La Rubrique à Barde
Retrouvez dans cette rubrique les discours, communications et chansons de notre barde local, et profitons de l'internationalisation qu'offre Internet pour communiquer ces beaux textes au monde entier !L'Epines roses maîtrise l'atome
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L'EPINES ROSES
Direction Générale des Evènements
MM Michel Vergne et Pascal Rouche, Directeurs Généraux Associés, présentent
1) Mise en bouche
Après la mémorable épopée de 2005 en terres girondines, relatée dans la chronique "Odyssée Lacanau", c'est au tour du CEA Fontenay d'organiser cette année le réputé tournoi national inter-CEA.
C'est la deuxième édition où apparaissent côte à côte les deux grands rivaux de Fontenay. Le CEA représente l'aristocratie fièrement campée sur son plateau du "Fontenay d'en haut". Elle est honnie par l'humble et laborieux petit peuple du "Fontenay d'en bas", fief de l'Epines roses. Eternelle lutte des classes rugbystiques!
Bien entendu, seuls ceux d'en haut peuvent tirer les ficelles et ils ont donc décidé de jouer au plus près de leurs pénates, sur le terrain d'en haut justement, dit "du Panorama". C'est près de là, prétend la rumeur, que le soir venu, après copieux souper, ils aiment se pavaner avec leur famille endimanchée, contemplant les allées et venues des pauvres gueux dépenaillés besognant dans la Coulée Verte.
Circonstance aggravante, ils s'amusent, dans leur camp retranché, à faire la bombe avec laquelle, c'est bien connu, ils ont fini par tout détraquer et d'abord le temps. C'est donc dans des conditions météorologiques dantesques, provoquées par les jeux de ces messieurs, que se déroulent la plupart des rencontres. La pluie et vent violent finiront même par arracher le chapiteau renforcé par quelques ficelles de l'ami Philippe du Café de Paris de Bièvres qui, avec sa sympathique équipe dont son fils, privé de rugby pour l'occasion, a œuvré toute la journée pour satisfaire nos gloutons appétits, contribuant au succès de la fête.
Le CESTA girondin est arrivé la veille en bus spécial, sur le coup de 23 heures, ayant déjà largement dépassé ses prévisions hautes de consommation, en particulier sur un fameux blanc de Graves dont une pénurie sera signalée le lendemain. La quasi-totalité de l'équipe, à l'exception des plus atteints, a décidé de faire en arrivant une tournée complète des quelques rares bistrots encore ouverts à Paris après 11 heures du soir. Ces malheureux sont rentrés dès potron-minet (ce qui veut dire dès qu'on peut voir le cul d'un chat, soit aux environs de l'aube) à l'exception cette fois des moins atteints qui ont fait "Paris s'éveille", quand "les cafés nettoient leur bar" comme chante Dutronc.
Leurs têtes étant prêtes à péter après ces agapes, ils porteront le lendemain de curieux calots serre-crânes qui, diront-ils, ont la propriété de rendre moins vives les douleurs lancinantes de la gueule de bois. Ils en sont gros consommateurs et les importent de Turquie où ils ont créé des ateliers clandestins pour subvenir à leurs besoins.
Les Tourangeaux sont eux arrivés dans une plus grande discrétion. Comme ils sont partis de bon matin encore un peu envapés, ils ont visiblement moins tapé dans la soute-cave du car que leurs collègues. Mais comme il y a tout de même une justice en ce bas-monde, nous verrons plus loin que leur manque d'intempérance sera sévèrement puni.
2) Premier exploit de l'Epines roses
L'Epines roses n'est pas venue pour faire de la figuration. Déjà l'an dernier l'équipe avait remporté de haute lutte la coupe du fair-play mais nos adversaires malicieux y avaient associé un morceau de bois gravé d'une navrante laideur, trop grand pour tenir dans notre vitrine et trop mince pour tenir un bon feu de cheminée. Nous avons donc à cœur cette année de nous débarrasser de cet encombrant cadeau.
Le hasard bienvenu du tirage au sort nous met en présence des Girondins pour le prestigieux match d'ouverture, arbitré par l'ami Francis, ex-talonneur du Fontenay de la première heure, expatrié depuis en Gironde. Je lui promets son poids en produits fermiers si on gagne contre le cours du jeu, mais sachant que d'autres ont dû promettre plus encore!
On sent tout de suite chez nos adversaires, que ce soit à l'envie ou à l'haleine, les effets bénéfiques pour nous de la nuit précédente. "On n'y est pas les gars! On n'y est pas!" s'époumone leur meneur, un petit homme dont on reparlera. L'Epines roses, sereine, déroule un jeu séduisant qui sème l'incertitude dans des crânes déjà passablement surmenés. Çà tient bien devant, Alain C. et Damien animent la charnière, et les arrières lancés par David font bien des misères à leur vis-à-vis. Nous marquons deux superbes essais d'ailier, quasiment identiques, sur deux longues et ondulantes percées de Damien, attendant patiemment le soutien de Loïs, pour d'imparables débordements.
Nous en laissons au moins deux autres en route le bel Hugo se faisant rattraper par la patrouille après une longue percée plein champ et Philippe, à court d'abstinence après sa récente lune de miel en Egypte, échappant la balle alors que le décalage était fait. Les Girondins refont lentement surface et marquent dans la dernière minute de la première mi-temps, l'arbitre ayant ajouté à la grêle du ciel une grêle de coups-francs complaisamment accordés à ses "pays" à proximité de notre ligne.
Ce viatique remet en selle le CESTA qui sort de sa léthargie après la pause et se refait une santé par un jeu d'avant musclé, insistant au ras et négociant au mieux d'interminables cocottes pénétrantes. Après les sept changements opérés à la mi-temps notre équipe a du mal à retrouver ses marques et peine contre un fort vent défavorable. Malgré notre courage, nous ne voyons plus guère le ballon et encaissons l'essai de l'égalisation sur une mêlée à 5 mètres jouée au ras. Il reste alors dix longues minutes à jouer et l'exemplaire Thierry, capitaine et plaqueur infatigable, exhorte les troupes à tenir.
Associé à Christophe en première ligne, nous avons ensemble l'intuition qu'il faut faire quelque chose contre l'inexorable destin. Christophe a ceci de bien qu'il comprend où le client veut aller avant même qu'il ne parle, secret du métier sans doute. Mettant à profit un piétinement un peu violent sur un des nôtres au sol, nous organisons une demi-minute de chicaillas qui, s'ils ne font rien pour éclairer le jeu dans la bourrasque, ont au moins le mérite de casser le rythme, de faire appeler les deux capitaines à plus de modération et surtout de déclencher une poussée d'adrénaline chez nos adversaires, laquelle les détourne momentanément de leur coupable intention : jouer au ballon! Momentanément, mais assez pour que la fin survienne sur ce nul 2 à 2, amplement mérité au vu de l'éclat de notre première mi-temps et de la vaillance et de la ruse de la deuxième.
Un adversaire saignait abondamment du nez après ces quelques petits moulinets, victime d'une auto-poire d'un des siens dont le degré résiduel d'ébriété troublait la perception des distances. S'étant épanché sur mon beau bandeau tout blanc lors d'un tête-à-tête au sol, je termine le match sous les cris de "boucher!" pour les uns, alors que les autres viennent aux nouvelles, me croyant moribond. Il faut dire que joueurs et supporters le long de la touche n'ont rien fait pour calmer les belligérants et j'ai même entendu de mes propres oreilles bandées un critique de la violence des plus de 50 ans hurler à la mort depuis sa confortable position.
3) Réplique du CEA Fontenay
C'est déjà le deuxième match dans lequel le CEA Fontenay affronte les Tourangeaux dont la belle et sympathique équipe tient une mi-temps avant de céder sous les coups de boutoir de Jacques et des siens, survoltés par l'enjeu.
Un précieux renfort venu de Chevreuse moissonne les munitions en touche et organise les avants avec Pierre et Guillaume au soutien. De beaux mouvements en pénétration sont construits autour de l'ouverture où s'illustrent particulièrement Nicolas ainsi qu'Alexandre-le-jeune, complaisamment prêté par l'Epines roses pour la circonstance, tandis que chez les arrières Gilles et Damien1sh sont exemplaires, dans un match bien plein offensivement et défensivement.
Vincent, impérial à l'arrière marque un magnifique essai, imité par le triathlonien de choc, qu'on voit crinière au vent aux quatre coins du terrain, comme s'il avait perdu sa rate. La fin intervient sur ce score mérité de 2-0.
4) Nouvel exploit de l'Epines roses
C'est face aux Tourangeaux, un peu fatigués après leur beau combat contre le CEA Fontenay, que nous jouons notre deuxième match.
Match sans histoire et sans embrouille. En première mi-temps Loïs marque ses deux essais habituels. Sur l'un d'eux son adversaire direct, pourtant prévenu par ses exploits précédents, lui laisse 4 mètres de couloir en croyant le jointer aisément contre la touche. C'est au moins 3 mètres cinquante de trop et il ne voit que la couleur des semelles. Hélas, nous encaissons aussi notre habituel essai dans la dernière minute (quelle mauvaise habitude, 4 fois dans les 4 derniers matches!) de la première mi-temps, ce qui remet la Touraine en confiance.
A nouveau 2-1 à la pause et à nouveau contre le vent, c'est le même scénario que lors du premier match et les remplaçants craignent de devoir résister et résister encore. Mais, transcendés par un Jean-Louis en état de grâce et sonnant la charge comme aux bons vieux temps avec Alain, Olivier, Alexandre-le-moins-jeune, Xavier et tous les autres avants dans le sillage, nous dominons un adversaire pourtant puissant, brave et joueur. Les arrières ne sont pas en reste où se distinguent tour à tour Romain, Eric, Cédric et Clément. Jusqu'à ce que, logiquement, Damien fasse la décision par une percée plein axe qui l'amène 40 mètres plus loin sous les poteaux.
A 3-1 le match est plié et nous nous contentons de dérouler les dernières minutes, réservant nos forces pour la bouffe du midi et le dernier match de l'après-midi.
5) Interlude
Après les 3 matches du matin, nous virons donc en tête avec, il est vrai, un match de plus que les deux qui se présentent comme nos principaux adversaires. Notre bon président, qui nous a soutenus sans défaillance dans la bourrasque, ne nous délaissant durant les courtes pauses que pour aller soutenir le chapiteau, nous indique combien il est fier de nous et comment il va intercéder pour que nos primes de match soient versées sans retard, si la victoire vient toutefois à se confirmer.
Sous un temps toujours exécrable et un chapiteau qui menace à tous moments de s'envoler nous avalons quelques sandwiches merguez / ventrèche qui nous réchauffent un peu.
Sous les applaudissements, le CESTA sort de son car-cave les quelques bouteilles de blanc ayant échappé par miracle (Saint-Jean-des-Graves, merci!) à leurs recherches intensives de la veille ainsi que quelques bourriches d'huîtres de Cancale, la goinfrerie des autochtones ayant momentanément mis les producteurs d'Arcachon en rupture de stock. Et côté écailleurs, ils ont amené quelques anciens champions d'Aquitaine qui dégoupillent à une vitesse qui n'a d'égale que la pente de leur gosier.
Un café chaud bienvenu et c'est l'heure de reprendre les joutes, le temps heureusement se montrant maintenant plus clément pour l'après-midi.
6) Match des prétendants
Le premier match de l'après midi oppose les deux cracs de l'atome (ces deux mots font peur). Le CESTA présente une équipe sensiblement remaniée, dégrisée et revancharde par rapport à sa contre-performance du matin. Le niveau d'imprégnation est passé au dessous du gramme par litre et la migraine s'est estompée. Les cloches de Fontenay, que certaines bourriques de devant avaient cru entendre sonner à toute volée toute la matinée, ne résonnent plus autant dans les tronches. Enfin, comble de l'allégresse, les derniers rentrants de la nuit ont pu rejoindre la troupe et ces effrontés se prétendent affutés.
Côté CEA on annonce l'arrivée de Martial, que l'on ne tarde pas d'ailleurs à localiser au bar où il prend quelques forces après son épuisant turbin du matin, son exploiteur d'employeur n'ayant pas voulu signer plus tôt la levée d'écrou.
Avec l'apport du Martial frais comme un gardon, c'est encore un beau match que livrent les fontenaisiens du CEA. Mais la motivation des Girondins est telle qu'ils sont pris à la gorge et ne peuvent pas grand chose. Dominés malgré une bonne défense, où Vincent se distingue en dernier rempart, et quelques mouvements d'envergure autour de la charnière dont un met Alexandre-le-jeune dans le trou, à la sortie duquel il se fait éreinter par un placage sauvage asséné par derrière. Paresseusement allongé sur une couverture, son échine d'ours à découvert, il se fera longuement masser par les mains de fée d'Oreste, toujours aux petits soins des blessés de guerre.
5 à 0 est le score final pour le CESTA qui a fait parler la puissance et a fortement entamé le potentiel du CEA Fontenay, ce dont nous nous réjouissons secrètement dans la perspective du dernier match.
7) Match des provinciaux
Girondins et Tourangeaux se disputent un match de grande tenue avec un fort enjeu. Pour les premiers, de rester en course pour le titre, pour les seconds de ne pas perdre leur trois matches et d'hériter ainsi du détestable morceau de bois.
Au terme d'un combat engagé et indécis, le sud-ouest l'emporte sur le centre 2-1, condamnant l'équipe de l'Epines roses à vaincre le CEA Fontenay en marquant au moins 5 essais.
8) Match fratricide des Fontenaisiens
Notre bon président fait alors monter la pression et les chiffres entendus font tourner les têtes. Nous apprendrons plus tard -amère désillusion!- qu'il entretenait son interlocuteur du dernier salaire de Henry à Arsenal.
Baladés l'an dernier dans le dernier match par un CEA déchaîné, nous resserrons les rangs et accueillons le duo des inséparables Ben et Nic, venus participer à l'hallali.
L'équipe du CEA n'a pas ce luxe de remplaçants de première force et doit composer avec un effectif réduit et encore secoué par le grand combat contre le CESTA.
C'est donc tranquillement que l'Epines roses gère son match. Les avants où Gérard, Oreste, Pascal et Cie mènent leurs basses œuvres d'usure comme dans les matches précédents et les trois quarts inspirés, à l'image de Jean-Seb piaffant sur son aile, mettent la pression et scorent à deux reprises par David et Hugo, au terme de belles chevauchées en sortie de trou. Dans la minute qui précède la mi-temps, le CEA a un sursaut d'orgueil qui l'amène sur notre ligne. Les remplaçants craignent à nouveau un 2-1 avec vent dans le nez pour la deuxième mi-temps mais les avants récupèrent la balle et Philippe manœuvre avec maestria sur le petit côté pour un contre pas loin de faire mouche.
Les remplaçants rentrent à la mi-temps apporter leur pierre et les nouveaux venus se distinguent. Nicolas en premier sauteur tourmente le pauvre Martial dont les lancers ne trouvent plus le moissonneur de Chevreuse et Ben, comme à son habitude, cisaille tout ce qui passe à portée d'épaule. Une nouvelle tentative dangereuse du CEA est sauvée sur la ligne par Thierry qui décoiffe l'insolent qui voulait marquer.
Christophe avec son n° 2, guerrier de bout en bout, lancé comme un obus à quelques mètres de la ligne porte enfin le coup de grâce. Le bougre est content, étant plus souvent à la mine que sous les projecteurs. En fin de match Loïs recommence son festival, marquant à nouveau sa dose de deux essais.
5-0, pile poil ce qu'il fallait pour passer devant les Girondins sur l'ensemble du tournoi au goal-average (+7 contre +6) et au nombre d'essais marqués (10 à 9).
Notre bon président, qui contient difficilement son émotion dans ces heures glorieuses, vient tirer l'oreille de ses grognards et les cheveux trop longs de ses jeunes et félicite les coaches pour ce dosage réussi des talents dans la pyramide des âges. Dans sa grande générosité, il autorise à titre exceptionnel ceux qui n'ont pas pu en être, mais qui sont venus nous supporter, à pouvoir dire pour l'éternité avec leurs champions "J'en étais" auquel tout Fontenaisien qui se respecte sera tenu de répondre "V'là un couillu!" Parmi ces supporters d'élite on distingue, touchés de haut en bas et de l'extérieur vers l'intérieur du corps : Olivier en délicatesse avec son épaule, Emmanuel en délicatesse avec son mollet, Fabrice en délicatesse avec sa plante de pied, notre tortue en grande indélicatesse avec ses tripes et Nicolas qui, tel un boa constrictor, finit à peine de digérer les huîtres de Valognes.
Côté CEA, Patrice, en délicatesse avec sa cheville, et qui s'est pourtant dépensé sans compter pour que cet évènement soit un succès, avouera même qu'il aurait été heureux de participer à la défaite des siens, quand on est vaincu par de tels vainqueurs.
9) Coupes et banquet
Après l'apéro, où nous rejoint Daniel, volant au secours de la victoire essèmessée par Lauranne notre supportrice fétiche, c'est la remise officielle des coupes. Nous savourons intensément mais modestement notre triomphe, sachant combien les hiérarchies d'un jour sont périssables. Nous héritons d'un superbe objet d'art avec couvercle, fièrement brandi par notre bon président puis par notre vaillant capitaine Thierry qui d'émotion fait presque un en-avant avec le couvercle.
Les Girondins, deuxième du tournoi, remportent pour la troisième fois consécutive le trophée inter-CEA, sorte de triple couronne interne aux seigneurs de l'atome. Ils ont créé pour la circonstance un superbe bouclier qu'ils s'auto-attribuent en jurant de le préserver encore l'an prochain de la convoitise d'autrui.
Le CEA Fontenay confirme son attachement à la troisième place du tournoi et reçoit en conséquence un objet d'art mais sans couvercle. Enfin les Tourangeaux reçoivent la coupe bien méritée du fair-play et l'équipe de l'Epines roses n'est pas mécontente de leur passer en sus l'objet en bois qui depuis un an encombrait les chais du barde, plus habitués aux objets en verre, ventrus et pleins de préférence.
Un repas pris en commun clôture comme toujours le tournoi avec les traditionnelles chansons. L'Epines roses, d'habitude assez à l'aise dans ce genre d'exercice, est pour une fois nettement dominée par les Girondins qui sortent une arme imparable en la personne du petit homme, leur chef-animateur.
Francis nous l'avait annoncé en forme olympique malgré la fatigue accumulée dans le voyage et dans les matches où il payait d'exemple et rameutait inlassablement les siens. Et en forme il l'est le bougre! D'abord juché sur une chaise branlante puis stabilisé sur une table, il nous conte, avec une verve inégalable et un souci du détail piquant, l'interview sur la solitude du berger basque ou l'impayable rencontre du même berger avec le Dalaï Lama. Le public est aux anges et je suis à deux doigts de suffoquer de rire tellement le petit homme, un vrai conteur, est hors-norme dans l'excellence.
Puis ce sont quelques chansons qui, la fatigue d'une rude journée et l'absence de bréviaire aidant, ont du mal à dépasser le troisième couplet.
Un démonstrateur nous prouve que la publicité pour les toutes nouvelles activités canines de Thierry est déjà connue jusqu'en Aquitaine. Olivier et les autres, n'hésitez donc plus à débarquer à Sceaux avec votre toutou préféré dont on fera la papattecure pendant votre manucure. Pour sa grande campagne promotionnelle de lancement de soins dits "jumelés", le patron offre, c'est officiel, un verre d'Irouléguy au maître et un gros nonos à moelle au gueulepatte.
La puissante mirabelle fait encore quelques accros girondins qui en emportent une fiole pour le car du retour, après que j'ai décliné toute responsabilité en cas de non-respect des strictes consignes d'utilisation. Enfin le bouquet final est tiré en commun par une séance de balayage de salle emmené dans le tempo par la tortue, bestiole assez insolite, on en conviendra, pour impulser une espèce de… chenille.
Et en bons amis, on se quitte à regret en s'en promettant tant et plus et plus encore pour l'an prochain. Ce sera donc en Touraine. Ah! La Touraine! Patrie de Rabelais. C'est la vie de château! Pourvu que çà dure! Merci mon…
Tiens, justement, remerciements
A tous ceux qui ont rendu cette nouvelle tranche de vie possible, Jacques la tête, Patrice la tête et les jambes pour l'ensemble de son œuvre, Philippe notre bon président, Jean -Louis le subtil doseur des talents, Damien qui a assuré avec un égal brio l'intendance rugbystique, l'arbitrage et le rôle de détonateur dans nos lignes, les bénévoles de nos deux clubs et Girondins et Tourangeaux pour la munificence de leurs produits.
MV Mai 06
Hordes Vikings contenues
Samedi 22 avril et dimanche 23 avril 2006: Déplacement à Valognes
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L'EPINES ROSES
Direction Générale des Evènements
MM Michel Vergne et Pascal Rouche, Directeurs Généraux Associés, présentent
En ce lendemain de fêtes pascales, l'armée parisienne de Fontenay sous la conduite éclairée de son bon chef Philippe le Bel et le Hardi Réunis part défier le viking sur ses terres du Haut-Cotentin.
En préambule, il est bon de rappeler qu'au printemps dernier ces sauvages avaient déferlé sur la capitale à plus de 50 à l'heure dans leur drakkarbus, avant de livrer dans les prés sous Fontenay un magnifique combat longtemps indécis. Domptés non sans mal en troisième mi-temps, ils s'étaient ensuite repliés en bon ordre sur leurs bases arrières non sans tenter d'emporter tous les fûts, foudres, barriques, bouteilles et autres bacholles qui pouvaient leur tomber sous la main.
Prévenue des sinistres projets de récidive de leur chef Jean le Charbonnier, dit le Baron Noir, notre expédition préventive a donc pour principal objectif de confiner le viking sur ses terres et de le dissuader de dévaster à nouveau ce que nous avons de plus précieux : nos caves et nos chais.
1) Consignes de route
Il convient bien entendu de préparer minutieusement l'affaire. Dès la fin de l'entraînement du jeudi 13, Pascal invite quelques membres éminemment virils de l'équipe à faire un point tactique dans ses locaux techniques, d'où son Directeur est opportunément absent.
Il est d'abord décidé de tirer toutes les leçons de l'expérience vécue lors de la "retraite de Lacanau" où, de retour à Paris, il ne restait guère plus d'une semaine de vivres et spiritueux dans les cantines. Traumatisant!
Il est rappelé que lors des expéditions lointaines il est de la plus élémentaire prudence de manger avant d'avoir faim et de boire avant d'avoir soif (voire de pisser avant d'en avoir envie, ceci pour les vessies de bouvreuils des plus jeunes, provoquant trop d'arrêts intempestifs.) Ces principes de bon sens peuvent d'ailleurs être mis en œuvre avec bonheur en l'absence de toute expédition, fût-elle proche.
Comme souvent chez le Pascal, saucisson haché gros et gouleyant Coteaux du Languedoc, mâchés sans crainte par les convives, permettent une mise en situation réaliste et une prise de conscience de là où que résident nos vraies forces.
Anecdote incongrue sur le lieu de la réunion: voilà-t-y pas que notre tortue, affamée après son long hiver en quasi-hibernation, suggère de se faire livrer à suivre une ou deux… pizzas, par un livreur du bas-Bagneux. En plein temple de la Pouteille, je ne peux qu'exprimer des réserves mais la bête affamée n'a point d'oreille et persiste, soutenue par un quarteron d'autres fins gourmets!
Je place mes derniers espoirs dans le fait que l'adresse des Rouche ne doit pas être familière au livreur, ou qu'éventuellement miss Bagneux-les Blagis, après avoir fait acte anticipé de contrition auprès de Michel, viendra en personne nous livrer. Mais las, c'est un jeune homme imberbe et poli qui finit par nous débusquer.
Une surdose de Coteaux me permet d'engloutir la nourriture transalpine, mais je me sens mal à l'aise : on s'écarte parfois trop des fondamentaux. D'ailleurs la chatte connaisseuse de la maison, que j'avais passablement agacée avec la ficelle et le cul du gros saucisson, va se zoner en pleine déprime.
2) Marche au canon
Le départ des trente couillards se fait sans encombre samedi matin sur le coup de huit heures. Il est clair que les consignes vivrières ont été suivies et qu'il faudra surveiller de près notre bus-garde manger pour en écarter les rôdeurs.
Quelques accompagnateurs escortent les braves, parmi lesquels on distingue Olivier qui prouvera que douleur au pied n'agit pas sur le gosier, Jeremy qui touché par un crochet au foie dès les premiers rounds manquera d'air pour le reste du combat, Jonatan dont le genou sera à nouveau à l'épreuve, heurté de plein fouet par un insecte, alors qu'il était sagement assis dans l'herbe sous étroite vigilance paternelle et Nono, le célèbre carrossier-traiteur de Chatillon, venu avec son outillage.
Un premier arrêt après une bonne heure d'efforts sur une route difficile nous permet de prendre enfin le petit déjeuner, agrémenté d'une omelette au pourassou, spécialité corrézienne sur laquelle coach Damien n'hésite pas à faire l'intérieur pour passer et les bras et la langue. Tactique payante dont il abusera l'après-midi.
Quelques kilomètres plus loin, c'est déjà l'heure du grand déjeuner. Fourvoyés dans un premier temps entre un canal pestilentiel et un tas de gravas nous finissons par découvrir un cadre de rêve près d'un manoir. Quelques infortunés automobilistes qui avaient découverts le site enchanteur juste avant nous sont vite contraints de déguerpir, leurs femmes et progénitures regimbant devant le jambon blanc-beurre et la Badoit éventée alors que tant de bonnes choses sont complaisamment étalées sous leur nez.
Du filet de maquereau, royal avec le blanc de producteur du Président, en passant par cochons et canards dans tous leurs états associés à rouges et rosés de nobles origines sans parler des fromages que même les mouches normandes s'en pâment encore. Et c'est alors que Martial nous sort du derrière d'un arbre deux magnifiques tartelettes maison, chacune pour 50, l'une au chocolat et l'autre à la framboise. Les joueurs qui semblaient alors repus et parés pour le match à suivre sont soudain pris de frénésie et déclenchent une mêlée spontanée et générale pour ne pas manquer son tour. J'en ai vu et citerai volontiers des noms qui ont abusé, prétextant emmagasiner des forces pour la suite.
Café-calva et en route pour Valognes ou plutôt vers un camp retranché à quelques encablures, Montebourg, ou notre chef avisé a décidé de regrouper les forces avant la bataille. Nous prenons nos aises à l'Hôtel du Midi où les tenanciers fort aimables perturbent à peine notre phase de concentration par une distribution de clés où la patronne compose à sa guise des couples d'un romantisme discutable. Ben arrive de haute lutte à sauver son amie des convoitises multiples.
Nos guetteurs, déjà en faction et à qui rien n'échappe, discernent alors quelques consommateurs puissamment arrimés au zinc de l'auberge. Nos spécialistes en interrogatoire de langues empâtées sont aussitôt dépêchés au cœur de l'action.
Ainsi, nous avons la confirmation que la troupe viking de Valognes a pactisé avec ses proches cousins de Coutances et que nous seront contraints de combattre sur deux fronts. Les gueux! Nous apprenons aussi qu'il a été promis à l'arbitre son poids en pommes à cidre déclassées à la prochaine récolte. Nos experts en contre-manipulation obtiendront finalement sa bienveillante neutralité en promettant à leur tour une boule de plastique avec neige sur le Sacré-Cœur et une Tour Eiffel en peluche.
3) Combats du samedi
Valognes a choisi son terrain, un immense pré au gazon impeccable d'au moins deux fois la taille règlementaire, pour mieux épuiser l'adversaire après sa longue marche.
La première mi-temps est acharnée et personne ne veut lâcher un pouce de gazon. Elle se termine sans que rien ne soit marqué, malgré un engagement de tous les instants dans un esprit chevaleresque. A la mi-temps, nos adversaires mettent traitreusement une bourriche d'huîtres en évidence sur le bord de la touche. Le déjeuner étant déjà loin, et la chair étant faible, cela n'incite pas nos remplaçants à remplacer. C'est ainsi que Nicolas, notre brillant pilier, totalisera quelques 10 minutes de jeu au total sur ce premier match, soit beaucoup moins que d'huîtres!
La deuxième mi-temps est aussi équilibrée jusqu'à ce qu'un géant normand barbu, que ce gabarit devrait être interdit en période de barrière de dégel, finisse par se frayer un passage dans nos lignes. Jusqu'à la fin nous sommes en mesure de renverser la situation mais les locaux défendent énergiquement leur maigre avantage et, à la dernière seconde, un contre bien mené leur permet de marquer une deuxième fois.
Le temps de souffler un peu et c'est Coutances qui se présente, après s'être échauffé dans un match amical avec leurs cousins. Une première mi-temps de feu, avec un ballon circulant de mains en mains met nos opposants au bord de la rupture. Ayant levé le nez de la bourriche, Nicolas fait une entrée remarquée et marque en coin au terme d'une belle action. C'est à notre tour de défendre cet avantage en deuxième mi-temps sous la conduite d'un Jean Louis impérial en touches ultra-courtes & mi-hautes et agressif à souhait sur les tentatives de bordure. Les avants se font plaisir et les ailiers voient beaucoup de ballon, notamment la tortue que le barde met sur orbite (basse) après avoir réussi un fameux "coup du facteur". Ce fait d'armes lui vaudra ultérieurement le talent d'or du match, remis cérémonieusement par notre bon chef, sous la forme d'une boîte de caramels mous. Le nom du sponsor est sobrement écrit sous la boîte : "Etablissements A. Claisse, Chatenay-Malabry". Mais décidément il est dit que la dernière seconde ne nous réussit guère. C'est bien à ce moment, comme pour le premier match, que notre adversaire marque et en fin de compte obtient un match nul heureux.
4) Après les combats
Sous la douche, nous tirons le bilan de la journée, fort satisfaisant compte tenu des fatigues du voyage, et nous promettons une troisième mi-temps d'enfer et une revanche pour le lendemain, jour décisif.
Mais d'abord nous sommes attendus à la maison Cauchard où les parents de Nicolas, inconscients des risques pris, ont proposé une prise d'apéro. Charmant et paisible cottage en pleine nature que celui où l'apéro nous attend, aimablement servi sur une terrasse ensoleillée où nous faisons quelques photos pour la postérité. Les vaches normandes du pré voisin, étonnées par le tapage inhabituel, viennent passer un œil par-dessus la haie. Certains goujats n'hésitent pas à piétiner la pelouse pour aller engager une improbable conversation sur la meilleure façon de barater le beurre entre Elle et Vire. Nous surveillons pourtant notre comportement et limitons la casse de sorte que les parents continuent de penser que leur fils est entre de bonnes mains. Nous passons sous silence les dernières bêtises du petit, assurons qu'il se couvre quand c'est nécessaire, arrive toujours le premier aux entraînements, aide les vieilles dames à traverser et quelques vieux messieurs à jouer.
On s'arrache de ce petit paradis, direction l'hôtel pour se faire beaux pour la soirée. Nos guetteurs n'ont aucun mal à repérer à nouveau les mêmes consommateurs qui entre temps ont peu bougé, sans doute pour leur faciliter la tâche. Ces derniers nous confirment que le restaurant "le charolais" est de l'autre côté de la rue, proximité qui sera intéressante au retour, et que nous y sommes attendus de pied ferme.
Le temps de traverser et nous sommes à pied d'œuvre. Après les mots des deux présidents on échange les cadeaux d'usage : une corbeille de fruits des vergers du pays offert par Valognes; une des rares bouteilles sauvées du pillage de 2005, avec étiquette circonstanciée, offerte par Fontenay. C'est ensuite un bon et copieux repas dans une joyeuse ambiance. Malgré tous les efforts de nos vikings s'appuyant entre autres sur un transfuge corrézien au top niveau (encore un!) il faut bien reconnaître une nette supériorité de Fontenay qui déroule les plus beaux classiques de son répertoire jusqu'à l'aube claire. Thierry profite de l'occasion pour faire une promotion remarquée d'une prochaine diversification de ses activités ajoutant à la gent masculine et féminine la gent canine.
En parallèle, nos fins limiers ont établi leurs quartiers au bar dès avant la fin des hors-d'œuvre et continuent à faire parler les autochtones avec un rare sens du devoir. C'est là, dans ce travail de l'ombre, que se joue la victoire du lendemain!
Le retour à l'Hôtel du Midi est grandement facilité par la centaine de mètres qui séparent les deux établissements. Après un beau chahut des plus jeunes dans les couloirs, on peut enfin profiter de quelques heures de sommeil.
6) Revanche du dimanche
Bien nous en prend si l'on se base sur les tronches du matin. Ben est le plus fatigué, mais il a des excuses. Mais que dire des autres qui arrivent tour à tour dans la salle en se grattant la tête et l'entresol, tandis que les consommateurs de la veille ont depuis longtemps repris leur besogne au bar attenant!
La journée peut être décisive. Nous faisons le point. Comme nous l'avons vu, nos deux experts en interrogatoire ont très longuement cuisiné quelques normands, au comptoir, lors d'une interminable garde à vue. Pour éviter les représailles de leurs compagnons, nous ne citerons pas les noms des malheureux qui ont craqué, après avoir bu le calice jusqu'à la lie.
L'un d'entre eux, que nous nommerons simplement sous le sobriquet - ô combien mérité - de "Ricard Cœur de Lion", a fini par perdre contenance (au sens propre, c'est la pire avanie qu'il puisse arriver dans ces circonstances) et a lâché un renseignement précieux : le Baron Noir doit se rendre dans la matinée sans escorte dans sa place forte de Bricquebec, où s'élève un fier donjon.
L'histoire de ce château de légende est brièvement résumée par le barde : son origine date de la plus haute antiquité, quand le vaillant mais pauvre Bandehaut de Valognes rencontra la douce Blondine de la Touffe qui, pour compenser un tempérament de glace, avait une dot du feu de Dieu. Si bien que Bandehaut fit un effort et utilisa habilement l'argent de la dot pour acquérir les terres de Bricquebec d'une part et se payer moult maîtresses d'autre part. Un bâtard résultant de ces liaisons coupables fit bâtir le château inexpugnable, symbole et fierté de la région depuis lors.
"Il nous le faut" décrète notre bon chef et derechef nous nous rendons à Bricquebec. Le château est bien là, impressionnant, sur le donjon duquel flottent les léopards de la bannière ennemie.
Tapis derrière un massif de fraisiers sauvages, nous attendons le passage du Baron Noir qui ne tarde pas à survenir, ne se doutant de rien. Assailli de toutes part et malgré une vaillante résistance à seul contre trente, il finit par se rendre. Et, sortant de sa poche un trousseau de clés, il nous ouvre les portes de la forteresse et du fameux donjon. "Trente hommes là-haut" dit le chef, soucieux de conserver l'unité de ses troupes. Et c'est une noire bousculade pour arriver le premier au sommet, hisser fièrement l'étendard de Fontenay cousu main par nos belles et poser pour l'éternité.
7) Liesse générale
Dès lors il n'y a plus de combat et c'est toute la ville qui fait allégeance. La presse locale accourt et nous lui relatons par le menu les principaux épisodes conduisant à la victoire. L'épicerie du village, magnifique dans son jus d'un autre temps, décide de s'appeler "l'épicerie parisienne" à dater de ce jour. Pour célébrer l'évènement, ses très sympathiques patrons inventent à chaud un nouvel apéritif, le kir normand, et nous en offrent de généreuses rasades. Certains peuvent y acheter quelques cadeaux souvenirs parmi lesquels un fameux calvados hors d'âge dont les épouses, restées sagement en prière à la maison, sont si friandes (dixit Philippe C).
Nous filons alors vers un barbecue géant que le Baron Noir a fait organiser en notre honneur et après avoir bien festoyé et fait quelques découvertes culinaires comme le camembert cuit sous la cendre (fameux), c'est le déchirement du retour au car. Avec des souvenirs plein la tête et des produits locaux plein la musette car nos adversaires d'hier ont parfaitement fait les choses et connaissent les produits qui font plaisir.
C'est le retour triomphal vers Fontenay avec une petite halte en cours de route pour vider un peu nos provisions à peine entamées malgré les efforts de la veille. La redoutable bouillotte contenant la mirabelle est sortie de la soute et la vue de cet objet réveille des cauchemars d'un autre âge dans la vieille garde qui a "fait" Lacanau. Une liqueur d'homme quoi, le "juge de paix" pour tous nos braves revenus à nouveau couverts de gloire de lointaines contrées.
8) Epilogue
Ce coup de semonce nous assure une tranquillité d'au moins un an mais nul ne doute que le Baron Noir ait encore quelque projet de rezzou pour le printemps prochain.
Profitant de la période propice du barbecue, d'autres balances serrées, jointées puis longuement acculées au rade par qui vous savez auraient craché le morceau.
De quoi donner à réfléchir à notre bon chef Philippe et à nos stratèges en chef.
MV Mai 06
Sabbat d'enfer avec les boucs
31 mars 2006 : Match folklo contre les VIEUX BOUCS
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L'EPINES ROSES
Direction Générale des Evènements
MM Michel Vergne et Pascal Rouche, Directeurs Généraux Associés, présentent
En ce dernier jour de mars, les valeureux folklos de L'EPINES ROSES ont fait grand sabbat nocturne avec les vaillants et odorants VIEUX BOUCS de Chevreuse. Et tout çà pour les beaux yeux des deux fieffées sorcières que sont certainement Yvette et Madeleine, l'une serpentant, lascive, à nos genoux, l'autre nous surveillant, altière, depuis la guérite de son château. Dieu merci, Michel B. était absent.
Messieurs de Fontenay, tirez les premiers! Entament nos deux connaisseuses, croyant enfourcher leurs balais. Et le match commence sur les chapeaux de roue. Sur le coup d'envoi, Alain B. hérite plein centre d'un bon ballon de relance et déclenche une espèce de tsunami auquel participe toute l'équipe pour finir sur le poteau de coin. Un couple de canard qui, lubrique, avait commencé son affaire dans ce coin de l'en-but en cancane encore.
Les Vieux Boucs surnagent comme ils peuvent, surtout grâce à leur toison d'hiver, puis réagissent par quelques coups de leurs vieilles cornes.
Au bout d'un quart d'heure, et après une savante combinaison avants / trois-quarts dans 22 mètres adverses, un Gérard rageur surgit (la répétition du son "ge" indique la vitesse, faut-il vous le répéter) en soutien et va s'étaler sous les poteaux. Le couple de canard qui, vaillant, avait remis le couvert dans ce coin de l'en-but tombe en extase.
Notre équipe est plutôt inspirée et une bonne entente intergénérationnelle règne, comme si qu'on venait de faire quelque manif ensemble. La mêlée tient le coup, avec sa première ligne de Guinness Book où le talonneur rend quarante ans à son pilier droit. En milieu d'alignement, Thierry - quel manque de respect ! - saute comme un cabri plus haut que ces Vieux Boucs. Les trois quarts sont adroits et inspirés et la charnière Nicolas-Olivier anime quand… patatras!
Voilà que le pied fourchu d'un de ces fourbes caprins vient marcher sur le petit arpiaou du pauvre Olivier qui sera contraint de sortir peu après. Son match jusque là, il est vrai, faisait penser à du Jauzion mais fallait-il pousser le mimétisme à ce point? On espère que cela passera vite, mais ce truc là c'est aussi douloureux que petit.
Çà aurait pu casser l'ambiance mais çà repart au contraire de plus belle avec de longs enchaînements (Pierre-Marie ayant pris le relai à la charnière qui décidément ne veut pas grincer) quand… patatras! Une relance un poil osée dans nos 22 mètres amène un contre adverse jusqu'à leur ailier qui marque en coin un essai de rapine.
Çà aurait pu casser l'ambiance mais que nenni! Çà repart encore et toujours quand… patatras et repatatras!
Alors qu'une attaque de folie nous avait tous amenés à proximité de leur ligne, notre coach bien-aimé, qui pendant des semaines et même pendant l'échauffement nous a seriné "DANS LE MEME SENS", héritant du ballon derrière un ruck d'école, part EN SENS INVERSE, ayant cru voir, dira-t-il pour sa pauvre défense, un "trou de souris".
Mais pour passer par un trou de souris, mieux vaut être un rongeur qu'un Migeon Père amateur de cous de canards confits. C'est pourquoi le présomptueux se fait coincer à un mètre de l'en-but au grand désarroi des trois joueurs qui attendaient, seuls, DANS L'AUTRE SENS. C'est-à-dire DANS LE BON SENS. Clair? Le couple de canard qui, persévérant et malchanceux, avait poursuivi ses cochoncetés dans ce coin de l'en-but, en rate son cinquième orgasme.
NDLR : On apprendra, plus tard, que le lendemain 1er avril, la honte encore au front, l'impardonnable a songé à remettre sa démission à notre bon Président. Personnellement, je n'ai pas pris cette menace au sérieux sachant, de mon vécu, combien ces moments de doute et de déprime sont solubles dans une pouteille de chez les Rouche (voir précédente chronique)
Çà aussi, çà surtout, çà aurait dû casser l'ambiance mais décidément non! Pas ce soir! Une dizaine de permutations se font à la mi-temps et, preuve de l'homogénéité de l'équipe, ni le rendement ni l'ambiance ne sont altérés.
Rien ne sera marqué lors d'une deuxième mi-temps plaisante et engagée, deux de nos attaques de trois-quarts étant volontairement arrêtées après passage du rideau défensif pour attendre le soutien des "gros", ceci conformément aux règles caprines acceptées. Le score nul témoigne seulement de l'acharnement des défenseurs.
Retenons quelques beaux gestes parmi tant d'autres. Que les non-cités ne m'en veuillent pas, les cités règlent çà par avance au comptoir, là où le barde forge les légendes.
- La défense toutes dents dehors de Martial au ras (il y a même un bouc émissaire qui a cru prendre le bus avec le Martial) et de Damien sur son aile, pour ne citer que les extérieurs gauches des avants et trois-quarts, les plus proches de moi, devenu supporter attentif.
- Depuis son poste d'arrière, les montées dans la ligne de Philippe avec des jambes d'un tel feu que seule une abstinence de quelques semaines peut l'expliquer (nos remerciements à Madame!) Philippe (dans le rôle du père) et Alexandre (dans le rôle du fils) nous gratifiant même, à l'instar de leurs antiques prédécesseurs, d'un mano a mano plein champ de bataille, semant la semoule (pour ne pas dire la Macédoine) chez l'adversaire.
Et c'est donc sur ce "1-1" de très bonne qualité que l'impeccable Damien siffle la fin. Le couple de canard, épuisé mais fair-play, trouve encore la force de se désemmancher pour venir applaudir des quatre palmes dans la haie d'honneur.
Nous n'accablerons pas les Vieux Boucs qui cédèrent dans une troisième mi-temps fort sympathique où nous étions restés en nombre. Leur répertoire était un peu étriqué et leurs voix bien entendu trop chevrotantes. Et pourtant, sur le final, un vieux bouc corrézien nous a rejoint pour chanter "Se canto" cette Marseillaise du sud-ouest et les 6 couplets du "Turlututu" veille chanson patoise du pays à faire fondre une tortue dans sa carapace.
MV Avril 06
Rien de les Fresnes
15 Janvier 2006 : Match des Seniors contre Fresnes
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L'EPINES ROSES
Direction Générale des Evènements
MM Michel Vergne et Pascal Rouche, Directeurs Généraux Associés, présentent
En ce premier match de l'année, notre équipe séniors, vexée d'avoir perdu la bataille du calendrier contre les folklos (et quel calendrier mesdames!), s'est offert une belle revanche sur une bonne équipe de Fresnes.
Cela nous a donné un bien beau combat, car le taureau local était brave et a lutté jusqu'à l'ultime seconde.
Après avoir mené 6 à 0 puis avoir été menés 15 à 6 en début de seconde mi-temps, deux superbes essais, construits sur le même modèle, ont été inscrits par nos Forces de l'ordre, survoltées par la présence toute proche de la prison et la forte odeur de racaille qui s'en dégageait.
Il faut dire que Damien, plus rusé qu'un sioux, leur avait annoncé dans son briefing d'avant match que des détenus en cavale pouvaient se cacher dans l'équipe adverse et qu'il valait mieux sauter sur tout ce qui bougeait, sans trop se poser de question. Comme d'hab. quoi !
C'est ainsi que Damien, vers l'heure de jeu, donne un gigantesque coup de pied en direction de l'autoroute du sud toute proche. Embusqué non loin de là, vigilant comme il se doit, David interpelle le ballon qui, apeuré, fait demi-tour juste dans ses bras. Il n'a plus qu'à le capturer puis courir sur trente mètres avec son permis d'amener derrière la ligne.
Dix minutes plus tard, sur une pénalité volontairement manquée par Jeremy, c'est au tour de Guillaume de flasher sur ce coquin de ballon. Deux fois dans l'après-midi, vraiment pas le jour pour la gonfle, mais y'a des jours comme çà. L'interpellation s'avère toutefois plus mouvementée mais au prix d'une superbe cabriole, genre double Fosbury vrillé et inversé, notre Guillaume maîtrise l'ovale contrevenant et n'a plus qu'à le plaquer au sol.
C'est l'instant où les supportrices passent dans le registre suraigu, registre qu'elles ne quitteront plus. Ah! Vivement la vieillesse et l'apaisement que doit procurer la surdité.
Inutile d'insister sur ce qu'il a fallu à tous autres de courage, de volonté, d'enthousiasme et d'envie collective pour défendre et défendre encore cet avantage chèrement acquis. Bien aidés en cela par la sortie 10 minutes du n°2 adverse, gibier de potence pris en flagrant délit de dégradation de faciès par la patrouille d'un bon arbitre.
Des cavales comme çà vraiment on en redemande! Bravo à tous! Bravo Damien! Allez Fontenay!
MV janvier 06
Bonne bouffe fait bien digérer!
Vendredi 02 décembre 2005 : Match des Folklos contre Montigny, à l'exterieur
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L'EPINES ROSES
Direction Générale des Evènements
MM Michel Vergne et Pascal Rouche, Directeurs Généraux Associés, présentent
En ce premier week-end de décembre, les anciens de L'EPINES ROSES s'offrent un match de merde à Montigny le Bretonneux.
Pour une fois, rien n'y est de ce qui fait une équipe. Ni l'envie, ni la solidarité, ni la vaillance, ni l'honnêteté dans l'engagement, chacun à son niveau mais au meilleur de son niveau.
Archi-dominés par des adversaires plutôt en jambes, nous parlons beaucoup, et souvent mal, aux adversaires, aux partenaires et aux arbitres. J'ai même cru voir un ridicule petit échange de giflettes.
Fréquemment en retard et en position illicite, nous ne tolérons ni que les autres nous châtient un peu (si peu!) ni que l'arbitre soit coupable de la moindre peccadille, nous qui faisons dix erreurs par minute!
Je n'ai même pas envie de prolonger le supplice en allant au repas, ce qui a bien dû m'arriver une ou deux autres fois en quarante ans de pratique. Bref, un match à oublier, sauf pour en tirer quelques bonnes leçons sur ce que doit et ne doit pas être une équipe folklo.
Le lendemain, je cherche une bonne corde, mais c'est cher et je ne veux pas laisser ma veuve dans l'embarras. Je me rabats sur de la ficelle à brider les poulets, pensant qu'en la doublant ou en la triplant, ce sera suffisant pour supporter mon poids.
Puis je cherche un chêne assez superbe pour donner du bon spectacle aux corbeaux, mais les premières branches restent trop hautes. Traînant mon spleen de parc en village, j'atterris dans la soirée au Téléthon de Fontenay où je retrouve Philippe, Jean-Louis et Pascal, cerbères intransigeants opérant aux entrées. Un peu de chaleur humaine me fait du bien. Je sors de mon sac à malice une petite bouteille de Minervois aux puissants arômes de cassis que je réservais pour ma dernière lampée et nous officions jusqu'à la relève par l'équipe de judo.
C'est alors que Pascal, le bon Pascal, sentant sans doute ma déprime, a un éclair de génie. "Que dirais-tu de prendre une "pouteille" à la maison?". Son accent germanique pour prononcer le mot bouteille me fait craindre que son après-midi ait été un peu chahuté. Mais non!
Il m'explique alors, ignorant que je suis, que la "pouteille", la vraie, l'authentique, est un plat du Languedoc ressemblant à s'y méprendre aux fameux pieds de cochon au Marcillac dont je vous ai vanté la recette. A la seule différence que le Marcillac est remplacé par un autre cru tout aussi viril.
A ces mots le pendu ne se sent plus de joie! Et nous voilà à table, quelques moments plus tard, sous le contrôle de Quentin qui nous a rejoints entre temps. Déguster ce plat exige en effet au préalable l'avis autorisé de la Faculté sur justement la faculté à l'assimiler.
Tous les signes cliniques étant favorables et l'envie forte, une longue et savoureuse dégustation peut commencer, accompagnée de bons bourgognes que Pascal va chercher directement derrière les fagots des hospices de Beaune.
Pute borgne! Un vrai régal! Qui passe à côté de ces instants, passe à côté de la vraie vie! Peut-on vivre d'ailleurs sans cochon et sans vin? Ce viatique devrait être remboursé par la Sécurité Sociale.
Rentrant chez moi, beaucoup plus tard, louant encore la famille Rouche pour son hospitalité, j'ai jeté ma ficelle à poulet et craché avec dédain sur un chêne séculaire qui pourtant n'avait rien fait que m'attendre.
La déception de la veille était digérée, et comment! Mais ne me faites plus ce coup-là! Que serai-je devenu sans mon samaritain?
MV Dec. 05
Jurassic Park à Elancourt : même pas mangés!
Dimanche 23 octobre 2005 : Match des Folklos contre Elancourt, à l'exterieur
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L'EPINES ROSES
Direction Générale des Evènements
MM Michel Vergne et Pascal Rouche, Directeurs Généraux Associés, présentent
En ce premier week-end de novembre, les anciens de L'EPINES ROSES se déplacent à Elancourt pour y rencontrer la redoutable équipe des DINOS. Malgré le péril annoncé, 26 courageux joueurs et quelques supporters amateurs de carnage sont du voyage.
Arrivés tôt à l'échauffement nous nous retrouvons dans le noir complet sur ce terrain hostile et vallonné. Nous imaginons ces bêtes d'un autre âge tapies dans la pénombre, prêtes à bondir pour se repaître de nos petits corps (plus ou moins) tendres.
L'échauffement se fait en silence, bien groupé, par crainte de l'attaque d'un isolé dans l'obscurité propice. Crainte malheureusement vite confirmée par Jacques qui, sans doute victime d'un vilain coup de patte alors qu'il était à la traîne, se plaint déjà du dos. Première victime.
Les projecteurs s'allument enfin et dans leur clarté blafarde nous voyons surgir la horde des DINOS locaux, chacun portant inscrit sur son pelage le nom de son espèce, de l'énorme Brontosaure au sanguinaire Tyrex, une vingtaine comme çà. Vous qui n'y étiez pas, ces bestiaux là, croyez-moi, c'est pas de la gnognotte; c'est simple, on dirait des vrais. Que dis-je? Ce sont des vrais!
Après tirage au sort, les plus courageux d'entre nous décident de tenter l'aventure de la première mi-temps, histoire de planter quelques banderilles dans les cuirs, les armures et les carapaces. A ce propos, l'absence de notre tortue est amèrement ressentie.
Jeremy, stoïque malgré le danger, confirme son désir d'arbitrer. Il sera impeccable tout au long du combat.
Ceux qui restent sur la touche, admiratifs devant l'intrépidité de leurs frères d'armes, les encouragent à qui mieux-mieux, pensant sournoisement qu'une fois que les monstres auront craché leur venin, la deuxième mi-temps sera plus facile.
Et quel combat ! Bien emmenés par Philippe, nous y faisons bonne figure, dominant même par instants, en tout cas dès que nous passons la ligne des 50 mètres. C'est ainsi que le brave Alain(B) transperce soudain leurs rangs et que même le vélociraptor lancé à sa poursuite ne peut le reprendre.
Mais ces bestiasses-là se défendent farouchement, faisant preuve d'une intelligence collective encore peu mentionnée dans les ouvrages de paléontologie; Elles arrivent ainsi à nous encorner à cinq reprises mais ce ne sont que de légères blessures d'amour propre et le travail de sape de nos lutteurs se poursuit et fait petit à petit son effet.
Comme prévu, la rentrée des troupes fraîches à la mi-temps fait du bien face aux Dinos dûment banderillés; le combat devient alors plus équilibré et nous rendons coup de corne pour coup de corne, coup de dent pour coup de dent, coup de queue pour coup de queue, mais dans un très bon esprit.
Une ruse dont ont aurait pas crû ces monstres capables leur permet de frapper une seule fois en deuxième mi-temps: à trente mètres de notre ligne, deux spécimens s'écartent placidement d'un regroupement pendant que celui-ci continue de s'agiter frénétiquement sous les yeux de l'arbitre. Croyant qu'ils allaient satisfaire un besoin naturel, les nôtres s'en désintéressent, car ils savent qu'il vaut mieux se tenir à l'écart des puissants jets d'urine de ces bêtes.
Quelques moments plus tard on entend des barrissements en provenance de notre en-but où les deux congénères prétendent avoir marqué. Le regroupement se défait alors et force est de constater qu'il n'y a plus aucun ballon depuis longtemps. C'est que profitant de l'écran de leur masse (et de l'insuffisance de l'éclairage) le couple était bel et bien parti avec!
A la toute dernière minute, l'égalisation de la deuxième mi-temps est à notre portée; mais le véloce barde, en position inhabituelle de débordement, au lieu du caviar attendu, bénéficie d'une superbe pizza : copieuse (tomates, oignons, anchois, câpres et pied de veau en prime) et fort adroitement servie un mètre-cinquante au-dessus.
Ainsi se termine ce match de légende, puisant ses racines dans la nuit des temps. Les Vénérables DINOS reprennent soudain figure (presque) humaine, nous gratifient d'un superbe HAKA et se montrent ensuite les plus délicieux des hôtes au bistrot du coin.
Ils attendent que nous soyons servis avant de souper avec nous, ce qui n'était pas commun au jurassique, paraît-il, puis nous laissent partir avec un sourire, carnassier certes, mais sans même essayer de nous manger.
Craignaient-ils de blesser leurs délicats estomacs en avalant goulûment L'EPINES ROSES ?
MV Nov 05
Ça roule à Bagnolet
Dimanche 23 octobre 2005 : Match des Seniors contre Bagnolet, à l'exterieur
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L'EPINES ROSES
Direction Générale des Evènements
MM Michel Vergne et Pascal Rouche, Directeurs Généraux Associés, présentent
L'équipe sénior ne cale pas à Bagnolet et inflige une cuisante défaite à un adversaire valeureux mais inconstant et indiscipliné. Fontenay affiche finalement au compteur un score de 47 (7E, 6T) à 5 (1E) -- mi-temps 21-5 --
En préambule, un contrôle des licences très complet et ne laissant rien au hasard est accepté de bonne grâce et avec le sourire par nos gentils dirigeants. Le match peut enfin commencer avec ¼ d'heure de retard.
Quelle entame du feu de Dieu! Dès la première minute une pénalité astucieusement jouée à la main à hauteur des 22 mètres amène Jerémy (S) dans l'en-but.
Dix minutes plus tard, un long coup de pied à suivre est bien suivi et récupéré par Jonatan qui place la fusée Loïs sur orbite de débordement. Les semelles de cet Attila moderne brûlent l'herbe qui mettra côté opposé un certain temps à repousser.
Nos supporters enthousiastes et nos supportrices déchaînées, avec tee-shirts à l'effigie des héros, animent la grande tribune. On remarque particulièrement quelques intéressants spécimens des familles Migeon, Boulanger et Terracol qui déploient une superbe banderole tricotée main sur laquelle une espèce de guêpe curieusement appelée "raïde" (souvenir d'un amour arabe??) tient des propos agressifs.
Malgré cet aiguillon et ce bon départ, il suit une longue période de somnolence jusqu'à ce que le pack adverse marque en force son seul essai. Ce qui réveille notre guêpe qui repique aussitôt avec frénésie juste avant la mi-temps, par Jeremy (S) à nouveau, après un travail au crochet.
Le liquide tupiné goulument à la mi-temps, dont la couleur peu franche (ni rouge, ni rosée, ni blanche) ne m'inspire guère confiance, a le don de remettre l'équipe en phase d'hibernation pendant une petite vingtaine de minutes, puis la déferlante arrive.
Le coup de klaxon du réveil est donné par Loïs qui récupère dans son camp une balle anodine, part à deux à l'heure si bien que tous croient pouvoir le couffer facile, puis sur le point d'être pris accélère brusquement et sème tout son monde.
Puis c'est l'autre Jeremy (B), jaloux des exploits du premier, qui s'arrache sur 20 mètres pour marquer, imité peu après par Fabrice (L) tout droit jusqu'entre les barres, et enfin par David qui se paye tout naturellement son tour en terre promise, après un débordement.
Martial dans les tribunes cherche désespérément un seau à glace pour éviter la surchauffe des mains des supportrices.
L'adversaire, dont un joueur a été sorti après un petit quart d'heure pour avoir traité l'arbitre de "gros nul", récidive en toute fin de match mais avec une variante intéressante, l'arbitre étant cette fois traité de "blaireau" et autres noms d'oiseaux. Insensible au charme de ce sympathique mammifère*, l'homme en noir voit rouge à nouveau.
En résumé bon match, particulièrement intéressant dans les périodes initiale et finale et bon sang froid par rapport à un arbitrage impartial mais parfois un peu frustrant pour le développement du jeu.
* et pan sur le bec pour ceux qui pensaient que je prenais le blaireau pour un oiseau.
MV oct 05
Quatre, chiffre magique d'un Week-end de folie
Dimanche 25 septembre 2005 : Match des Seniors contre Plessy-Lagny-le-sec, à domicile
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L'EPINES ROSES
Direction Générale des Evènements
MM Michel Vergne et Pascal Rouche, Directeurs Généraux Associés, présentent
L'équipe sénior, pour son premier match en quatrième série, n'a pas voulu laisser sans écho la superbe victoire quatre essais à zéro remportée la veille à Gif par les folklos de l'EPINES ROSES.
Recevant sur son pré l'équipe de Plessis - Lagny, le Fontenay nouveau s'est appliqué à marquer aussi ses quatre essais, deux par mi-temps, s'imposant finalement nettement sur le score de 26 (4E, 3T) à 16 (2E, 2P), après avoir mené de bout en bout.
Et quels essais! Salut les artistes!
- Le premier amené par Gilles exploitant le long de la touche un dégagement trop court de l'arrière mis sous pression. Son repiquage dévastateur vers l'intérieur prend toute la défense adverse à rebrousse poil et l'amène près de la ligne où il décale Jonatan d'une longue passe d'ailier à ailier. Cette fois ce bougre est bien avec nous et marque imparablement sous les barres. La taupe, écœurée, s'enfonce jusqu'au TGV.
- Le deuxième après une chevauchée solitaire et ondoyante de l'ouvreur Jeremy, mettant sur 50 mètres tout ce qui se présente dans le vent.
- Le troisième sur une attaque bien construite en première main, avec sautée, François prenant alors l'intervalle en position de deuxième centre et finissant en coin, après feinte de passe sur Jonatan.
- Le quatrième enfin, issu d'une 89 près de la ligne centrale avec échappée magistrale de Damien le long de la touche et Ben en soutien pour conclure, tel Ajax la tornade blanche.
L'adversaire, puissant devant mais emprunté et peu créatif derrière, doit se contenter de deux essais d'avant. Il en manque d'ailleurs deux autres après une féroce défense des nôtres au ras de la ligne.
L'excellent esprit, la solidarité, la bonne défense individuelle et collective, la vaillance des avants et le brio des lignes arrière sont les points clés de ce match dont les points faible sont la conquête en touche et le manque de soutien dans l'axe. Les bases sont là et bien là mais il reste du travail et toujours du travail.
Un public nombreux, d'où l'élément féminin n'était pas absent, contribuant ainsi au survoltage des gladiateurs, a suivi ce match plaisant et remarquablement arbitré. La présence remarquée de Mr. le Maire en prélude à la rencontre et celle de notre bon président de l'ASF, donnant tout au long de la partie encouragements et commentaires dénués de tout chauvinisme, ont contribué à faire de cette partie un évènement mondain du tout-Fontenay.
L'ASF-rugby au grand complet notait avec émotion parmi l'assistance la présence sympathique de quelques valeureux guerriers de l'équipe des années folles, qu'un poste de pilier attend de droit, dès qu'ils voudront bien rechausser les crampons.
Enfin la fête était complète avec l'ouverture officielle du Chalet. Bernard, impérial, opérait à la buvette où le pschitt orange, boisson fétiche de la Direction des Evènements était malheureusement toujours introuvable… remplacé par un "clos St Martial" - ça ne s'invente pas - violet et moussu à souhait, à donner à ceux qui portent ce prénom des envies de hara-kiri.
Et cette bonne odeur de bois ciré...
Et cette petite fenêtre ouverte où apparaissait parfois de surprenants duos un peu ébouriffés, probablement après quelque orgie interne dont je ne veux connaître. Honni soit qui mal y pense, mais les intéressés s'y reconnaîtront.
Ah! Qu'en voilà un beau week-end à Fontenay! Et qu'on en redemande, même…
Sur les Ro-o-ses!!
MV
Victoire sur les bords de l'Yvette
samedi 24 septembre 2005 : Match contre Gif-sur-Yvette, à l'exterieur
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L'EPINES ROSES
Direction Générale des Evènements
MM Michel Vergne et Pascal Rouche, Directeurs Généraux Associés, présentent
En ce premier jour de l'automne, les anciens de L'EPINES ROSES font briller les feux de l'été indien en remportant sur les bords de l'Yvette une victoire convaincante.
L'équipe de Gif au grand complet, forte de sa victoire de l'an dernier en ce même lieu, nous attend de pied ferme sur sa magnifique pelouse pour confirmer sa supériorité.
Face à des joueurs rompus aux joutes de haut niveau, le combat est acharné du début à la fin. Heureusement, d'entrée de jeu, sur la première action, nous marquons un superbe essai qui sème le doute chez l'adversaire.
Une fois le doute semé, nous le sarclons et le binons régulièrement par les charges endiablées d'un pack de feu et les attaques allumées aux quatre coins du terrain par des arrières inspirés.
A ce jeu, la puissance des pépés (Patrice / Pierre) de la deuxième ligne, les coups de pieds donnés au centième de millimètre par Olivier, les jambes toujours alertes d'Alain etc. etc. font merveille. Martial, à la pile face à un vieux briscard vicieux, ne s'en laisse pas compter malgré son épaule douloureuse.
A ces anciens, familiers du tableau d'honneur, vient se joindre une brochette de nouveaux talents dont l'intégration rapide est prometteuse. Il nous faudra apprendre d'autres prénoms!
Trois autres essais viennent récompenser nos efforts et autant d'autres oubliés en chemin, par simple respect pour l'adversaire. Ainsi Damien qui se laisse choir à 50 centimètres de la ligne après un raid solitaire de 50 mètres.
L'entreprise J-L Migeon & Fils, sur le bord de la touche, et un public restreint mais connaisseur ont les mains à vif à force d'applaudissements.
Gif ne peut opposer que son courage, malgré l'appréciable renfort du barde qui joue son rôle de traitre jusqu'au bout en trahissant d'emblée ses nouveaux compagnons. Cette exemplaire traîtrise de deuxième degré est à méditer par d'aucuns.
Arbitrage remarquable, fraternel et pédagogique, de Richard de Gif.
Écusson "L'épines roses"
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Oui mais comment faire ?
Oui mais comment se le procurer ?
Pour les membres virils de "l'épines roses", un écusson absolument indispensable, témoignant de votre appartenance à cette élite rugbystique et festive, est en vente auprès de votre barde au prix ridiculement bas de 5 Euros. Cet écusson sera de la plus grande élégance, cousu sur votre nouveau (ou ancien) maillot de Fontenay.
Il n'y en aura pas pour tout le monde, qu'on se le dise, et outre les 5 euros, une inspection des membres sera probablement nécessaire pour départager les impétrants. La Direction des Evènements, constituée en jury, prendra elle-même les mesures.
Pour les moins bien dotés, 10 euros pourront favoriser la mansuétude du jury. Au-delà, ce dernier attribuera avec émotion le titre de membre "bienfaiteur", tant prisé de certaines supportrices.
Oui mais comment le disposer ?
A l'issu d'une compétition âprement disputé pour définir l'endroit le plus approprié pour placer l'objet,
"The winner is… Patrice Deschamps".
Nous rapportons ici ses propos très originaux à l'annonce de cette nouvelle : "Je suis très surpris… Je m'y attendais si peu… Je ne pensais même pas être nominé! J'ai une pensée pour l'équipe de Fontenay, pour son Bon Président sans qui rien de cela n'aurait été possible, pour son barde VDQS sans qui rien de cela n'aurait pu être rapporté etc. etc."
Sa proposition originale entend exploiter d'une part la symétrie latéralo-inverse du corps humain, d'autre part les ouvrages de référence de Rouche-Terracol sur l'élégance du paysan corrézien les soirs de foire.
A partir de ces données de base, de savantes expérimentations l'ont conduit à définir comme endroit "idéal" le sein droit, pour faire pendant à l'écusson de Fontenay prédisposé d'origine sur le sein gauche.
Non messieurs! "Pectoral" ne me paraît pas plus approprié que "sein", du moins si j'en crois certains corps d'athlètes vus, de mes yeux vus, dans les vestiaires.
Oui mais comment le coudre ?
Pour le coudre sans se piquer, il est recommandé de séduire une personne du beau sexe et de l'amener dans des dispositions telles que la chose puisse lui être présentée comme valorisante.
La part de rêve que la symbolique de l'écusson procure nécessairement à tout cœur sensible, surtout d'ailleurs dans les basses branches du rosier, peut aider dans la démarche.
Suggestion de votre barde, réservée aux plus habiles : associer cette opération à la réalisation concomitante de la recette du civet de pieds de porc au Marcillac, déjà présente sur le site dans la rubrique "Barde gourmand".
"Quel rapport?" me direz-vous, hommes de peu de ressources. Eh bien! La cuisson de ce bonheur étant relativement longue, on peut en profiter pour coudre l'écusson sans perte de temps. Et faire ensuite une petite dinette en amoureux. Chacun y trouve ainsi son compte, surtout vous!
Parés? Je vous attends tous pour la toute première opération : la remise de l'écusson (plus ou moins joufflus). Trop facile.
Signé : Bardentranse.
Odyssée Lacanau
Tournoi de Lacanau, du 03 au 05 juin 2005
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Les nôtres remportent de prestigieux trophées !
Chapitre 1 : veillée d'armes
C'est vendredi 3 juin en fin d'après midi que l'équipe de rugby "L'Epines Roses" prend le TGV, direction Bordeaux puis Lacanau, pour tenter l'aventure en terres girondines. Elle est accompagnée par l'équipe du CEA Fontenay dont les collègues de la région bordelaise organisent cette année le réputé tournoi national inter-CEA.
Les deux équipes se connaissent bien puisqu'elles n'en forment qu'une, qui joue tous les dimanches sur son stade fétiche de Fontenay. Toutefois elles se craignent, car toutes leurs rencontres précédentes se sont terminées par des matches nuls, au terme de débats passionnés et parfois pimentés. La tension est donc palpable dès le départ de Montparnasse, chaque équipe comptant bien en définitive tirer les marrons du feu et ramener pour sa vitrine les fabuleux trophées mis en jeu.
Sans perdre une minute et tout au long du parcours, les joueurs peaufinent leur préparation physique en prévision de la débauche… d'énergie du lendemain. Les athlètes s'observent du coin de l'œil et rivalisent en prise de vitamines. Un choix judicieux de compléments alimentaires et autres boissons énergétiques est méthodiquement ingurgité.
Certains, portés sur le fruit, font montre dans ce domaine d'une constance et d'un professionnalisme à toute épreuve, dépassant largement les charges, pourtant sévères, prévues par les coaches.
L'air chargé d'électricité et autres effluves capiteuses est bien perçu (mais diversement apprécié) par les autres occupants du wagon. Ces malheureux ne peuvent comprendre la hauteur des enjeux qui serrent les cœurs et par effet inverse, dilatent les proches gésiers.
L'arrivée tardive sur place dans la pénombre d'une pinède, le choix toujours délicat des partenaires pour la nuit puis le ronflement de la mer proche (largement couvert par d'autres) exacerbent le sentiment de vivre la veille d'un jour exceptionnel.
Certains, ne supportant pas le suspense, vont essayer de lire l'avenir dans les cartes du Casino tout proche, avec des fortunes diverses, tant sur place qu'au retour.
Chapitre 2 : Premières banderilles
Le café du réveil a bon goût et atténue les sensations fortes que tout sportif au summum de sa forme connaît bien au lever : casque bien serré sur la tête, écrous vrillés aux tempes, langue en queue de castor...
On signale qu'un chien errant a consommé le restant de St Nectaire sur-affiné qu'il était impossible de stocker en chambre pendant la nuit. Les avis sont partagés sur le caractère irréparable de cette perte. La pauvre bête ne sera pas revue.
Dès 10 heures, place aux gladiateurs ! Un échauffement léger et c'est déjà la mise en place des 2 poules de 3 clubs. Soucieux de maintenir jusqu'au bout le suspense, les organisateurs ont la sagesse de mettre une des deux équipes Fontenaisiennes dans chaque poule.
Le CEA Fontenay a l'honneur de débuter contre le CESTA. Jacques, en capitaine avisé et mis en confiance par ses martingales nocturnes, prend un nouveau pari : celui de jouer contre le vent, nul à cet instant.
Le CEA fait montre d'une grande bravoure, menaçant le plus souvent la ligne de son adversaire et ne le laissant passer qu'à bon escient. L'équipe adverse, au lieu de renvoyer l'ascenseur, persiste dans un jeu groupé-déployé, au grand dam du public qui a pris fait et cause pour nos vaillants représentants. Dans ce contexte d'un public conquis, le décompte final n'a que peu d'importance.
L'Epines Roses entre en piste à son tour contre Lacanau, bien décidée à faire aussi bien que ceux du CEA. Instruits par l'expérience de ces derniers, nous calquons notre tableau de marche sur le leur. Nous ajoutons toutefois en fin de match, comme une cerise sur un copieux gâteau, un essai de toute beauté. Il est marqué par Jean-Louis à l'abordage, barbe de corsaire au vent. Prenez votre souffle :
L'exploit prend sa source dans un lancer "banane-feuille morte" de Christophe, une feinte de sauter décisive de Pascal qui libère le saut royal de Ben, directement pour les petites mains expertes de Philippe. Puis les arrières jouent le coup à la perfection. Pierre-Marie, par atavisme, bonifie ce trésor et transmet à Alain qui, en professionnel avisé, fait le bridge sur Jonathan pour servir Olivier. Ce dernier mystifie la défense par un retour intérieur où il retrouve Alain puis Jean Louis en habits de "Terminator". Les nombreux spectateurs entrent en transe et entonnent une vibrante marseillaise.
Le deuxième match de poule du CEA Fontenay contre Ripault est de la même trempe que leur premier, mais avec plus d'envie encore et un résultat final tout aussi encourageant pour la suite. Ne voulant pas être en reste, le CEA marque aussi son essai. L'auteur de cet article, en quête d'information éditoriale près de la buvette à ce moment précis du match, ne peut en donner tous les détails. Mais il peut certifier qu'autour du zinc le mouvement a été qualifié en patois local par des connaisseurs de "grandioze" (1%), "unetitmouss" (39%) et "rménouça" (60%).
L'Epines Roses aborde son deuxième match contre Léognan avec la ferme intention de tout faire pour en découdre enfin avec le CEA lors du dernier match. Nos efforts sont couronnés de succès et cela sans la moindre anicroche avec nos adversaires. Il est vrai que Léognan, ville où sont produits les meilleurs vins de Graves, ne mérite pas qu'on lui manque de respect.
Chapitre 3 : Le grand match
A ce stade, il convient de préciser que le narrateur voit nécessairement le match avec les yeux de son équipe, L'Epines Roses, même s'il recherche constamment la plus parfaite objectivité.
En première mi-temps, L'Epines Roses prend la mesure du CEA qui doit se contenter de deux essais de rapine, puis d'un troisième assassin, marqué dans notre dos par le propre fils de Jean-Louis, notre joueur phare des poules qualificatives. Le pauvre père est accablé : plus de 20 ans d'un élevage modèle au grain et parcours en semi-liberté pour en arriver là !
En deuxième mi-temps, le CEA passe par une phase explosive, conduit par un Jacques des grands jours. Utilisant quelque procédé secret mis au point en laboratoire, Vincent en fer de lance et sa formidable deuxième ligne en soutien permanent réussissent la fusion des produits fermiers de la veille en pure énergie.
Martial, après une matinée semi comateuse, montre à nouveau le bout de l'oreille en fond de touche où il pourrit quelques uns de nos ballons avec un art consommé.
Pour desserrer l'étreinte, nos trois-quarts, particulièrement bien inspirés en cette fin d'après-midi, tentent un coup d'audace inouï : lâchage de l'ovale avant contact, grand pont et récupération du cuir de l'autre côté. L'arbitre, tatillon, annule ce superbe mouvement pour un en-avant de quelques mètres… non signalé par notre juge de touche.
Notre cher et bon président Philippe, travailleur infatigable, est mis en débordement sur l'aile et déboule dans le couloir. La meute du CEA, lancée à ses trousses ne le reprend qu'à 60 mètres de la terre promise.
Performante aux fauteuils d'orchestre, mais attelée pour la 1ère fois en deuxième ligne, la paire de boeufs limousins, fierté du terroir, fait ce qu'elle peut (on n'est pas des bœufs pour rien) mais suffoque en altitude dans l'âpre combat aérien.
Ultime coup du sort, alors que nous dominons outrageusement en campant depuis 10 minutes à proximité de notre ligne, le CEA finit par marquer à nouveau. Une escouade de quatre joueurs vient jusque dans nos bras avec l'intention non avouée de voler notre ballon. Pendant que les trois premiers font diversion, le quatrième s'en saisit et rampe traîtreusement jusqu'à l'en-but.
Dès lors, il n'y a plus de match, d'autant que l'arbitre (pourtant approché avant la rencontre) au lieu de favoriser nos desseins, se montre d'une totale impartialité
C'est donc une victoire du CEA, que certains pourront trouver logique sur la vue du match, même si un résultat inverse n'aurait pas été déshonorant pour eux. La débauche d'énergie liée aux prises de produits de la veille reste suspecte et L'Epines Roses réserve tous ses droits pour une enquête et des essais plus approfondis sur lesdits produits (à fournir par CEA).
Chapitre 4 : Apothéose
Après le match, comme toujours en rugby, il reste à faire la fête. Pour nous mettre en appétit, deux pétulantes brésiliennes viennent trémousser leur nombril, leurs plumes et autres fanfreluches sous nos yeux tétanisés, au rythme endiablé des sambas. Certains après coup diront qu'il y avait aussi deux brésiliens mais on est peu à les croire.
Puis nos hôtes, toujours parfaits, nous convient à une dégustation des délicieuses spécialités locales appelées "huîtres". La préfecture, prévenue de notre arrivée, avait fait la veille rouvrir les parcs où l'on peut capturer ces bestioles.
Après la dégustation accompagnée par un excellent blanc du terroir, c'est la remise tant attendue des trophées !
L'Epines Roses, pour sa constance à ne pas humilier l'adversaire, reçoit à l'unanimité le très convoité trophée du "Fair Play". Le Jury note avec satisfaction que nous n'avons jamais proposé aux équipes adverses des situations dégradantes de 2 voire 3 contre 1 en bout de ligne ou effectué des slaloms ou autres coups tordus dans les défenses. Notre bon Président et les nôtres peuvent enfin brandir fièrement cette coupe, objet des rêves les plus fous.
Le CEA se voit accorder le trophée récompensant sa bravoure, qui n'a été que trop signalée plus haut lors du combat épique contre L'Epines Roses. Les autres équipes enfin reçoivent chacune une coupe de consolation, en fonction de leurs niveaux respectifs.
Vient le repas et les chants où les 2 Fontenay, sous la conduite du barde aphone et de ses aides, font très bonne figure avec un florilège de leurs succès habituels. Les hommes du cru reprennent les chants pyrénéens tandis que celle à Dudule, toujours servie après le dessert, rend leurs nanas pensives.
Le retour au campement se fait par une nuit d'encre à travers la pinède, truffée de traquenards pour des étrangers au pas incertain.
C'est ainsi que Pascal, tentant le diable par ce qu'il croit être un raccourci, se fait proprement prendre au collet… par le filet non signalé du terrain de volley-ball.
Alain et Didier, progressant comme des sioux en file indienne, tombent tour à tour lourdement dans une espèce de piège à ours. Notre bon Président, qui les suit à la trace, flaire heureusement le danger et, sautant par-dessus la fosse, aide les deux infortunés aux tibias pelés à se sortir d'affaire.
La soirée s'achève en petits groupes près des bungalows et les gosiers sont de nouveau mis à rude épreuve avec quelques restes de la veille pieusement conservés. Le match, puis la fatigue aidant le monde, sont refaits plusieurs fois jusqu'à une heure avancée de la nuit. Tout proche, on entend les soupirs du Directeur du Casino qui désespère devant la chance insolente de certains.
Chapitre 5 : Epilogue
Réveil matinal pour tous, certains aidés par l'angélus qui carillonne déjà dans leur tête. Direction la plage pour voir la mer et pour les plus courageux, au cuir de morse, s'y tremper. Pastis, repas léger et attente du bus que Jacques a admirablement prévu de manière à nous laisser profiter un maximum du farniente sous les pins.
Bonnes histoires dans le car pour gommer l'angoisse d'un possible retard mais finalement prise au vol du TGV. Le retour est la copie de l'aller, même si certains organismes délicats ou saturés ont du mal à se remettre en service, dans un contexte d'odeurs et de saveurs atteignant leur paroxysme, après faisandage dans les valises.
Arrivée triomphale à Montparnasse, où les fanfares sont bien présentes dans nos têtes. Sur le quai les passants envieux dévorent du regard nos superbes coupes. Didier ne lâche pas celle du Fair Play, la protégeant des convoitises après l'avoir gagnée de si haute lutte.
Dans les têtes, une seule pensée : "Vivement le prochain tournoi !" A Paris sans doute.
A Paris, à la lueur des lampions tra la la la la la …
Remerciements
A tous ceux qui ont rendu cette tranche de vie possible, Jacques bien sûr, ses collègues du CESTA, les instances de Lacanau et les bénévoles de nos deux clubs.
Non Fontenay n'est pas mort ! Il est même "bon vivant".
Têtes Hautes
Match "revanche" ASF-CEA du 19 juin 2005
URGENT.....URGENT....URGENT.....URGENT.....URGENT....URGENT.....URGENT...
L'EPINES ROSES
Direction Générale des Evènements
MM Michel Vergne et Pascal Rouche, Directeurs Généraux Associés, vous présentent
Commentaires de notre envoyé spécial
L'EPINES ROSES, TETES HAUTES
C'est têtes hautes que L'EPINES ROSES est sortie vainqueur du combat fratricide qui l'opposait ce matin aux Galactomiques du CEA, appellation acquise de haute lutte après leur prestation de Lacanau.
L'ambiance de saine émulation qui précédait cette revanche a permis de mobiliser près de 40 joueurs pour en découdre sur le pré, dans une atmosphère surchauffée et devant un public de fins connaisseurs assoiffés, au premier rang desquels notre bon Président, tout auréolé de la gloire de sa récente et triomphale réélection.
Les Galactomiques produisent d'entrée de jeu un mot d'excuses de leur responsable pour se présenter incomplets à cette confrontation décisive. Les excuses apparaissent confuses mais sont néanmoins acceptées.
Dans la coulisse, il se chuchote que certains de leurs joueurs auraient forcé sur la "topette" pour se présenter au pic de leur forme lors du fameux tournoi de Lacanau. Rappelons qu'ils avaient fait merveille lors de ce tournoi, écrasant tout sur leur passage et éveillant même les soupçons (voir nos précédents reportages).
Ces joueurs n'auraient pas supporté de continuer avec de telles charges et auraient soit arrêté les prises, soit mis prématurément un terme à leur saison. On évoque à demi-mot la redoutable Mirabelle 53% vol. distribuée par un certain Dr Jabuse, propriétaire exploitant des sulfureux Chais du Barde TM.
La composition des équipes est bouleversée mais le match peut commencer dans des conditions idéales, sur une superbe pelouse. Jacques des Galactomiques, fidèle à son habitude, choisit de jouer contre le vent et l'équipe adverse.
Les premières minutes sont tout à notre avantage : nos joueurs campent dans nos 22 mètres d'où l'adversaire a toutes les peines du monde à nous déloger !
S'ensuit une phase d'équilibre ou beaux gestes individuels et exploits collectifs se succèdent des deux côtés à un rythme tel que la plume a du mal à suivre (ainsi que quelques joueurs).
Les attaques tranchantes s'émoussent sur des défenses rugueuses (belle image de rémouleur !) si bien que la mi-temps survient dans l'épuisement général et sur un score vierge de 0 à 0.
La deuxième mi-temps voit l'apparition d'un nouvel arbitre. Il se murmure qu'une camionnette de la maison Nicolas aurait été vue la veille déposant un colis à son domicile. L'intéressé, interviewé en fin de rencontre, dément énergiquement le passage de la camionnette hier mais confirme qu'elle est attendue pour demain, surtout après un tel résultat.
Toujours est-il que ces forts arguments l'ont rendu particulièrement réceptif à la qualité du jeu de L'EPINES ROSES et qu'il valide un premier essai fortement contesté par les Galactomiques, lesquels ont décelé pas moins de dix fautes sur cette action.
Le deuxième essai est de la même veine, mais seulement cinq fautes ont été relevées par l'adversaire, qui félicite chaudement l'arbitre pour ses spectaculaires progrès. Sur le troisième, Alain conclut ou plutôt couronne un superbe mouvement collectif à une passe, après coup franc rapidement joué à la main près de la ligne. Il aplatit dans le coin même où il avait marqué l'essai de la montée en première série, il y a plus de 20 ans, contre Domont, avec d'ailleurs à peu près le même geste auguste du marqueur. Le bougre en a des frissons dans l'échine.
Puis, la fatigue aidant, le manque d'automatisme l'équipe remaniée des Galactomiques se fait sentir. Emmenée par de brillantes individualités, L'EPINES ROSES se fait plus pénétrante et prend le dessus, malgré une rébellion de Vincent qui reste feu de paille. A noter qu'un traître infiltré dans nos rangs, sans doute encore sous contrat avec l'adversaire, vendange une occasion en or, à un contre zéro, à trois mètres cinquante de la ligne.
Le score final, 5 à 1, traduit indubitablement l'ascendant de L'EPINES ROSES, surtout en fin de rencontre. Il rétablit la parité sur quatre matches cette saison entre les deux vaillantes équipes de Fontenay, puisque chacune compte désormais une victoire, deux nuls et une défaite.
Les Galactomiques l'emportent de justesse au goal-average mais la très convoitée coupe du Fair Play est propriété exclusive de L'EPINES ROSES.
L'EPINES ROSES a par ailleurs fait provision d'un peu de bois pour l'hiver prochain, qui pourtant s'annonce chaud.
Ce n'était rien, qu'un peu de bois,
Mais il nous a chauffé à mort
Et l'an prochain, coquin de sort,
On le r'filera au CEA
La saison prochaine s'annonce en effet d'un suspense intenable et les plus anciens ne devront oublier ni leur pace makers…ni leur(s) goutte(s).
La Direction des Evènements et ses envoyés spéciaux seront évidemment, pour vous servir, sur tous les coups de L'EPINES ROSES et de ses frères d'armes.
Qui sera en définitive le plus fort ? Evidemment Fontenay !
URGENT.....URGENT....URGENT.....URGENT.....URGENT....URGENT.....URGENT...