La Rubrique à Barde
Retrouvez dans cette rubrique les discours, communications et chansons de notre barde local, et profitons de l'internationalisation qu'offre Internet pour communiquer ces beaux textes au monde entier !Toutes les épines ne sont pas roses
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Direction Générale des Evènements
Avant de conter les récentes aventures de L'EPINES ROSES®, quelques lignes pour parler du bien beau dimanche, du dimanche historique que nous a fait vivre l'équipe première. Victoire et montée assurée en PH au terme d'une poule à suspense, à déconseiller aux cardiaques. Bravo aux joueurs et aux capitaines successifs de cette épopée qui ne demande qu'à se poursuivre et d'abord dès les prochaines semaines !
Quelle récompense pour Claude et Philippe, les présidents qui ont fait naître et renaître le club, pour l'actif héritier Patrick, pour nos deux coaches Dédé et Stéphane, pour le bureau et les dirigeants enfin, dont les plus fidèles accompagnateurs, Jean-Louis, Didier, Olivier et Paul.
Outre la rapidité dans l'ascension, ce succès est d'autant plus remarquable qu'il s'est fondé sur un groupe très ouvert de joueurs. Ce n'est pas le moindre mérite des coaches que d'avoir su maintenir la cohésion et l'ambiance de l'équipe alors que la compétition appelle la rivalité et que la réserve trouvait peu d'adversaires en première série. Maintenant que ce ne sera plus la cas, c'est un atout important que de pouvoir s'appuyer sur ce groupe large qui attend encore le renfort de quelques juniors et la venue de talents que devrait susciter la montée. A nous de bien gérer ce patrimoine !
Enfin pour nous les folklos, quelle fierté d'avoir fourni à la première des éléments de grande valeur : Alain et Charles pour ce match (quelle percée de Charles sur son premier ballon ! quelle présence d'Alain !) mais aussi Alex pour une saison pleine en tous points remarquable, et Pierrot, et Vincent… Rien que du solide et du vaillant ! La bonne école quoi !
Après ces fortes émotions, reprenons le cours des aventures de ces fameux folklos. La période qui s'achève semblait peu propice aux exploits, faute de combattants : c'est d'abord Jean-Louis, le pectoral toujours en vrac, qui désespère de trouver sur la place de Paris une pièce de rechange adaptable sur un modèle aussi ancien. Dans un magasin d'antiquités du Caire, qui sait ?
C'est Paul-Antoine, toujours un peu fêlé de quelque part, qui compte monter bientôt un numéro de cirque "l'homme de verre", coincé quelque part entre la femme à barbe et la femme-poisson.
C'est encore Pierre-Emmanuel, parti quelques semaines tenter le diable et vomir déjeuners et quatre-heures sur le grand océan transatlantique. Il s'est beaucoup documenté sur la vie paradisiaque du marin pêcheur, notamment sur l'enfilage de morues au fin fond des terres-neuves.
Et avec son fameux @mail du 28 mars, que penser de Fred prétextant une lombalgie pour se complaire tout un week-end dans la position couchée, dite du missionnaire ? Selon ses dires, cette position serait recommandée, parmi quelques autres, dans la brochure illustrée "Le carabin lombalgique" publiée anonymement par les deux médecins du club, qui n'en sont pas à leur coup d'essai sur la question.
Enfin comment ne pas détailler l'aventure piquante d'Olivier qui, pour échapper à Madoff, a eu la mauvaise idée de souscrire une assurance-vie. Dès le lendemain, comme le fait amoureusement chaque dulcinée en pareille circonstance, la sienne encaustique avec soin les escaliers. Il ne reste plus alors à la fée du logis qu'à susurrer les mots magiques et fatidiques : "Chéri, descends, j'ai une petite gâterie pour toi !"… et voilà l'imprudent lancé ventre à terre dans les marches.
En perdant l'équilibre pour donner son sens concret à l'expression "ventre à terre" il lance le premier juron qui lui passe par la tête : "Caramba !" Ah ! Que ceci te serve de leçon, lecteur déséquilibré ! Ne jure jamais en mexicain si d'aventure tu chutes dans un escalier. Sinon, le décor classique du western chicano se mettra en place et, au pied des marches, l'incontournable cactus t'ouvrira ses bras accueillants.
Et c'est un cactus de guerre, armé forts piquants, qui attend de pied ferme notre Olivier … de paix : combat trop inégal ! Vous imaginez la suite et notre camarade meurtri enlevant une à une les longues épines, comme Charlot chercheur d'or les clous de son soulier bouilli. Secoué, tailladé, transpercé, mais bon, la vie sauve quand même ! Et les infirmières de la clinique en prime, inconsolables depuis que Philippe et moi les avons quittées, voilà près d'un mois.
Enfin pour couronner le tout, voilà que sournoisement lové derrière le cactus, dans la plus pure tradition, le serpent à sornettes de ma chronique agite son agaçante crécelle.
Tu l'auras compris, la liste est longue des éclopés, empêchés par maman, gueules de bois, terre-neuvas et autres tire-au-flanc de l'hiver. C'est avec un effectif de 17 joueurs, dont 8 avants, que nous nous présentons samedi 28 mars Porte de Choisy devant nos amis des Globe-Trotters. Et encore a-t-il fallu battre le rappel auprès de la réserve !
Celle-ci a répondu présent en nous envoyant une brochette de jeunes talents. L'équipe première ne voulant pas être en reste a ajouté le talent confirmé d'un Rosco (encore que sa "croisée" du jour me reste sur l'estomac) et le talent archi-confirmé d'un Toufou. Sur ce terrain douillettement garni de plumes qui rappelle les batailles de polochons d'antan, nous jouons un match bien agréable dans un excellent esprit. Dire que c'est sur ce terrain que j'avais mis autrefois un jaune à Jean-Louis pour nervosité !
Les adversaires sont sensiblement du même niveau mais un peu plus nombreux. Nous menons 3-1 (essais de Gérard et beaux essais de trois-quarts des réservistes Bébert et Antoine) puis les troupes fraîches des Globe-Trotters leur permettent de revenir à 3-3 en toute fin de match. Logique et excellemment arbitré par notre jeune arbitre Patrick.
C'est à la Zapothèque, sympathique bistrot de la rue de Tolbiac, que se prend l'apéro; puis nous restons quelques-uns pour refaire le match devant un copieux ragoût-haricot. Ça se termine à une heure avancée de l'après-midi où nous nous séparons après le dernier whisky de la patronne (faute de cognac !) et sous une belle giboulée de saison.
A Epinay-sur-Orge, le vendredi 03 avril, la participation redevient normale : la belle soirée de printemps a ravivé la flamme des frileux, les blessures imputables aux épineux sont cicatrisées et le traitement de cheval (ou plutôt d'étalon) prescrit a miraculeusement guéri notre lombalgique. Quelques réservistes reprennent du service, ainsi que le toujours vert Toufou. Et alors que Thierry nous échauffe, "frisant" la surchauffe comme d'habitude, nous voyons avec plaisir arriver Dédé, venu tenter sa chance en régional de l'étape.
Nous sommes cette fois environ 25. Dédé prend le sifflet pour la première mi-temps. Nous commençons très fort devant, bousculant tout sur notre passage mais quand Patrice, puissant comme un sanglier, finit par s'extirper de la meute pour s'affaler dans l'en-but, l'essai est refusé ! Pourquoi cette semoule ? Mystère et couscous kabyle ! On n'est jamais si bien trahi que par les siens…
Le match est déséquilibré : si notre domination est très nette devant, les centres d'Epinay sont de jeunes (et bons) joueurs de la première dont la vitesse, les crochets et les coups de pieds ne sont pas du registre habituel des folklos. Dès qu'ils ont le ballon et du champ, ils font parler la poudre; Olivier et Gilles au centre ont bien du mal à contenir cette fougue juvénile.
Heureusement, le gros match solidaire de nos avants prive les arrières adverses de ballons. Et c'est encore Patrice, rendu intenable par le printemps, qui se fait justice en aplatissant son deuxième essai que l'arbitre accorde cette fois, sans même faire appel à la vidéo.
Philippe, touché vers le morceau que les bouchers appellent les côtelettes découvertes, prend le sifflet en deuxième mi-temps. Dédé, Toufou et Christophe viennent encore renforcer les avants et les cornaquer dans le droit chemin. Nos adversaires, à domicile pourtant, ont du mal à faire tourner leur effectif un peu juste.
Dédé signale sa rentrée par une interminable course à la poursuite d'un ailier véloce qui ne veut pas lâcher son mètre d'avance. Je les vois s'éloigner tout là-bas vers l'ouest et pense un instant que, sur une telle lancée, ils pourraient bien dans quelques heures réapparaître à l'est, avec le soleil, tour du globe accompli. Que ce serait beau ! Quelle standing ovation on leur ferait !
Mais pour revenir au match, en même temps qu'un Dédé essoufflé, nous jouons bien ! Il faut dire que certains de nos mauls portés ou départs bien soutenus dans l'axe ont vraiment de la gueule. Ils permettent à Dédé (encore !) et à Fred de marquer deux beaux essais d'avants et ménagent quelques belles opportunités pour les trois-quarts, Pierre-Yves puis Olivier scorant tour leur tour.
C'est donc fort de cinq essais bien construits que nous terminons ce match sous l'œil gourmand de Jean-Louis qui regrette de n'avoir pas pu participer au festin des gros.
L'ambiance est donc sereine au vestiaire et les combattants me font voir ce qu'ils ont de mieux pour se tailler une place dans la chronique. C'est vrai que L'EPINES ROSES® sont impressionnantes ! Mais toutes, c'est le problème ! et je ne peux pas tous vous citer ou prendre mon triple décimètre pour ergoter ensuite sur les mérites plus affirmés de telle ou telle. Je place la mienne hors concours, non par fausse modestie, vous me connaissez, mais après que Jean-Seb me l'ait aspergée, au sortir de la douche, avec je voudrais bien savoir quel atomiseur viagraté que j'en trique encore.
Il me faut du discriminateur, du lourd. Antoine me montre sur sa personne les traces du rude combat : il s'agit d'une estafilade aussi grosse qu'une piqure de puceron, à hauteur du bourrelet ventral. Patrice porte au front une trace rouge que cacherait avec peine une pièce de 1c de la même couleur. Olivier montre son bras qui a marqué, en bout d'extension, mais le cactus, bon, cette fois, çà commence à faire beaucoup !
Vient ensuite le moment critique de la prime de match. Quand Dédé apprend que chez les folklos seuls les 3 plus anciens se la partagent, il mesure subitement l'ampleur du chemin qui lui reste à parcourir pour être au niveau. Putain, quinze ans !
C'est derrière la vache du Cuir Center de la Ville-du-bois que nous attend le repas. La bête, vautrée sur un canapé, nous regarde d'un œil bovin tandis que nous nous dirigeons vers le hangar astucieusement aménagé en clubhouse. Nous sommes restés nombreux. Le pastis est frais. Le rougail de saucisses avec riz est bien réussi, aussi piquant que plante grasse !… On l'arrose d'un rouge recommandé sur l'étiquette par Chabal en personne et qui s'avère effectivement à l'usage aussi rugueux que le prescripteur. La vie est belle non ?
Sauf qu'à la sortie nos vessies surmenées nous amènent tous à pisser contre la haie; et si j'ai la délicatesse d'utiliser ma main gauche malhabile, j'en vois qui n'hésitent pas à utiliser la droite, voire sans complexe les deux, AVANT de dire au-revoir aux collègues. Qu'est ce qu'on leur apprend aux entraînement Thierry, bon dieu ?
Sauf aussi que Christophe s'égare en sortant, tout comme la dernière fois, et m'entraîne dans un détour au diable vauvert sur la N20 avant de retrouver la direction de Paris. A croire qu'il me prend pour un cave qui ne s'étonne pas de passer par le bois de Boulogne pour une course entre Montparnasse et Montmartre.
Mais bon, c'est Christophe et l'épais mystère des taxis de nuit.
Et d'ailleurs il est tard, messieurs… il faut que je rentre chez moi. Une pensée pour Brel à Knokke-le-Zoute et je me glisse dans mon lit…
MV avril 09
Les miches à Mimi, c'est pas du pain d'mie (P. Perret)
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Direction Générale des Evènements
Cela fait un bon bout de temps que je n'avais pas pu vibrer avec mes chers folklos. Près de trois mois sans vivre ni pouvoir relater leurs considérables exploits ! Insoutenable attente…
J'ai bien participé à deux ou trois entraînements de fous où, tantôt Figaro-ci, tantôt Figaro-là, nous perdions haleine à vouloir le suivre, crinière au vent, dans tous les sens du foutu terrain. Cela m'a juste permis de m'entretenir au top ! Tellement au top qu'un jaloux, désespérant de gagner sa sélection à la régulière, a tenté de me fendre le crâne pour faciliter ma mutation directe chez les folklos frapadingues de Bicêtre.
Je dispose de photos à charge où l'on reconnaît parfaitement mon vil et brutal agresseur. Elles ont été prises par notre flanker Paul dans les minutes suivant l'incident. Ce témoin digne de foi avait lui aussi rejoint prématurément le vestiaire pour y soigner tout à la fois un teint brouillé, des hauts le cœur et une migraine tenace. Sans avoir la prétention de poser un diagnostic à la place des éminents médecins du club, j'ai ma petite idée sur les errements à l'origine de ces mystérieux symptômes…
Tout çà pour dire que les entraînements c'est bien beau, mais il me manquait la compétition, celle qui transcende cette équipe et alimente la chronique de son souffle épique. Voilà une occasion à ne pas rater ce soir, à Clamart, dans le contexte rassurant d'un stade sombre et tranquille, jouxtant le cimetière boisé et tout proche d'Antoine Béclère.
Je rejoins le vestiaire, fatigué pour avoir voyagé tout l'après-midi depuis ma bonne Corrèze. Les membres de L'EPINES ROSES®, tous plus gros les uns que les autres, y sont déjà rassemblés, presque au complet et prêts pour l'action.
Ils reviennent pour beaucoup des sports d'hiver : si l'air des cimes leur a donné un beau teint hâlé, l'abus de tartiflettes et fondues - sans compter moult vins chauds - leur a aussi donné de bonnes petites joues !… Les plus caractéristiques me font penser à quelque hamster qui aurait plongé le museau dans un bocal de Nutella.
Par les temps qui courent, les minoritaires pâles, dont je suis dans ce vestiaire, font figure de békés et en conséquence serrent très fort les miches. J'aurais bientôt l'occasion - Jésus Marie ! - de m'étendre sur cette partie du corps.
Ils sont tous là une heure avant, pour un match finalement décalé à 21h ! Une fois revêtu l'habit de lumière, ils restent pelotonnés les uns à côté des autres dans le chaud vestiaire, comme les hirondelles sur les fils électriques en septembre. Ils laissent Thierry sortir pour aller diriger l'échauffement, suivi comme son ombre par les trois ou quatre nouvelles recrues, manquant cruellement d'expérience.
Quelque temps plus tard, on les voit revenir, honteux et confus comme le corbeau de la fable, ayant compris en revisitant "Le lièvre et la tortue" de ce bon Jean de La Fontaine que "rien ne sert de courir, mieux vaut ne point partir", en tout cas pas avant les autres.
A force de courage, on finit par vaincre l'appréhension de sortir se cailler les meules et on part trottiner dans un petit froid de début mars, idéal pour pratiquer notre rugby. La nuit est étoilée et on voit, déjà haute dans le ciel, une bonne grosse demi-lune. A propos de meules et de lune et comme déjà promis, j'aurais l'occasion - Jésus Marie me pardonnent à nouveau ! - d'en resservir.
Nos adversaires sont nombreux, sensiblement plus jeunes et ont le renfort appréciable de Jean-Louis - le restaurateur - pour qui les créneaux des folklos de Clamart (entraînements et matches en semaine) sont plus compatibles avec ses activités que les nôtres.
D'entrée, le match s'annonce engagé avec des temps de jeux importants. L'arbitre, un débutant dans ce rôle, laisse passer d'assez nombreuses irrégularités, en particulier dans le jeu d'avant. Nous dominons nettement en ballons portés mais le traitre passé à l'ennemi cité plus haut, fidèle à ses habitudes, pourrit nos avancées en rentrant carrément par le côté, à l'ancienne. Et aucune sanction ne vient pour ce qui vaudrait à chaque coup carton blanc !
Du coup, les esprits en viennent même à s'échauffer un petit peu, mais rien de bien grave, même si le climat général devient plus tendu que serein. Jusqu'à Christophe qui est énervé comme quand il charge un apiculteur et ses ruches, pour aller à… Saint-Cyr, vous l'aurez deviné. Il faut dire aussi que quelques spectateurs sur la touche, en dictant à l'arbitre les décisions à prendre, ne contribuent guère à la sérénité des débats.
Après un bel essai de Sébastien partant au ras au sortir d'une touche gagnante, la mi-temps arrive sur le score de 2 à 1 pour Clamart, la partie étant somme toute équilibrée. Je prends le sifflet en deuxième mi-temps pour vite m'apercevoir que je suis très gêné par le faible éclairage, perdant la balle de vue dans certains endroits du terrain ou sur les phases statiques pour peu qu'un joueur fasse de l'ombre.
Le rythme continue d'être soutenu et l'engagement assez virulent; les deux équipes s'appuient sur de bonnes défenses avec des placages nets, limite folklos pour certains, mais pas irréguliers. Une fille fait une apparition devant à Clamart et, bien qu'il s'agisse d'une gaillarde étoffée, je suis admiratif de son courage car la proximité de la journée de la femme n'attendrit en rien nos goujats !
Jean-Louis, le nôtre, rentre prématurément au vestiaire, victime d'une déchirure au pectoral. Il m'explique que ce muscle, qui m'est inconnu, se situe sur le devant du thorax, là où se situe justement mon muscle mammaire à moi. Sans vouloir là encore trancher pour nos éminents médecins, j'en déduis qu'il est anormalement conformé. Et il est bien sûr trop tard pour faire jouer la garantie décennale. Le vice caché peut-être ?
Revenons un peu au match : côté des avants, nous dominons dans les phases "groupés" debout ou au sol, sommes dominés dans les phases mobiles où nous avons tendance à nous couper du soutien dans l'axe, faisons jeu égal en touche malgré le décodage de nos combinaisons par notre ancien joueur.
Côté des arrières, la différence est faite par un seul joueur de Clamart opérant ouvreur ou centre et très au-dessus du niveau folklo habituel. Auteur d'un essai personnel en première mi-temps, il en fait marquer deux en deuxième. Je suppute, j'adore çà, que son crâne tondu lui donne le coefficient aérodynamique idéal pour crocheter et fendre l'air. "Et notre Nono alors ?" me direz-vous, cherchant déjà à mettre en échec mes conclusions. Je réponds à votre critique : Nono, c'est son casque qui le freine !
Le match s'achève finalement sur le score de 4 à 1, essentiellement par la contribution pour 3 essais de leur centre, sans compter sa défense. Malgré tous nos efforts nous n'avons que failli franchir la ligne en deuxième mi-temps. Comme j'aurais aimé pourtant accorder un essai, même de voleur, à tant de vaillance…
Nous rentrons au vestiaire un brin dépités et les appréciations sur l'esprit de la rencontre sont assez critiques, particulièrement pour deux ou trois de nos adversaires. Ce qui ne nous empêche pas d'aller engloutir bières et sandwiches à leur clubhouse un peu délabré, mais tellement mieux que notre "pas encore de clubhouse".
Je le sens bien, c'est là que vous m'attendez depuis un moment car le titre et quelques subtiles allusions au fil du texte vous ont mis la boîte à idées dans le rouge. Mais il se fait tard. Tiens, la tentation me prend soudain d'arrêter ici cette chronique, vous laissant en pleine panade; comme un coïtus interruptus en quelque sorte.
Mais je suis trop bon et ne peux vous priver de l'orgasme final de ce morceau de bravoure. Voilà t-y pas qu'en fin de soirée, pourtant arrosée avec grande modération, nos hôtes nous lancent un défi : il s'agit d'une épreuve de force pure, à la turque comme on dit si bien - et dans ce cas si justement !
Un costaud doit y soulever deux partenaires, allongés sur le sol et ficelés dos à dos, pour éviter les tentations sans doute. Pour les quelques demeurés d'entre vous qui ne fréquentent pas assidûment les partouzes parisiennes, je livre quelques détails pittoresques pour une meilleure compréhension : le premier est à plat ventre sur le sol, le second couché sur le dos, sur le premier, les deux têtes étant du même côté, nuque à nuque (pour ramener a du vécu, si l'un pivote de 180° et que les deux roulent d'un demi-tour ils se retrouvent tête-bêche.) Le troisième, le fort-des-halles, enjambe le tout qu'il doit soulever au moyen d'une forte ceinture emprisonnant ses deux acolytes.
Les athlètes des deux camps sont désignés dans la liesse générale. Antoine, altruiste, se sacrifie pour être en dessous. Gérard, curieux, estime que le dessus est préférable pour "voir venir". Philippe, confiant, pense pouvoir établir un nouveau record de l'arraché. Il est en forme et vient de monter sur le podium, dans la discipline sœur du "lever de chope", lors d'un récent passage d'une armada toulonnaise à Paris.
Nos adversaires du jour mettent leur propre équipe en situation et la joute commence. Il s'avère vite que la tâche sera compliquée pour les costauds. Mais c'est alors que surgissent d'un réduit attenant deux satyres équipés de leurs virils attributs. Ils se précipitent, chacun vers un groupe.
Je peux vous dire que les gaillards sont solides; ce n'est ni de la miche de serin, ni de la fesse d'ablette, mais des bonnes meules surchoix, velues à souhait et grassement enduites de vaseline, qu'ils vont promener sur la visage pilepoil à bonne hauteur des allongés du dessus; Gérard voit bien venir mais rappelez-vous qu'il est ficelé comme un saucisson, le pauvre pitchoun ! La pleine lune succède soudain à la demi-lune éclairant le ciel clamartois. Je laisse vos esprits encanaillés imaginer la suite. Ah Jésus Marie !
Et c'est justement sur ces entrefesses impies que se termine cette soirée aux plaisirs si raffinés et délicats que je m'en serais voulu de les passer sous silence. Je vous donne rendez-vous à la prochaine, à Ris peut-être, pour de nouvelles aventures. Ris déjà chargé des souvenirs doux-amers d'une précédente chronique…
MV mars 09
Peña zinzin, entre deux vins
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Direction Générale des Evènements
1) Crus du soleil et tout du cru
Tout a commencé, la veille, dès midi, aux Crus du Soleil. Le CEA Fontenay, section rugby, y tenait sa réunion de bureau annuelle. La diversité des courants, l’âpreté des débats et l’incertitude pesant sur l’élection n’avaient rien à envier au fameux et concomitant congrès socialiste de Reims. C’est pourquoi tous les participants avaient jugé sage de faire appel une personne de renom, à l’autorité incontestable, à l’impartialité légendaire, pour veiller sur la régularité des ébats.
Que j’ais été choisi pour ce rôle de "casque bleu" démontre toute l’intelligence tactique des ténors de notre filière nucléaire. D’abord ils ont bien senti, dès le début, que je n’accepterais pas d’exercer mes talents de médiateur dans la cabine téléphonique où avait pu se tenir la réunion plénière précédente. Ce préalable établi et me connaissant bien, ils ont pu miser sur un roboratif chou farci pour favoriser mon éveil post - prandial, indispensable à la toute-sérénité des arbitrages.
C’est ainsi que la réunion et les subséquentes élections ont pu se dérouler dans le calme et que d’intéressantes synthèses y ont vu le jour. Les points de désaccord étaient pourtant nombreux, portant essentiellement sur les mérites comparés des 4 bouteilles de différentes (mais nobles) origines qui accompagnaient le chou.
Chaque option avait ses partisans convaincus. L’intelligent arbitrage, consistant à appeler une cinquième bouteille s’est avéré décisif, les participants redoutant qu’en cas de désaccord persistant je ne fasse appel à une sixième. C’est bien là, en semaine, tout le privilège du retraité sur les prisonniers du monde du travail !
Il faut aussi reconnaître que, dès la deuxième fiole, d’autres points de discorde avaient vu le jour. Ceux-ci portaient sur les mérites longuement soupesés de la gent féminine peuplant bureaux, laboratoires et ateliers du Centre. Chaque option avait là encore ses partisans convaincus encore que "chauds" serait un qualificatif plus approprié. Après analyse du look d’ensemble puis du dessus de la ceinture, non décisifs, voilà que l’on passait au dessous. J’étais au supplice !
Mettez vous à ma place ! Comment arbitrer à l’aveugle entre le piercing ombilical et plus de la coquine Suzy, les papillons tatoués sur le joufflu de la callipyge Laetitia, le cache fri-fri en timbre-poste de Lelette craquette, la spécialité de turlute au miel de la démoniaque Angela, etc., etc. Et les avantages de Félicie, aussi, naturellement ! Seules, en fin de compte, la pelouse en friche de la bien-prénommée Virginie et la salpingite récurrente de Mammie Vénus faisaient d’emblée l’unanimité contre elles.
Il va sans dire que toutes ces évocations mettaient sens dessus dessous nos bouillants chercheurs, à l’exception notable de Pierre prônant, lui, le sens dessous dessus. Là encore ma décision, toute de sagesse, fut de ne point trancher et, sur le coup de 14 h, de rappeler tout ce bel apanage à ses obligations de productivité. Privilège du retraité, je me répète !
Et les voilà repartis, gaillards, approfondir leurs investigations à leur fameux "Centre d’Etudes Anatomiques", en vue de me donner plus d’éléments et si possible matière palpable avant de me prononcer. Craignant, dès leur retour au bercail, une effusion des noyaux, et tenant à éviter les sulfureuses retombées, je me carapate en vitesse vers mes pénates, bien au-delà de la 186.
2) Le match
C’est donc en quasi rescapé d’un cataclysme que, ce samedi matin de novembre, je retrouve les poilus de L’EPINES ROSES® pour mon 1er match de l’année. Quel bonheur ! Ils ont tous pris un été de bâfreur de plus… et le gras correspondant. Pourtant, question âge, quand je regarde dans le rétroviseur, ils ne me reprennent rien… ou si peu : je maintiens en déroulant, sans forcer pour l’instant, tout mon avantage.
La bande d’hier du CEA est là au complet, à l’exception notable de Pierre qui a encore dû s’emmêler et mettre le sens devant derrière. Au total nous sommes autour de 25 pour recevoir nos amis de la Peña Zinzin pour notre match amical annuel.
Il faut bien reconnaître que ceux de la Peña Zinzin n’ont pas maigri non plus ! Devant c’est toujours du solide et du vaillant. Jean-Louis, de retour des Landes au grand soulagement des palmipèdes locaux décimés, se propose pour l’arbitrage. On ne le verra plus du match, ce qui est signe d’excellence !
L’absence de Thierry se fait sentir dès le début. Au lieu d’arriver exsangues après 30 tours de terrain et 20 folles séries de pompes, abdos, gainages et autres tortures, c’est tout frais que nous nous présentons au coup d’envoi, après un échauffement à la papa mené par Philippe C. qui récupère tout juste des abus du week-end précédent.
Le début est pourtant très satisfaisant avec du jeu tant devant que derrière et deux essais de Guillaume puis Gérard issus de bons enchaînement. Puis, tout en jouant, çà roupille quand même un peu avant que Philippe R. sonne la charge pour deux nouveaux essais. La deuxième mi-temps, toujours aussi agréable à suivre est du même tonneau. Une de nos forces actuelles est de pouvoir procéder à des changements (hors quelques "cadres") sans que le rendement d’ensemble en soit notablement affecté.
La fin survient sur le score sans appel de 7 à 1, ce qui reflète assez bien le niveau que nous avons atteint, quand on joue une équipe folklo de moyenne d’âge comparable.
Nous retiendrons, pour la beauté plastique de la chronique et parmi tant d’autres beaux gestes offensifs et défensifs :
- un essai de Jonatan, revenu pour l’occasion de Strasbourg au grand soulagement des brasseurs alsaciens surmenés ;
- un essai de Stuart, notre écossais volant, casque rouge et kilt au vent, dans un débordement qui aurait fait se lever le grand Andy Irvine en personne ;
- la ruse de Pierre Emmanuel, dont le casque couleur camouflage est si réussi que lorsqu’il baisse la tête pour entrer en mêlée le vis-à-vis croit qu’il n’y a personne ;
- la maîtrise sur renvoi de Xavier et d’Antoine, en pêcheurs de crevettes à l’épuisette trouée. Seuls leur manquaient le chapeau de paille et la musette plastique ;
- la passe décisive de Nicolas D. améliorant d’un coup ses statistiques de 100% ;
- la passe non décisive d’Antoine, déjà cité plus haut, envoyant au retour de sa pêche miraculeuse une pizza "frutti di mare" dans la direction de l’infortuné Gérard, seul dans un boulevard ;
- la gourmandise de Guillaume oubliant 3 partenaires à gauche pour aller s’empaler sur Philippe C, traitreusement passé à l’adversaire en fin de match. Il semble acquis que s’il m’avait passé la balle, Philippe n’aurait pas pu interrompre mon déboulé ;
- La goujaterie d’un deuxième ligne adverse lors d’un renvoi, sautant sous mon nez pour happer la balle alors que j’avais crié "J’ai" depuis belle lurette.
3) Délires à Monte Cassino
C’est à la pizzeria de Monte Cassino que se conclut la matinée, après les apéritifs d’usage aux vestiaires, dont le whisky des braves offert par notre marqueur écossais.
Dès l’entrée de Francis, le silence se fait dans l’établissement. Rappelons qu’il avait autrefois, en ces lieux même, défié la chronique en narrant par le menu ses expériences pileuses intimes, tandis que les dames d’une tablée voisine dégustaient leur dessert, un entremets par bonheur au chocolat.
Va-t-il à nouveau tenir la salle en haleine ? Va-t-il apporter les précisions tant attendues ? A-t-il fait avancer le sujet de manière nobélisable ? Que non ! Après une prestation de toute beauté comme arbitre de touche, Francis maintient le suspense pour une prochaine occasion. Il se contente de commander des anchois avec quelques bricoles autour : c’est ce qu’il appelle la "vraie" pizza toulonnaise !
De même Stuart, pourtant longuement interrogé, laisse planer le doute sur ce que les écossais portent - ou ne portent pas - sous le kilt.
Est-ce l’effet du vin? Crus du Languedoc ou d’Italie, peu importe. A la troisième bouteille voilà mes compagnons de table qui, comme ceux de la veille, partent en plein délire. C’est surtout Patrice et Philippe qui croient se rappeler, en présence de Christophe qui ne dément pas, le jour où celui-ci les a emmenés, après un match, dans le château parental des Yvelines avec au programme, passé la grille d’entrée, voitures anciennes, cave de grands crus et bain de nuit en la piscine couverte. Peut-être est-ce dû aux cigarettes qui font rire trouvées ce soir là dans le taxi ? Peut-être est-ce vrai ? Saura-t-on un jour ?
A la pizzeria, après la glace maison dans laquelle le patron n’a pas pleuré la poire Williams puis le petit Limoncello accompagnant le café, je parierais gros que vont converger vers la piscine, nimbée de brumes automnales comme il se doit, la coquine Suzy et son piercing ombilical, la callipyge Laetitia et ses tatouages fessiers et… toutes les autres créatures de rêve cataloguées Pirelli, la veille, chez ce bon Pascal.
Il est malheureusement temps pour nous de rentrer at home pour le match de l’équipe de France contre les Îles du Pacifique et de retrouver la vahiné maison dont le string Petit-Bateau aura tôt fait de remettre la libido en place.
En deux jours et autant de prises de vins, je crois avoir bouclé le large tour d’horizon des préoccupations essentielles des membres les plus virils de L’EPINES ROSES® ! Ah ! Phantasmes d’après boire ! Quand vous nous tenez… !
MV Novembre 08