un maillot noir de joueur à sécher !
Notre match courageux est illustré par une percée plein champ de Martial, qui avec l'élite de la police française aux trousses, gyrophares hurlants, maintient un excès de vitesse sur plus de 40 mètres avant de s'arrêter brutalement : "pour ne pas perdre tous mes points d'un seul coup" et "pour ne pas humilier l'adversaire" dira tour à tour l'infâme chauffard pour sa piètre défense.
Daniel vient jouer le deuxième tiers-temps avec nous, ce qui rappelle aux plus anciens, dont je me flatte d'être, le privilège d'avoir été son heureux partenaire dans les années fastes du Fontenay première manière.
Sans doute jaloux de le voir délaisser momentanément leur équipe, quelques uns de ses collègues, dont Patrick, l'agressent alors "sauvagement" au sol. Dans cette empoignade douteuse, le pif du brave Nono qui traînait par là écope d'une bavure grand format.
Repassé avec l'équipe du RAID pour le troisième tiers-temps, Daniel conclut le match par un deuxième essai d'anthologie, digne de ses jeunes années. Au terme d'une percée plein cœur, raffutant tout ce qui se présente et qui part en cabrioles en tous sens sous la violence des impacts, il fonce droit sous les poteaux.
Le reste est pur bonus : la visite commentée avec passion de l'armurerie, les discours de départ par un parterre de hauts responsables, la réponse pleine d'humour de notre Daniel en forme de retour d'expérience et de sages conseils, les cadeaux dont une carabine de chasse et une superbe tête d'élan en guise de premier trophée, le pot de départ et le repas enfin avec quelques chants et une sono d'enfer. Vraiment d'enfer !
Nous sommes partis sur le tard de cette journée de jubilée, heureux de son parfait déroulement, heureux d'avoir témoigné de l'estime et de l'amitié que nous portons à "La Boulange". Heureux enfin d'avoir pour une fois surpris ce féroce défenseur par une sortie du vestiaire en forme de contre-pied.
Et en sortant, le spectacle d'une bande de daims, ruminant tranquillement sur la pelouse…
MV - mars 07
Çà c'est Paris !
=> Télécharger le document au format .doc (Word) <=L'EPINES ROSES
Direction Générale des Evènements
Deux évènements à Paris en ce samedi de décembre, la municipalité ayant décidé de coupler d'inauguration du tramway sud avec le match de gala de l'Epines Roses contre les Globe-trotters et Sanofi réunis, Porte de Choisy. Très difficile de garer aux alentours du coup, car la Police fait des rondes, quatre par quatre, armés jusqu'aux dents et prêts à bondir comme disait Coluche.
C'est bien sûr Martial, concerné par les deux évènements, qui est la cheville ouvrière de ce jumelage. Il arrive d'ailleurs le dernier au vestiaire, ayant déjà tupiné le p'tit blanc gommé de l'amitié avec les traminots d'astreinte, au bistrot du coin.
A travers une publicité de Ricard de 1935, je lui montre que l'ambiance des roulants était déjà festive, les choses n'ayant fait qu'empirer depuis.
Terrain gras, nombreuse assistance de pigeons dans l'en-but du terrain et de blaireaux le long du parcours du tramway.
Après une première minute d'enfer, qui voit nos avants perforer sur plus de 5O mètres, le jeu s'équilibre puis tend à se rapprocher de notre ligne que nous défendons avec conviction. Hélas, notre jeu au pied, qui met les taupes sur le qui-vive, ne nous permet pas de respirer à fond. Juste avant la mi-temps, sur un hors jeu millimétrique de nos lignes arrières, le coup franc rapidement joué à la main se termine dans la confusion sur l'aile ou l'arbitre croit entrevoir un adversaire qui aurait pu éventuellement franchir la ligne. Les moyens vidéo étant mobilisé par le tramway, il décide de privilégier l'équipe attaquante en accordant l'essai. Mi-temps 1 à 0.
En deuxième mi-temps, le jeu est assez équilibré et après un nouvel essai adverse, cette fois au terme d'une contre-attaque bien construite, nous finissons fort près de leur ligne mais sans arriver à conclure malgré un gros match des gros. Fin du match 2 à 0 dans un excellent climat qui n'a jamais exclu l'engagement.
Nous nous dirigeons alors vers le restaurant tenu par l'un des Globe-trotter, la Zapothèque, 15 rue Tolbiac. Pour contenir la concurrence déloyale du tramway Christophe, en vrai guerrier, inaugure un nouveau "concept" de transport en taxi : vitres ouvertes, CD de chansons à boire plein pot et deux des plus fameux choristes du Téléthon (Patrice et moi) braillant à l'unisson à l'arrière.
Un peloton de cyclistes, parmi lesquels on distingue Philippe, casaque bleue-toque striée, nous escorte au travers d'une foule interloquée mais séduite. Il va de soi que face à ces méthodes agressives de marketing, la Régie ne peut rester bras croisés et une riposte cinglante de Martial s'impose. J'indique ici quelques possibles pistes: fontaines de Ricard en lieu et place des composteurs, rondelles d'andouille en remplacement des tickets, nudité totale du chauffeur etc., les premières citées étant de loin préférables.
Restaurant très sympathique, où l'apéro n'est pas mesuré et où la bouffe, en particulier une daube de bœuf avec son gratin dauphinois, est de tout premier ordre. Sympathiques Globe-trotters aussi qui se retrouvent entre amis (dont certains venus de très loin), joueurs et non-joueurs, mais tous gens fortement habitués à la convivialité et à la fête, vice-président à vie en tête. Dommage que nous ne restions que 7 pour le repas alors que nous étions plus de 20 au stade et encore une quinzaine à l'apéro… mais Jean-Louis, Philippe, Patrice, Martial, Yvon, Bruno et moi tenons notre rang et notre coin de table est irréprochable.
On sort de là sans faim vers pas loin de 17 heures locales et Jean-Louis me ramène à la maison où il s'abstient du dernier Cointreau obligeamment proposé pour le peu qu'il lui reste de route. Un refus d'une telle grandeur, alors que tant d'autres auraient cédé, méritent d'être souligné auprès de la famille de l'intéressé.
Nos braves amis ont continué jusqu'à plus soif, limite difficile à évaluer à en juger par le remarquable état de fraîcheur de quelques uns en fin de troisième mi-temps et à l'attaque d'une quatrième.
Et rendez-vous est pris, non sans plaisir, pour une prochaine fois et la victoire, qui sait?
MV - Décembre 06
Chichoulet chez les Rouche !
=> Télécharger le document au format .doc (Word) <=L'EPINES ROSES
Direction Générale des Evènements
Ces bienfaiteurs de l'humanité que sont les Rouche, au même titre que Louis Pasteur ou que Félix Nicalez, inventeur du porte-jarretelles, frappent une nouvelle fois un soir de Téléthon, ce qui devient une marque de fabrique des plus admirables*. Voici l'histoire de cette soirée, dans toute sa vérité nue !
D'abord la chorale des anciens (Didier, Pascal, les 2 Philippe, Patrice et moi) renforcée par Lucas, le seul jeune à la hauteur d'un tel défi, se distingue au gymnase dans un tour de chant de toute beauté, devant une foule cosmopolite en délire. Les hurlements des groupies, dans le registre suraigu, parmi lesquels dominent les "Luca-a-a-a-as" mais aussi, dût-ce ma modestie en souffrir un peu, de nombreux "Mimi-i-i-i-i-i-i-i-i-i-i-i", nous vont droit au cœur, pour rester correct. Nicole étant dans l'assistance, nous avions passé discrètement des consignes aux plus excitées pour que "Phili-i-i-i-i-i-i-ppe ne soit pas stridulé et fort heureusement ces chattes en folie réussissent à se contenir, tant bien que mal.
Pour les récompenser, nous agrémentons notre dernière chanson de petits mouvements de danse, faits avec une grâce de plantigrade, famille animale d'autant plus de circonstance que je n'ai pas oublié le miel dans le vin chaud-cannelle destiné à préparer nos virils organes à ce moment de vérité.
Comme les fois précédentes, c'est à grand peine que nous nous extirpons des griffes de nos admiratrices. Patrice grâce à sa taille, notre bon Président grâce à son prestige et la tortue grâce à son blindage s'en tirent sans trop de mal. Je n'en dirai pas autant de Lucas, disparu corps et biens dès la sortie et dont un morceau de caleçon décorait le lendemain l'arbre de Noël de la grand place.
Pascal et moi, après avoir satisfait en toute simplicité à nos obligations de star, (autographes, dédicaces, baisers, etc.) retrouvons Philippe que madame ne lâche pas, consciente de l'omniprésence du danger. Et voilà-t-y pas que le Pascal nous dit, comme dans un rêve, ces mots par moi si peu souvent entendus : "Passez donc à la maison prendre un verre!".
"Il y a du déjà du monde pour l'anniversaire de Lucas, le fiston a 10 ans!" ajoute-t-il pour nous couper toute envie de résister.
Nous nous enquérons courtoisement de l'opportunité de cet arrivage tardif et massif et notons avec satisfaction qu'aucun doute n'est permis et que rien ne fera plus plaisir à Christine que cette "surprise" de fin de soirée. Nous voilà en route, mais vraiment pour faire plaisir alors.
Notre Tortue, avec ce flair animal qui voit le mal partout, déclare forfait. Il est vrai qu'elle a commis l'imprudence de venir à la répétition du mercredi, en la maison Vergne, en ayant déjà copieusement diné et a du mal depuis à écluser le trop plein.
Ambiance festive chez les Rouche, où l'on fête Lucas! Les chanteurs sont accueillis avec la ferveur due aux héros et Pascal ouvre une bouteille d'un excellent Maury pour apaiser nos gosiers en feu. Très vite, l'assistance veut avoir son aubade privée et réclame des chansons sur l'air des lampions. Parmi celles demandés, le célèbre "Dudule" se taille une place de choix, malgré l'heure encore raisonnable et la présence des enfants. La demande est générale chez les dames, un peu moins pressantes chez les messieurs, jalousie oblige, forcément.
Décidément nous ne pouvons pas! D'autant qu'en passant près des cuisines, Pascal nous a montré un énorme bocal en verre de "Chichoulet". C'est un cassoulet où les pois chiches ont remplacé les haricots a-t-il imprudemment expliqué, en couvant le bocal d'un œil décidé.
Avez-vous déjà entendu, un soir, chez les Rouche, le cri du confit prisonnier dans un bocal de Chichoulet? A vous fendre l'âme! "Libérez-moi!" qu'il supplie. "J'ai froid, mettez-moi au chaud!". "Sortez-moi, j'suis pas dans mon assiette!". Bref, Cosette chez les Thénardier, en plus émouvant!
On ne peut longtemps rester sourd à ces suppliques et la chorale décide donc de ne pas entamer les paillardes avant minuit, avec "Dudule" en fin de programme vers 3 heures, ce qui laisse largement le temps de s'apitoyer sur le sort du confit.
Nous chantons d'abord quelques chansons à boire, histoire de se refaire la voix et de rappeler le maître de céans à ses obligations bachiques. Et nous voilà donc devant le fameux Chichoulet, les duos Corbet, Fernandes, Battini et Rouche au grand complet et moi sans ma moitié (qui serait certainement venue de bonne grâce si j'avais osé la réveiller). Ce bonheur de Chichoulet a été mijoté au four, surveillé avec amour par Philippe tout au long du processus et entre deux chansons, de sorte que personne n'a pu nous le soustraire.
Le confit n'a pas le temps de regretter sa brève escapade. Pouvait-il tomber en de meilleures gueules il est vrai? Et c'est bon! Et çà se marie à merveille avec les vins fins du Languedoc, fierté de la maison. Tellement même que "des" que je ne nommerai pas saucent le plat, suivant en tous points mes précédents conseils**.
Bientôt "Il est minuit… La femme du roulier s'en va de porte en porte, de taverne en taverne…" Introduites tout naturellement à cette heure par cette magnifique chanson, l'une de mes préférées, les autres chansons gaillardes sont chantées avec entrain jusqu'à l'apothéose finale bien sûr.
On a alors une pensée émue pour les grands absents qui auraient souhaité être de cette chorale et particulièrement pour Christophe L. qui, prisonnier dans sa salle de garde, n'a peut-être pas pu y placer un aussi beau répertoire, pour Jean-Louis, pris sous un déluge landais et pour Olivier C., retenu par d'autres agapes.
Et on se dit : à quand le prochain Téléthon? Pourra-t-on attendre jusque là, miladiou?
* Voir sur le site ma précédente chronique "Bonne bouffe fait digérer" - décembre 05
** Voir recette "Le cassoulet à la miche à claques" dédicacée à Lauranne - juin 06
MV - Décembre 06