La Rubrique à Barde
Retrouvez dans cette rubrique les discours, communications et chansons de notre barde local, et profitons de l'internationalisation qu'offre Internet pour communiquer ces beaux textes au monde entier !Faut-il avoir du poil au c...?
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Direction Générale des Evènements
L'EPINES ROSES® en pleine bourre reçoit ses amis de la Peňa Zinzin, par un beau soleil printanier idéal pour des ébats rugbystiques. Un autre match étant prévu le lendemain contre les jeunes tiges du club, c'est une équipe réduite (17 joueurs) mais motivée en diable qui entre fièrement dans l'arène.
Notre capitaine Philippe nous met en confiance dès l'échauffement en nous rappelant les nombreux points faibles de l'adversaire: lourds et gaillards devant, puissants et rapides derrière avec deux bons demis très joueurs et un arrière inspiré au coup de pied de mammouth.
Rendus forts par ces certitudes, nous entrons dans le match avec entrain et dominons les premières minutes. Mais après cette entame folle, la massivité de l'adversaire nous ramène dans notre camp. Et il faut commencer à brasser de la viande, spécialité où s'illustre une première ligne de feu, Fred, Christophe et le Nono, que seule l'absence de tablier permet de distinguer d'un porteur de carcasses de l'abattoir régional.
Contre le vent, Philippe tente vainement de nous soulager par quelques coups de pied de rouge-gorge qui ont le mérite de ne pas nous faire perdre de terrain. Le jeu se déroule souvent sur notre aile droite où Francis doit s'employer, lui qui n'est pas un ailier de métier. Mais, je ne cesse de l'écrire, notre équipe a des vertus qui se révèlent dans l'adversité. Et nous refaisons bientôt surface.
Nous garderons tout le match notre esprit de corps et notre envie de jouer, en tenant des postes inhabituels et presque sans remplaçants alors que la Peňa s'est présentée à 25. La défense est acharnée contre bien plus lourds que nous. Derrière, où Philippe cornaque la paire inédite Yvon / Damien, on ne s'en laisse pas conter et la mule d'ascendance irlandaise est des plus rétives à laisser un passage. Et devant nous serrons les coudes avec quelques dégâts côté Guillaume et Xavier, que je vois sortir souriant aux anges et la tête entourée d'étoiles, comme dans une BD.
Nous sommes récompensés de toute cette débauche d'énergie par six beaux essais contre quatre à la Peňa. Philippe se taille la part du lion avec un fabuleux "hat-trick". Un essai que je ne vois pas, étant à la mine; un autre sur coup-franc rapidement joué et slalom spécial sur 20 mètres dans une défense médusée; un enfin de 20 cm en demi de mêlée au relais d'une flambée des avants écroulée à 15 cm de la ligne. Et avec feinte du renard préalable sur le grand côté, SVP.
Charles, mis en débordement deux fois, sème deux fois tout son monde ! Routine !… et Stephan, autre habitué des chroniques glorieuses de notre légion, fait de même sur une belle attaque menée depuis nos 22 mètres.
Et avec tout çà, quelques occasions manquées sous les yeux et le sifflet de notre jeune arbitre en tout point excellent ! Pour mémoire :
Jean-Seb, repris in-extremis pour une fois que les autres goinfres de ballons l'avaient servi; Manu, auteur de plusieurs spectaculaires percées plein cœur dans le dernier quart d'heure, suivies d'autant de passes de pizzaiolo;
Paul-Antoine, préférant l'aventure suicidaire d'un carambolage avec les gros au confort trop bourgeois d'un trois contre un;
Et moi, bloqué au dessus de la ligne (bras trop courts, pas merci maman) suite à un caviar servi sur lit de glace par Olivier. Royal derrière une mêlée chahutée, c'est ce même Olivier qui, après tant d'efforts ajoutés aux inévitables séquelles d'une nuit torride, est victime sur la fin de crampes à l'avoir raide à jamais.
Très à mon aise en n°8 sous les yeux attendris de notre bon Président, je suis bien forcé de dire, avec modestie, qu'André devra encore patienter quelques années aux portes de la folklo (ou racheter la licence - et alors là ouille! ouille! ouille!). * Voir note de fin
Après le traditionnel apéro en commun, cela se finit pour les épicuriens à la sympathique pizzeria Monte-Cassino où Francis déchaîné nous continue son numéro d'ailier funambule.
D'abord nous prenons tous la fameuse pizza Monte-Cassino, spécialité de la maison où le patron met un peu de tout. Pas assez car Francis, dans la longue liste des ingrédients, note l'absence d'anchois. Son sang méditerranéen ne fait qu'un tour ! De nombreuses autres pizzas ont des anchois mais il en faut dans toutes, qu'il dit, l'affreux ! Et il n'en démord pas, c'est le cas de le dire. Nous commandons donc tous des Monte-Cassino-anchois, que le patron promet de mettre à la future carte sous le nom de "pizza Francis".
Notre conversation, de haut niveau, traite tantôt des derniers progrès de la science, tantôt des nouveautés du domaine culturel. Est-ce ce dernier mot, réduit à sa première syllabe par un raccourci de la pensée ? Sont-ce les récents progrès des sciences occultes ? Mystère ! Mais voilà notre Francis qui soudain clame haut et fort qu'il se rase les poils du c…
Bien sûr, il s'ensuit un nouveau et passionnant débat qui prend le pas sur toutes les précédentes mièvreries. Chacun veut savoir et y va de sa question. Comment est-ce possible ? Dans quelle position ? A quelle fréquence ? Faut-il un(e) assistant(e) ? Est-ce douloureux ? Qu'en pense l'entourage ? Peut-on les récupérer pour en faire un tapis comme ceux, célèbres, de la petite Amélie ? Etc. Etc.
Il nous répond avec force détails et précisions tandis que les dames d'une tablée voisine, qui en sont au dessert, interrompent leur mastication pour ne pas en perdre une miette. Elles quittent la table avant nous, visiblement déstabilisées et sans doute impatientes d'effectuer certaines vérifications là où il se doit.
Pour se faire pardonner, Francis nous offre le vin, c'est bien la moindre des choses. Et après la grappa, toujours généreusement offerte par la maison, nous filons contents voir jouer les excellents cadets de Nico et Pascal. Et je sifflote en route ce refrain de l'immortelle chanson paillarde:
Faut-il avoir du poil au cul ?
Comment résoudre cette affaire ?
Les uns disent que c'est nécessaire,
Les autres que c'est superflu !
A l'issue du repas la question est bien entendu mise en délibéré ! Sine die…
MV mars 08
Note de dernière minute : il paraît que le Dédé, se sentant menacé, aurait décidé de renverser la tendance en scorant au moins quatre fois avec la première ce dimanche. Bien sûr, personne n'y croit et on attend de voir
Couleur d'orange
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"Un jour pourtant, un jour viendra, couleur d'orange
Un jour de palmes, un jour de feuillages aux fronts
Un jour d'épaules nues, où les gens s'aimeront… "
Le poème de Louis Aragon me trottait dans la tête à l'issue du beau match dont nous a régalé la première ce dimanche.
Car c'était dimanche des Rameaux et les lauriers étaient bien là sur les fronts boueux mais altiers des vainqueurs du jour.
La palme donc aux 22 joueurs qui ont su brillamment surmonter les doutes d'un mois de février qui, en cette année bissextile, a eu un jour de trop : celui de Corbeil.
76 points ! 12 essais ! Pute borgne !
Le petit-fils de Paul, préposé au planchot, a fait une indigestion d'arithmétique (mansuétude est demandée aux parents pour les devoirs de la semaine) et a pris des biceps de camionneur à force de manœuvrer les panneaux.
Cela avait le caractère inexorable du match fait à Puteaux. Les choses prises par le bon bout, un jeu simple et juste et une bonne alternance devant-derrière. Et tout devient alors tellement plus facile.
Enfin et aussi important que le reste, la solidarité pour ne rien céder lors du sursaut d'orgueil de l'adversaire, dans les cinq dernières minutes.
Félicitations au coaches pour cette remise en marche de la progression du groupe.
Un bon point aussi à la cohorte des supporters, nombreux et bruyants et que déchaînèrent des essais venus du Béarn ou du fils d'un joueur de la folklo. Le fils redore à cette occasion le blason de la famille passablement terni par la sulfureuse réputation récemment acquise par le père.
Belle fraternité en tous cas, et si çà continue pourquoi pas finir comme le poème :
"… Un jour d'épaules nues, où les gens s'aimeront
Un jour comme l'oiseau sur la plus haute branche."
Dans un halo orange, chiche qu'on confirme l'Ascension pour Pâques !
MV mars 08
Sauce piquante à Chilly !
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L'EPINES ROSES®, en pleine confiance après ses récents triomphes (voir nos précédentes chroniques), se déplace à Chilly par cette belle soirée à peine fraîche de février.
C'est lendemain de chandeleur mais, d'expérience, nous savons que les autochtones ne sont pas des crêpes que l'on retourne d'un gaillard coup de poignet avec un louis d'or bien serré dans la mimine. Mais plutôt de lourdes galettes parfois fourrées à la crème de marrons, façon Chilly-Sarrasin.
C'est ce que nous rappelle notre capitaine Philippe qui réclame dès le vestiaire d'imposer d'entrée notre densité physique rondelette. Il s'en faut de peu qu'il ne demande au "crazy canak" de nous refaire le même type d'échauffement que dimanche dernier.
Ce fou vient en effet de suivre un stage de perfectionnement à cette torture tout là-bas, près du Grand Lac de l'Ours, à te croire d'ailleurs poursuivi par la bête tellement çà va vite et avec des zigzags en plus pour dérouter le plantigrade. Heureusement les plus anciens, qui en ont vu d'autres, savent que devant l'ours la meilleure tactique consiste à faire le mort.
Bon ! Il s'agit tout de même de ne pas s'endormir sur nos lauriers; même si les espoirs fous que le mercato d'André avait fait naître à Epinay sont retombés, certains gardent encore la tête dans les étoiles. Certes, il n'est plus question de Ferrari mais ils se voient bien en Tata, la dernière merveille indienne, se consolant à l'idée qu'une Tata rouge çà a quand même une sacrée gueule et que çà peut faire illusion sur des minettes inexpérimentées.
Nous sommes nombreux derrière et devant, même si Fred constate avec tristesse que son donneur d'ordre pour les basses besognes est absent. Le bougre a dû fêter le succès de son opération "escargot" de la semaine en s'envoyant cinq ou six douzaines de petit-gris à l'ail, ce que les tripes les plus endurcies ont du mal à accepter.
Forts des conseils avisés de notre capitaine, nous rentrons dans ce match tambour-battant, mettant le feu aux quatre coins du terrain. Paul-Antoine ne tarde pas à faire parler la poudre, concluant une belle action collective par un plongeon de super-twelve, à l'horizontale dans le coin droit.
Dirigés par un arbitre local impeccable, orientés par une charnière inspirée (Olivier-Romain), c'est une première mi-temps appliquée, sérieuse mais très joueuse aussi que nous imposons à nos adversaires. Ces derniers, sont temporairement dépassés par l'enthousiasme et le rythme, n'ayant pas comme la dernière fois quelques renforts de l'équipe première.
Tout nous sourit et nous atteignons la mi-temps sur le score respectable de 5 à 1, Stephan au large (2 fois), Gérard au près et Jean-Seb dans une diagonale du fou étant les autres marqueurs. Et nous en laissons en route ! Yann s'illustre dans ce domaine en envoyant une pizza-sautebarde au malheureux Jean-Seb qui reçoit dans la seconde la garniture en pleine gueule sous la forme d'un troisième ligne-mozzarella et d'un centre-anchois épaulé par un ailier-câpres. Il reconnaît avec peine dans ce méli-mélo la moelleuse "napolitaine".
Malgré tout, nos adversaires sont loin d'être des manchots ! D'ailleurs dès que Philippe, impérial en numéro 8, nous quitte en fin de première mi-temps, victime d'un pépin que l'on souhaite sans gravité au genou (on ose espérer une simple crise de goutte !), ils profitent de la petite désorganisation qui s'ensuit pour marquer sur maul enfoncé.
Une action de jeu mérite d'être mise en exergue tant elle reflète l'admirable état d'esprit de notre groupe. L'adversaire fait un renvoi au centre particulièrement bien tapé : en cloche, très haut, juste dix mètres. N'écoutant que mon courage (*voir note), je réussis à prendre le cuir et dans le même temps la meute adverse hurlant à la mort.
Tandis que je recule, ne touchant presque plus le sol, j'ai le temps de voir mes partenaires, tous figés d'admiration devant un si beau spectacle. En parfaits équipiers, ils applaudiraient presque ! Thierry vient enfin dans ma direction mais, alors que je réussis à me dégager les bras pour lui passer la balle, voilà qu'il me fait le coup inédit du trappeur, étudié lors de son escapade canadienne : on fait croire que çà trappe, mais finalement çà trappe pas !
Force m'est de constater à cette occasion qu'il y a parfois, dans la vie, de grands moments de solitude.
Puis les troupes fraîches rentrées à la mi-temps nous permettent de gérer assez sereinement jusqu'à la fin qui survient sur le score de 7 à 3, le jeu s'étant équilibré. Charles marque son traditionnel essai ainsi que Stéphan, insatiable, après une percée où Alain lâche les chevaux.
Parmi tous nos héros du deuxième acte, il convient de citer à l'ordre du mérite les deux obscurs piliers fraîchement rentrés, Nono pogne-d'enclume et Pascal bras-de-fonte, qui soulèvent Gérard comme ils le feraient d'une danseuse du Bolchoï, tutu en moins et poils en plus. Ainsi que Grand-Louis, monstrueux à la percussion au ras, à la récupération et même à l'étranglement, qui éclabousse le match de son talent naissant.
Mais le talent d'or de ce match revient bien entendu à Stephan, auteur d'un hat-trick de légende. A un confrère de la radio venu l'interviewer sous la douche il confie, modeste, des choses convenues du genre :
"Mes qualités personnelles : vista, adresse, vitesse, puissance, détermination, engagement… j'en oublie c'est l'émotion, n'y sont pas pour grand chose; c'est avant tout le travail de toute une équipe."
Avant d'être happé par un sponsor qui, je suppose, lui propose de porter des chaussures de couleur orange pour le prochain match.
Tout s'achève par une troisième mi-temps classique, bouffe et chansons, à l'issue de laquelle Nono sacrifie une nouvelle fois son grand corps meurtri pour le bien de l'équipe. Peu après être sorti du parking, il immobilise à lui seul une escouade de gendarmerie tandis que ses complices se diluent dans la nuit étoilée. Fixant bien la route, je contourne l'attroupement sans envier notre brave qui vit, à son tour, son grand moment de solitude !
MV février 08
Note : Ce courage m'avait déjà valu quelques citations militaires, notamment au bas d'une pétition pour l'amélioration de la cantine. Il vient de me mériter la médaille "grand or" du travail que j'arborais fièrement à mon revers à la dernière réunion du bureau, sous les regards ébahis des oisifs.
Le Président, après avoir fait asseoir à sa droite ce héros au sourire si doux, n'a pas tardé à se montrer jaloux de la breloque en glissant, perfide, que çà me donnait un air "Soviet suprême". Sans doute, Monsieur le Président, mais c'est parce que j'ai abattu un travail de stakhanoviste !
L'EPINES® épate à Epinay !
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Çà s'appelle Epinay et c'est déjà presque un crime de lèse-majesté ! Pourquoi ne pas pousser le toupet jusqu'à Epinay-sur-Roses ? Mais c'est seulement Epinay-sur-Orge, comme le sucre des grands gourmands. C'est donc chez ces quasi-usurpateurs de nom que nos gaillardes épines se doivent de rendre justice et montrer qu'en la matière il n'y a de piquants que ceux de L'EPINES ROSES®.
Nous déplorons quelques grands absents, habitués de ces joutes. Notre "barbiere di qualità" et entraîneur, parti au pays des Caribous après avoir lu dans une revue cochonne du salon que les Inuits offraient leurs femmes enduites de graisse de phoque au premier visiteur venu. Et, en prime avec la femme, l'incontournable chien, du labrador bien sûr, actif et fortement couillu.
Et notre Pascal, sans doute retenu par un cours de percussions sonores; et notre Tortue, sans doute retenue par un cours de flûte traversière; et notre Christophe de derrière en délicatesse avec son mollet, et notre Patrice avec sa cuisse douloureuse malgré les cataplasmes de Vouvray, et notre Martial en remontant toujours plus haut vers l'origine des petites misères. Sans compter notre Philippe de devant qui nous a fait parvenir un poignant mais peu crédible mot d'excuse. Et les autres… inexcusables !
Heureusement, le Philippe de derrière est lui bien là, de retour des tropiques. Il a réussi à s'extirper de la marmite où ces sauvages comptaient l'accommoder, rempli de rhum et badigeonné au brou de noix, selon la tradition. Au déshabillage, il tente de faire croire à un bronzage naturel, mais personne n'est dupe.
Un peu d'inquiétude à l'échauffement car on est sans nouvelle de quelques retardataires. Ces fieffés ignorants, qui ne connaissent l'Orge que par le malt de la Kro 1664, ont dû sortir par l'autoroute de l'est, direction l'Alsace. Enfin récupérés, nous sommes une vingtaine au coup d'envoi, par un petit soir frisquet mais idéal pour le rugby, tout comme l'est le terrain.
La dream-team engagée dans cette aventure se compose de (pardon si j'en oublie tant le plateau est riche): Jean-Louis, Christophe, Nono, Fred, Charles, Paul, Gérard, Xavier, Jacques, Guillaume et moi-même chez les redoutables avants; Philippe, Sébastien, Olivier, Paul-Antoine, Stéphane, Jean-Seb, Damien et Alain chez les redoutés arrières.
Nos adversaires du jour sont eux aussi venus en nombre et nous reconnaissons quelques bonnes bouilles du match de dimanche dernier, celui qui a précédé l'évènement de ce jour-là, le pot d'anniversaire du toujours jeune Duduche. Et c'était quelque chose !… Quoi que j'aurais à redire sur "l'aphrodisiaqueté" d'un certain pastis, de mon vécu un peu surfaite. Et je réfute d'entrée vos faciles commentaires considérant mon cas comme désespéré !
Et c'est parti ! Dur, dur ! Nous avons du mal à nous organiser en début de match tant nous sommes pris à la gorge par des adversaires survoltés et de surcroît bons joueurs. Nous passons un petit quart d'heure sans voir le ballon et encaissons un essai pas franchement volé.
Mais c'est dans l'adversité que nous retrouvons toutes nos vertus et entre autre celle de rester solidaires et de ne pas s'affoler bien qu'étant souvent pénalisés. Petit à petit on se refait la cerise, le jeu s'équilibre puis tourne à notre avantage. Sébastien marque un bel essai à l'issu d'une action à rebondissement ou avants et trois-quarts participent à un mouvement d'envergure. Et c'est la mi-temps sur le score de 1 à 1, reflétant bien la physionomie de ce match animé, engagé mais très correct.
Peu avant la mi-temps nous recevons sur la touche le renfort vocal d'André. Il vient en voisin terminer son mercato d'hiver et voir quelles pépites peuvent encore se nicher dans nos rangs. Chacun pense avoir sa chance et se prépare à la question piège : "Quand as-tu marqué pour la dernière fois ?" à laquelle il convient de ne pas répondre en faisant le loup. La présence d'André offre deux avantages.
Le premier, pratique : connaissant le tout-Epinay sur le bout des doigts, il met une pression d'enfer sur la population locale, joueurs, spectateurs et arbitre confondus. Ce dernier, une de ses vieilles connaissances, répartit un peu mieux les pénalités et de plutôt bon devient franchement meilleur.
Le second, théorique : nous notons, à hauteur de son pectoral gauche, une forme rectangulaire de la taille d'un carnet de chèque et certains croient leur heure venue de rejoindre l'élite. Les plus ambitieux en sont quasiment au choix de la couleur de la Ferrari : jaune ou rouge ? Pourquoi pas rose ? Avec en paquet-cadeau Bonux, dans le siège passager, une miss cresson d'Essonne recrutée par Madame… de Fontenay en personne, çà ne s'invente pas.
Cette perspective galvanise nos joueurs au point que nous réussissons une entame de seconde mi-temps de grande qualité. Pendant vingt minutes nous survolons le match, jouant juste sur tous les registres et marquant coup sur coup trois essais. Et quels essais !
Sur une belle attaque c'est d'abord Paul-Antoine en position d'ailier, décalé sur la passe par un deux-contre-deux joué au scalpel par Olivier. Puis Charles qui s'extirpe de la meute adverse si vite qu'on croirait un trimaran dans une course de pédalos. Enfin Philippe dans un numéro de jongleur birman, catapulté par une poussée collective au-delà de la ligne.
Nous reposant un peu trop sur nos lauriers devant des adversaires toujours aussi entreprenants, nous encaissons sur la fin deux essais avant que ne survienne l'ultime anecdote… piquante, mais peut-il en être autrement avec L'EPINES ® ?
Je vous sens saliver ! Vous voudriez savoir, hein ? Bon, il se fait tard, je crache le morceau.
Vous le trouvez comment Christophe ces derniers temps ? Ah bon ! Vous aussi ? Il serait travaillé par un réseau islamiste pour aller guerroyer en Afghanistan que je n'en serais qu'à moitié surpris.
Faut vous dire que le numéro 2 d'Epinay, bien que jouant au centre, est du genre à chercher gazaille, l'un des rares d'ailleurs dans cette sympathique équipe. Christophe adore les numéros 2, avec un penchant prononcé pour ceux qui cherchent gazaille. Mais les postes respectifs sur ce match font que les rencontres restent trop rares à son goût. Frustré, il lance alors dans les dernières minutes une fatwa à laquelle il rallie quelques compères de circonstance.
Et c'est au terme d'une courte traque que Fred le premier a le bonheur de jointer l'insolent et de le poivrer en finesse, façon baies roses, leur tête-à-tête initial se poursuivant quelques secondes au sol par un torride corps à corps.
Sur ces entrefaites, rideau de l'arbitre ! Et très probante victoire 4 à 3 devant ce valeureux adversaire, aux joueurs expérimentés largement chambrés sous la douche par un André aux anges.
Ce qui ne les empêche pas de nous recevoir très cordialement dans leur attachant hangar-club-house de la Ville-aux-Bois où bonne bouffe et bonne ambiance donnent une troisième mi-temps très réussie et des désirs de retrouvailles.
La sortie est tardive, sans faim ni soif. J'ai trouvé la fève dans la galette. Et c'est avec la couronne de roi dêque sur la tête que, suivant aveuglément le taxi bondé de Christophe, j'emmanche la N20 dans le mauvais sens et me retrouve pratiquement à Etampes avant de m'en apercevoir.
Vous le trouvez comment Christophe ces derniers temps ? Ah bon ! Vous aussi ?
MV janvier 08
Je prendrais bien un petit jaune !
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Il est des week-ends de bonheur par des vrais temps pourris d'automne, où tous les soleils et cocotiers du monde ne peuvent produire pareille impression de bien-être et de bien-vivre. Celui-là en est un !
Il commence dès le samedi matin avec l'Epines Roses, plus turgescente que jamais, qui défie sur son pré les folklos de L'OP XV. En guise de folklos, ces derniers ont envoyé une compagnie de jeunes perdreaux nous rendant bien cinq à dix ans de barrique encadrés par quelques vénérables anciens réputés pour un jeu au sol sans faille.
Jean-Louis, notre vénéré coach (à qui je rappelle que mon nom doit s'écrire sans "s" sur la feuille de match) arbitre une première mi-temps assez équilibrée de manière si impartiale qu'il me laisse à la pose une situation quasi désespérée, l'adversaire menant déjà deux essais à rien. Un essai marqué d'entrée de jeu qui aurait dû être refusé car rien ne doit être comptabilisé tant que nos diesels ne sont pas chauds et un autre anecdotique, entaché de multiples hors-jeu de nos joueurs qui n'auraient dû profiter qu'à nous.
Je prends donc le sifflet et nous entamons une course poursuite facilitée par les multiples fautes d'une équipe adverse qui se lâche un peu trop. Pas moins de trois cathédrales et quelques placages hauts mettent nos nerfs à rude épreuve. Même Jacques, d'ordinaire si bon apôtre, se laisse aller dans un tête-à-tête musclé.
Nous remontons au score grâce à un beau mouvement d'avants suivi une envolée de toute la ligne de trois-quarts qui met Philippe C. en débordement. Il raffûte avec une énergie surprenante pour sa nouvelle catégorie des "lourds-légers" et marque en coin. Nous dominons alors copieusement et égalisons par Gérard qui se retrouve dans l'en-but à l'issu d'un maul tourbillonnant ayant donné le tournis à tout le monde avant qu'il ne s'en libère, à la surprise générale, la mienne entre autre.
C'est peu après que se produit le fait du match. Occupé dans une âpre lutte à terre autour du bout de cuir, voilà notre Jean-Louis qui se fait traiter de "…" et même de "…" par un adversaire fin connaisseur en la matière. Il sort alors de derrière les fagots une droite de bonne facture qui déclenche un début de riposte suivie une musclagne générale entre les avants.
C'est dans ces circonstances vénéneuses que se révèle le sain esprit de corps qui anime notre groupe. Sous la conduite peu modératrice du plus grand nombre, la charge vengeresse de la brigade lourde nous fait gagner dix bons mètres alors que le ballon est déjà depuis longtemps dans les mains des trois-quarts. Match interrompu !
Dans un tel cas, je fais bien entendu appel à l'arbitrage vidéo. Je distingue nettement, en lisant sur les lèvres, les termes prononcés de "…" et même de "……". Mais, en mon âme et conscience, j'estime qu'ils reflètent d'assez près la réalité, surtout "……" d'ailleurs.
Pour Jean-Louis, je n'ai pas le choix ! C'est le jaune sans discussion, limite rouge, pour "nervosité répétée du poing droit non proportionnée à la faute originelle". Dans mon impartialité, je sors aussi le jaune pour l'agresseur verbal qui n'a pourtant fait qu'exprimer à voix haute une opinion largement répandue.
Après la douche, nous nous retrouvons une petite dizaine à la pizzéria d'en bas. Il y a là Yann, Paul, Paul-Antoine, Olivier, Jacques enfin calmé, Christophe notre conscience de convive et Philippe notre capitaine marqueur, en grande forme. Il nous relate l'intense pression liée à son statut de jeune marié. Le malheureux est contraint, chaque matin que Dieu fait, à partir de cinq heures, soit à brûler des graisses, soit à faire du muscle, en alternance et sur différents engins de torture. Nous en restons comme deux ronds de flan !
Brûler des graisses de bon matin, la plupart autour de la table s'y connaissent, notamment pour avoir poêlé du bacon de cul-noir qui va si bien avec des œufs "over easy". Mais il nous explique que nous n'y sommes pas, nous parle de rythmes cardiaques à quatre chiffres avant la virgule, de courbes de récupération logarithmiques etc., etc. Je me tourne vers l'homme de la faculté pour voir sa réaction. Il semble perplexe mais pas hostile ! Nous décidons de lui confier un buzzer virtuel pour qu'il puisse sonner l'alerte au cas où l'orateur s'écarterait des dogmes scientifiques établis.
Faire du muscle de bon matin, la plupart autour de la table s'y connaissent aussi, notamment pour ces petites érections qu'un accueil chaleureux de la dame, à l'heure où Paris s'éveille, finit toujours par calmer et rapidement. Mais il nous explique que nous n'y sommes toujours pas, nous parle de décibels sanguins à deux chiffres après la virgule, de courbes de densification musculaire exponentielles etc., etc. Arc-bouté sur son buzzer l'homme de l'art hésite à censurer ces théories révolutionnaires.
Suit un exposé sur les trois méthodes qui permettent d'éviter les ronflements nocturnes. La nature technique et anatomique du propos fait que je décroche parfois, comptant sur le klaxon pour éviter les contre-vérités. Je réalise soudain qu'il n'a pas toujours pas sonné et me tourne vers Christophe. Je constate alors qu'après avoir enchristé la Grappa di Prosecco obligeamment et généreusement servie par l'aubergiste, il s'est quelque peu assoupi. Je crois même entendre un léger ronflement, un comble dans le contexte !
Tout çà pour vous dire qu'on passe un excellent moment. Pour faciliter la digestion, nous allons ensuite voir jouer les jeunes pousses qui ont bien du mérite, ainsi que leurs accompagnateurs tant le ciel leur fait de misères. Et en plus çà joue juste et bien s'il vous plaît ! Bravo ! A l'heure du goûter, Anne et Emmanuelle m'offrent gentiment un coca-cola que je n'ose pas prendre, craignant de priver les enfants.
Après être passé au contrôle de ravitaillement pour récupérer charcuterie, fromages et Chardonnay, je vais au téléthon sur le coup de 18h, comme convenu. On me poste à la guérite d’entrée des tribunes du gymnase où notre bon président Philippe ne tarde ni à me rejoindre ni à accepter l'offre rituelle de rillettes de bienvenue. Puis arrive Pascal qui a aussi pu attraper une musette à la volée au contrôle de ravitaillement. Il faut dire qu’avec sa technique il les manque rarement.
Pour d’obscures raisons notre rôle a été limité cette année au simple contrôle des spectateurs déjà tamponnés à la guérite d’entrée du bas. Les tamponneurs postés là manquent totalement d’imagination : de superbes jeunes filles nous montrent hardiment le dos de la main ou la paume revêtues du cachet réglementaire. Et c’est avec nostalgie que nous ressassons les années précédentes, quand nous avions encore droit de tampon et que les mêmes se pressaient pour faire composter fesses, seins et hauts de cuisse.
Le président de l’ASF nous fait l’honneur d’un petit bonjour et quitte avec regret le pot de rillettes pour aller satisfaire à des obligations moins gouleyantes en salle.
La présence exceptionnelle de la chorale du rugby ayant été largement publicisé par voie d’affiche, c’est avec soulagement que nous voyons arriver des renforts. Jean-Louis d’abord, tout tourneboulé par son petit jaune puis Didier, Patrice et enfin Patrick et Christophe, l'intraitable traiteur et sa caution médicale, extraits pour la circonstance d'une de leurs orgies hebdomadaires.
La répétition générale n’ayant pu avoir lieu en mon logis, nous décidons de nous échauffer la voix sur place. Par malchance il pleut dehors et dedans les tam-tams africains nous chauffent la salle dans un vacarme d’apocalypse. Nous nous réfugions alors dans les toilettes où nous commençons nos vocalises dans un confort précaire.
Par modestie, je dirai peu de notre performance "live" si ce n’est qu’elle est égale, voire supérieure à celle des années précédentes. Après les longs rappels, nous signons les traditionnels autographes et dédicaçons porte-jarretelles et gaines de fort calibre lancés du haut des tribunes par nos admiratrices du club du troisième âge, au bord de la crise de nerf.
Patrick et Christophe profitent de l'agitation pour retourner à leurs occupations gastriques. Ils font bien car c'est alors que nous sommes pris dans une rafle soudaine dont nous ne connaissons que trop bien la destination finale : les caveaux de torture de la rue de la République où nous sommes conduits manu militari.
Patrice réussit à s'échapper un instant mais il est finalement repris avec, circonstance aggravante, une bouteille de Vouvray dans un sac en plastique. A dix heures du soir, l'infortuné a beau prétendre que cet onguent est destiné à des compresses sur une cuisse douloureuse, sa plaidoirie ne convainc pas les rabatteurs. Il nous rejoint donc bientôt sur place et nous constatons avec soulagement qu'il a toujours mal à la cuisse, n'ayant pas abusé des compresses.
Bon ! Une torture chez les Rouche, çà ne se raconte pas, çà se vit ! Et je ne vais pas vous relater les moments pénibles que les six membres restants de la chorale ont enduré ni les dilatations stomacales irréversibles qui en ont résulté. Mais les plus hardis d'entre nous ont pu entrevoir des plans inquiétants. Il semblerait que les méthodes artisanales de la rue de la République soient dépassées et qu'il s'agirait bientôt de passer au stade industriel dans des locaux spécialement aménagés à cet effet au Plessis-Robinson, en grand secret.
Minuit passé, nous parvenons enfin à tromper la vigilance de notre hôte et reprenons le chemin de la maison, chacun ruminant la meilleure manière de traiter la crise en rentrant. Arrivé vers Antony, Jean-Louis qui me précède fait soudain demi-tour, comme un qui aurait besoin de tirer des bords pour peaufiner un alibi avant de se glisser dans les toiles.
C'est alors que je pense à la dernière bouteille de rouge abandonnée sur la table. Un "il y retourne pour se l'encarafer avec le Pascal" me traverse l'esprit puis je me dis, fataliste, "finalement, si c'est çà, il aura bien mérité le rouge aujourd'hui !"
Et le dimanche, cerise sur le gâteau, c'est la belle victoire de la première contre nos dauphins avec les coaches en figure de proue : Damien presque aussi fort au pied que Don Clarke dans la tourmente de Wellington en août 61 et André sentant parfaitement les coups de son nez dilaté. Bravo les gars !
Vous avez dit week-end pourri ? Où étiez-vous ?
MV décembre 07
Tous ensemble ! Ouais ! Ouais !
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Belle initiative que celle de nos coaches vénérés : profiter d'un dimanche de repos pour faire une revue d'effectifs de notre invaincue équipe fanion, en particulier pour ceux qui jusque là n'ont pas eu beaucoup de temps de jeu, et de notre pétulante équipe folklos, en particulier pour ceux qui ont déjà énormément de temps de jeu, mais ne s'en lassent pas.
Un franc succès aussi puisque 55 joueurs se retrouvent sur le pré malgré un petit temps frisquet qui aurait pu inciter les moins aguerris à rester sous la couette dans des postures d'artilleurs. Mais, pour ceux de ma génération qui dans les âges glaciaires du Limousin devaient faire fuir quelques ours blancs avant d'entrer sur la pelouse, le froid n'est jamais un problème car il est promesse de vin chaud-canelle.
Un public de connaisseurs emmitouflés, descendant en droite ligne des "gros pardessus" de jadis, nous prodigue ses encouragements. On distingue sous sa casquette notre bon président, venu se réjouir de la belle vitalité du club dans les hautes tranches d'âge. A ses côtés et sous son bonnet bleu notre coach André venu superviser les futures stars des séniors et dénicher un éventuel joker de luxe chez les folklos, le temps d'une p'tite pige.
Trois équipes (dont deux folklos avec remplaçants SVP !), un tournoi en trois tiers temps d'environ une demi-heure, un jeu débridé et plein d'enthousiasme. L'appétit et la volonté d'apprendre chez les plus jeunes, encadrés par quelques galonnés, avec Damien circulant dans les lignes et donnant ses conseils d'expert pour éviter l'infamant zèbre. La soif (légendaire) et le plaisir de jouer ensemble chez les folklos, ciments sans pareil d'une équipe qui, à défaut de zèbre, fait apprécier le mordant de ses expérimentés crocodiles et la griffe de ses vétérans lions qui ne craignent guère en novembre que le beaujolais nouveau.
Plus que jamais ce beau constat est à l'ordre du jour : le rugby aide les plus jeunes à devenir plus vite responsables et les plus anciens à rester plus longtemps enfants. Et si, tout jeune, le rugby nous a fait comprendre l'importance de nos muscles et des camarades, l'expérience conviviale a fait comprendre aux folklos que du muscle provenait aussi de la camaraderie.
Les scores dès lors n'ont que peu d'importance, chaque équipe ayant gagné une fois et s'étant fait plaisir deux fois, sous l'arbitrage de vieux briscard de notre jeune arbitre et mes propres erreurs de jeunesse dans cet art délicat.
Je regarde souvent, au-dessus de mon bureau, la photo de l'automne 2004 à Gif-sur-Yvette, là où tout a commencé. Sur un fond somptueux d'arbres en tenue de saison et sous le haut patronage de notre bon président on y retrouve Vincent, Ben, Babi, Nicolas C., Jonatan maintenant en séniors et Jean-Louis, Philippe C., Didier, Damien (2SH), Christophe G, Patrice, Alain, Martial et moi, piliers fondateurs de la folklo.
Trois ans ! C'est si loin et pourtant hier ! Qui aurait parié à l'époque sur ce match de dimanche dernier à plus de 50 ? Suivi du traditionnel apéri+ dans notre local qui se déguise soudain en club-house de rêve.
Une expérience à renouveler en tout cas. Oh ! J'aime tant le temps qui vient !
MV novembre 07
11 novembre : Fête des victoires
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"NON" que répond d'abord l'Epines Roses qui, inflexible autant qu'inoxydable, pique encore dès samedi. L'adversaire, les "Globe-trotters", n'est pourtant pas venu la fleur au fusil et aligne un bataillon de vieux guerriers endurcis au feu renforcés par quelques bleu-bites de bonne lignée. Leur déception est réelle au coup de sifflet final, sur le coup de midi, quand tous les carillons de Paris se mettent à sonner pour célébrer notre victoire.
Tout commence pourtant mollement, le premier coup de canon de Jonatan rencontrant la bedaine d'un lourdaud fantassin ennemi qui n'a plus qu'à se vautrer dans notre en-but. Mais le fils de notre dirigeant Grand Louis le Bien-Aimé n'en est pas à sa première traîtrise*. A l'issu du match, on aurait vu le père et le fils charger dans leur véhicule le produit liquide de quelque louche transaction. Après le tennis, voilà notre beau sport à son tour gangréné…
Notre égalisation arrive suite à un beau mouvement de troupe d'avants jouant dans les intervalles et amenant une mêlée fermée d'où s'arrache Philippe. C'est alors que nous subissons le feu de l'arbitre en prenant un essai de pénalité. Parfaitement injustifié, jugez plutôt : lors d'un maul pénétrant de l'adversaire, Christophe, sapeur émérite maintes fois cité au combat, besogne habilement à tendre des barbelés devant notre ligne.
Avec un art consommé il essaye d'abord vainement d'écrouler la vague puis, à peine relevé, rentre en bourdon butineur sur le côté droit. Il y reçoit un accueil peu cordial. Dans un souci d'équilibre, il file alors chercher gazaille sur le côté gauche où il s'infiltre en couille-de-loup. Enfin, pour parachever son œuvre, il écroule le tout pour de bon, au simple constat de bon sens que ses précédentes tentatives ne donnaient pas entière satisfaction. Du cousu-main, hélas bien mal récompensé !
Ecœurés, nous prenons un troisième essai-gag, du genre de celui des dinos de Maurepas*, sauf que le hold-up a lieu cette fois en plein jour. L'avant qui s'échappe en douce avec le ballon d'un maul anodin à mi-terrain finit donc par être repéré avant d'avoir fait vingt mètres par un des vigilants guetteurs de nos lignes arrières. Pris immédiatement en chasse, il est bien près d'être abattu avant la ligne derrière laquelle il finit par se pelotonner. Ce 3-1 nous fait mal, car sans jouer le début de match de folie de Marcoussis, on est plutôt bien.
Heureusement, grâce à un troisième tiers-temps où notre condition physique et notre entrain font la différence, nous marquons trois beaux essais et finissons par l'emporter logiquement 4 à 3. Pour l'anecdote, Bat s'illustre par une amorce de pugilat avec un pilier adverse ce qui vaut aux deux belligérants une exclusion temporaire pour "nervosité", selon les notes de l'arbitre. Et Yvon, pour une fois, nous concocte sur son aile des vendanges tardives si réussies que tout le vignoble d'Alsace va lui en demander le secret. Le Gewurtz devrait pas être mal cette année !
Sonnez Trompettes ! La bouffe est prête ! Nos adversaires, braves parmi les braves, ne sont pas rancuniers et comme d'habitude nous accueillent à quarts et gamelles pleines dans leur sympathique bistrot de la rue Tolbiac, autour d'un gigot / gratin dauphinois que peu de bivouacs ont connu le même !
Bon, et la première dimanche me direz nous. Quelle était la question déjà ? Ah oui :
NON, qu'a répondu la première en écho aux folklos en faisant parler la poudre du dimanche après-midi. 43 à 0 ! Un bien beau score et un bon match face à un adversaire modeste mais vaillant tenu à flot, malgré les soutes pleines, par quelques solides individualités.
De très beaux mouvements tant des avants que des arrières et un suspens rapidement tué. Une grande variété d'essais avec une première ligne toujours vorace dans cet exercice et des ailes de feu et le reste à l'avenant. Et un niveau physique de l'ensemble qui contrastait avec l'usure de l'adversaire dès la mi-temps.
Pourtant l'impression générale tout en restant sur une note extrêmement plaisante était moins "saisissante" que les dimanches précédents. Se référant à la précédente chronique à fort relent culinaire André disait avec justesse que le plat du jour était "sucré/salé". Ressentant la même chose, je me suis demandé pourquoi et vais tenter d'y apporter mes réponses. Quel rabat-joie !
Je ne peux parler qu'en tant que spectateur et l'impression du spectateur est avant tout statistique. En cela, elle peut différer totalement de celle du joueur.
De toute évidence, notre équipe aime attaquer et on aime qu'elle aime çà. Pour avoir dans ce domaine beaucoup tenté, énormément tenté, même dans des situations où le succès de l'entreprise était peu probable, le ratio choses réussies / choses tentées a été plus faible ce dimanche que lors des matches précédents, surtout Puteaux, référence en la matière. Il existe donc une petite marge de progression vers une répartition plus maîtrisée des efforts… mais sans perdre la flamme d'une possible relance de folie… mais de temps en temps seulement. Pas si simple !
L'autre axe de progression qui m'apparaît en temps que spectateur va vers une meilleure "intériorisation" des temps faibles. Ceux qui font suite à des erreurs individuelles mettant l'équipe sur la défensive. Et il y en a, forcément. Ou ceux qui font suite des erreurs d'arbitrage vécues comme des injustices. Et il y en a, évidemment. Rester dans le match, oublier de suite pour se reconcentrer sur le jeu à venir sont des attitudes basiques bien connues mais là aussi, pour la mise en pratique collective, pas si simple !
C'est vrai qu'à la relecture mon truc fait un peu conversation autour du zinc, le seul métal conducteur d'amitié disait Blondin. Mais puisqu'il paraît qu'on apprend seulement dans la défaite et que vous ne perdez pas, il me faut bien tenter quelque chose, de là où je me trouve. C'est vrai aussi que la vérité se trouve rarement autour du zinc et surtout pas celle du terrain. Qui sait si le sel détecté aujourd'hui ne sera pas demain le piment qui vous permettra d'aller toujours plus loin ?
Alors bravo pour dimanche mais n'oubliez pas que les vieux grognards folklos vous avaient montré la voie dès samedi en mettant Paris à leurs genoux. Sans compter les jeunes du club aussi sur la brèche samedi et les poussins que Thierry faisait piallouner dimanche à Bagneux, en parallèle de vos exploits.
Et tout çà vit bien.
Non, nous ne pouvions pas perdre en cette fête des victoires !
* voir la chronique: Odyssée Lacanau
** voir la chronique: Jurassic Park à Elancourt
MV novembre 07
J'en ai goûté : c'est bon !
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Direction Générale des Evènements
Je n'ai pas le compliment culinaire facile et il faut du lourd et du bon pour que j'approuve, genre Pouteille chez les Rouche, tête de veau gribiche au café de la gare de Fontenay ou wagon-restaurant du train de Lacanau.
Mais il faut reconnaître que l'équipe première nous a bien régalés sur les trois dernières rencontres qu'il m'a été donné de voir depuis mon retour de vacances.
Je n'ai en effet pas pu profiter de l'apéritif / amuse-gueule contre Champs-sur-Marne mais bon, c'était juste l'apéro et au vu des performances des folklos chaque dimanche midi dans cet exercice, le risque me paraissait faible.
J'ai donc attaqué directement par la mise en bouche de Chalons où la proposition du chef local, morceau d'une finesse discutable à mon goût, a été déglutie au mérite et dans la douleur. En parlant un peu trop en mangeant aux dires de l'arbitre, ce qui n'est jamais très bon et donne du hoquet au sifflet. Mais encore fallait-il se l'avaler ce morceau avec notre équipe en pleine construction et montrer pour cela de l'appétit, de la vaillance et l'envie de ne pas lâcher dans cette fin terrible sous nos poteaux. D'autres équipes mangeront à Chalons, mais je crains pour elles qu'il s'agisse de manger chaud !
Le hors d'œuvre à domicile contre le Blanc-Mesnil pouvait lui se déguster chaud ou froid tant à aucun moment l'équipe n'a paru en difficulté. Jouant à l'endroit avec une mayonnaise bien prise et bien huilée, on sentait que les bulots d'en face avait du souci à se faire, qu'ils sortent ou qu'ils restent dans leur coquille. C'est tout le plateau de la victoire servi sur lit d'algues et glace qu'on s'est bouffé, assez tranquilles, en gardant la pince de tourteau d'un essai de gros pour la fin.
Per primi piatti, comme disent ces gourmands d'italiens, on s'offre picatta à Puteaux, bien réussie ma foi. Avec à nouveau le match pris par le bon bout et une première demi-heure d'une sérénité impressionnante, même si le score ne le reflète que partiellement. Une petite alerte avant la pause, comme une bouchée qui passe de travers, et puis de nouveau le coup de fourchette agile que donne un physique supérieur. Et on se permet même de saucer jusqu'au bout, avec une dernière mouillette à la dernière minute. Faut rien laisser perdre dans l'assiette !
Dire qu'il reste encore les trois-quarts du festin à faire! Le bon public gourmand et jamais rassasié en redemande. Pas étonnant puisque l'appétit vient, dit-on, en mangeant. Toute une contradiction quand par ailleurs pour gagner il convient se battre comme des morts de faim.
C'est aux coaches de gérer cette contradiction et d'éviter la somnolence qui guette toujours au milieu d'un trop bon repas. Alors faisons confiance à André et Damien pour garder comme ils ont su les mettre cette fraîcheur… et ce mordant.
MV novembre 07
Eloge des premières lignes
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Direction Générale des Evènements
Aux fauteuils d'orchestre, comme en parlait savamment le brave et regretté Amédée Domenech, illustre païs natif de Bort-les-Orgues, opère une race bien particulière d'individus.
Leur modestie de faire partie des humbles machinistes de l'opéra, ceux qui se sacrifient pour faire briller les "danseuses" en tutu et leurs partenaires en justaucorps, fait qu'ils ne parlent pas beaucoup et que leurs mots ont d'autant plus de poids.
Leur fierté de faire partie des combattants, ceux qui savent ce que ligne de front et bataille de tranchée veulent dire, fait que leurs yeux parlent pour eux et que leur expression a d'autant plus d'âme.
Ils ont la mine patibulaire des mauvais garçons, ceux qu'on ne connaît pas et qu'on ne souhaite pas croiser le soir en rentrant bourgeoisement dans ses pénates après un copieux gueuleton.
Mais le sourire canaille et rassurant des bons garçons, ceux qu'on connaît et qu'on aime avoir à ses côtés pour traverser le marigot de la vie, infesté de crocodiles comme se doit de l'être tout bon marigot.
Les autres joueurs ne m'en voudront pas, c'est avec le plus grand respect qu'il nous faut saluer la performance de la première ligne de l'équipe sénior qui, en dehors de sa partition habituelle - percussions, pénétrations, étayages, déblayages, parfois même uppercuts…- prend aussi du plaisir à marquer des essais. Et goulument la bougresse !
Venant après ceux de David l'an dernier, dont un "pick and go" d'école sous les poteaux m'est resté en mémoire, voilà-t-y pas que les autres s'illustrent à leur tour lors les deux derniers matches.
C'est tout d'abord Christophe, bourreau de Châlons-en-Champagne, qui marque à dix minutes de la fin l'essai de la gagne. Et pas n'importe quel essai ! En soutien en bout de ligne d'une relance de trois-quarts de plus de soixante mètres pour nous faire le coup du goupil* sur le petit côté. Ceci après avoir joué tout le match avec un cœur de junior. Et encore assez de jus, au coup de sifflet final, pour traverser le terrain à la vitesse d'un cheval au galop pour une accolade bien méritée.
C'est aujourd'hui Nico qui, sur une aile où il s'était opportunément embusqué, reprend au vol un modèle de passe au pied et s'arrache sur les dix derniers mètres pour nous mettre le dernier essai. Un de ces essais de junior qui marque une vie de pilier et qu'il reverra souvent dans ses rêves. Quand il sera plus grand.
Alors, Messieurs, comme le chantait Barbara, pour tant de bonheur merci et chapeau bas !
* futé animal communément appelé renard.
MV octobre 07
Arbitrage à Marcoussis
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Arbitre ! Ah ! Quel beau métier !
Ecouter tous ces noms d'oiseaux
Et d'autres gentils animaux
Et puis "vendu" et puis "fumier".
Apprendre en un soir, c'est beaucoup
Qu'on est cocu, qu'on est pédé
Et puis être aux chiottes invité
Pour s'en renifler pleins les trous !
C'était hier à Marcoussis
Quelques instants de vérité
Mais tout çà sans méchanceté
Et puis si élégamment dit.
C'est si vrai que partie finie,
Voilà que tout se rabiboche
Pour aller se taper la cloche !
C'est le rugby : j'en ai bien ri !
Sans favoriser mes couleurs
Puisqu'il n'en était point besoin
J'ai vu gagner et haut la main
L'Epines Roses en grand seigneur.
MV octobre 07