Asf Rugby Document sans titre
Découvrez le nouveau site de l'A.S.F Rugby
Document sans nom
         
Document sans nom
 
RACONTE-NOUS L'ANGLETERRE, PAPY CANDAU (mai 2011)

L'EPINES ROSES DE FONTENAY - Direction Générale des Evènements
 
l'évènement du jour (13/14/15 mai 2011)
 
 

"Dis, raconte-nous encore, Papy Candau, la chasse à l'anglais que tu as menée dans les années dix avec la meute de bâtards de L'EPINES ROSES®. Raconte-nous encore comment tu les as niqués. Papy Candau, quels souvenirs sous ton grand chapeau ?"
 
Nous sommes en 2050, au clubhouse des Six Roses. Le local occupe toute l'aile du château Sainte-Barbe de Fontenay. C'est qu'il en faut de la place pour présenter tous les trophées obtenus par les anciens de l'ASF et leur prolifique progéniture, plus ou moins officielle.
 
Encore gaillard malgré le match qu'il a disputé l'après-midi en super-vétérans, Papy récupère dans son fauteuil à roulettes, une camomille arrangée à la main. Il propulse son engin vers la vitrine n° 2011 où trônent trois objets vénérés comme des reliques par les fontenaisiens de tous âges :
 
Le premier est la coupe du vainqueur. Elle ressemble à s'y méprendre à une bite trapue un peu fripée, mais dorée et généreusement pourvue d'un gland hypertrophié;
 
Le deuxième est un large slip de maritorne, sans doute rose à l'origine, moucheté d'indéfinissables taches jaunâtres et de glaires séchées;
 
Le troisième enfin est un portefeuille usagé retrouvé dans un bouge londonien et renvoyé d'Angleterre en toute discrétion car, selon les services de traduction locaux, il aurait appartenu à Son Eminence (rien à voir avec l'objet précédent !) Monseigneur Bishop. Doux Jésus ! Que faisait le saint homme en ces lieux ?
 
Papy Candau réclame une autre camomille arrangée et dit :
" - Approchez, les petits, je vais tout vous raconter…"
C'est la nième fois qu'il raconte cette aventure mais, comme à chaque fois, un cercle silencieux se forme autour de lui, dans un mélange de terreur et de respect !
 
" En ce temps là, attaque-t-il d'une voix à peine chevrotante, aller chasser l'anglais était une véritable expédition. Pas comme aujourd'hui où l'on fait Paris-Londres en dix minutes, à peine le temps d'aller au distributeur délayer un peu de poudre de cochon dans un gobelet de coca tiède. Mes pauvres petits !
 
La chasse à l'anglais, une des plus dangereuses qui soient tant la bête est fourbe, est officiellement ouverte deux jours avant notre départ. Nos armes sont minutieusement fourbies par nos maîtres préparateurs physiques au premier rang desquels se distinguent les maîtres- charcutiers, les maîtres-fromagers et les maîtres-de-chais. Puis les "Taïaut" résonnent. Chaque dame serre une dernière fois son héros dans ses bras, avec le vague espoir qu'il oublie de donner le double tour de clé au cadenas de sa ceinture, ainsi qu'il est d'usage. Pas comme aujourd'hui où les nouvelles lois sur l'émancipation des meufs ne permettent plus d'appliquer cette simple mesure de bon sens. Mes pauvres petits !
 
Notre voyage aller, les petits :

C'est le vendredi 13 que l'aventure, la vraie, commence, sur le coup de 11 heures, au stade du Panorama. Châssis à terre, nos véhicules convergent vers le car. Notre chauffeur nous y attend, aussi avenant d'une descente de police à l'aube. Captain Philippe, notre prévoyant GO, craignant (à grand tort) que l'on soit un peu juste en victuailles, a demandé un chauffeur sobre. Il a obtenu satisfaction et l'on a un chauffeur sobre. Et con ! Un sobre con en quelque sorte, osons le pléonasme !

 Nous avons tôt fait de remplir les soutes, matériel sportif d'un côté, matériel de survie de l'autre. Ce choix ne s'avère pas des plus judicieux : d'entrée le car penche lourdement d'un côté et ce balourd perdurera jusqu'au retour à Fontenay, malgré d'importants et incessants efforts pour le résorber.
 
Nous sommes une bonne quarantaine à nous installer dans le car : une trentaine de chasseurs patentés de L'EPINES ROSES® auxquels se joignent les déjà très aguerris Anthony, Colo, Hedi, ainsi que la Lézer's Brothers Ltd.
 

Nous accompagnent, en fins limiers flairant déjà la curée, nos ex et actuel chefs de meute, les excellents Philippe et Patrick, quelques piqueurs de renom en train de reprendre du poil de la bête côté infirmerie (Christophe L, Guillaume A, Jean-Seb, Patrice). Quant à Coach Thierry, celui dont Marie-Madeleine a le genou, il fera le rabatteur : pas question, jure-t-il, que le gibier anglais nous coiffe sur le poteau !
 
Le jovial chauffeur dit qu'il ne s'arrêtera pas avant Calais ce qui impose le repas de midi dans le car. La nature des victuailles rend cette opération très délicate et il faut toute notre expérience pour la réussir. Notre équipe a décidemment bien des vertus : solidement appuyées sur le talent de nos terroirs, l'imagination des uns et la tradition des autres conduisent à un foisonnement brownien de l'offre gastronomique.
 
L'exceptionnel reste que, sans concertation préalable, tout cela a finalement un sens et de la profondeur. De l'apéritif au café-poire, en passant par les incontournables pâtés et fromages puis, quand les becs salés n'en peuvent plus, les fruits, macarons et madeleines, bien malin celui qui trouverait une faille dans notre attaque de palais.   
 
Le voyage se passe tranquille jusqu'à Calais. L'attente du Ferry sur le parking permet à nos braves de se dégourdir les jambes et même les bras en se faisant quelques passes. C'est en ce lieu que le Elie's Circus commence une série de numéros dont il régalera notre périple. Inspiré par l'otarie, qui se dresse sur la queue et clape des nageoires tandis qu'un ballon tourne sur son museau, il improvise un numéro inédit de haute voltige. Il y apporte bien sûr quelques variantes, car se dresser sur la queue reste réservé à une petite élite qui prouve son talent à Coach Thierry, chaque dimanche, histoire de pimenter les insipides séances de gainages et de pompes.
 
Cigare en bouche, boîte à cigares en main, il décide de rattraper le ballon en effectuant une course à reculons. Personne, même à jeun, n'a jusque là réussi un tel exploit. Nous le regardons, incrédules devant tant d'audace. Roulements de tambours et… patatras ! Le malheureux se jette sur le macadam avec une fougue qui doit remonter à sa nuit de noces. Mais le macadam n'est pas d'humeur badine et lui envoie une baffe monumentale dont il gardera le visage râpé et le nez pelé pour le reste de la virée.
 
Le voyage en ferry par mer calme est de tout repos. Nous ingurgitons quelques bières au bar et chantons quelques chansons. Du classique ! A l'arrivée à Douvres, encore à moitié estourbi et malgré la bière apaisante du ferry, Elie, encore lui, se trompe de pont pour le départ du bus. Il nous retrouve in extremis au terme d'une petite course alors que nous envisagions le pire, une répétition en haute mer, sans bouée, qui aurait mal tourné !
 
Nous prenons la route de Londres-la-perverse, grignotons en chemin tandis qu'à l'arrière du car résonnent des chants guerriers, sous la conduite du maestro Colo et de son ténor Anthony. Il y est beaucoup question de moi car à Perpignan, c'est une obligation municipale, chaque chanson doit citer au moins une fois votre Papy Candau. C'est un minimum, mais Colo fait beaucoup mieux dans ses bons jours ! Et c'en est un !
 
Nous arrivons dans les faubourgs de Londres et le gai luron du volant ne veut ou ne peut plus s'arrêter. La bière du ferry produisant ses effets et voulant rattraper sa maladresse du parking, notre Elie concocte un nouveau et périlleux numéro. Il s'inspire toujours des prouesses animales, cette fois de Paul le poulpe qui arrive à se glisser dans un cylindre de verre minuscule. Le voilà donc qui entreprend de se soulager la vessie dans une bouteille d'eau.
 
Est-ce l'air de la perfide Albion qui lui noue d'entrée l'aiguillette ? Est-ce la crainte que la bouteille, elle, soit d'humeur badine et se prenne au jeu ? Sont-ce les encouragements frénétiques d'un public averti qui suit et filme l'action au plus près ? Nul ne peut le dire, mais force est de constater que c'est à nouveau l'échec : beaucoup de mal à trouver l'ouverture,  pénétration millimétrique et, au final, un pipi de rouge-gorge prostatique.
 
Dieu merci, nous arrivons à l'auberge de jeunesse vers 20 heures locales, avant que sa fertile imagination n'invente un nouvel exercice.
 
Notre arrivée et l'avant-match, les petits :
 
L'installation à l'auberge de jeunesse, ancien tribunal presque encore dans son jus se fait sans encombre, d'autant que les anciennes cellules de dégrisement qui servent de chambres sont on ne peut mieux adaptées à notre état. Puis nous envahissons la cantine, ouvrons nos glacières et nos sacs pestilentiels et calmons notre faim de loup. Les plus téméraires suivent ensuite Pierre-Yves pour une visite guidée des bas-fonds de Piccadilly, d'autres se rabattent pour quelques derniers verres vers le petit night-club de l'auberge tandis que les plus prudents (ou les plus atteints) vont se coucher, se réservant pour le grand jour. Au retour dans nos chambres, les odorats sont fortement sollicités par les effluves en provenance de certains sacs à vivres entreposés là.
 
Le réveil se fait vers les sept heures, sauf pour ceux qui partagent la cellule des frères Barbarroux. Tels des merles au printemps, ils commencent à se chacailler bien avant six heures. Ceux que ces gazouillements font lever ont comme compensation le plaisir de voir les plus jeunes rentrer à l'auberge, l'œil rougi et la démarche entre parenthèses. On les croyait perdus alors qu'ils préparaient le match, répétant encore et encore leurs plus belles passes.
 
Le système des douches individuelles mais mixtes réserve quelques surprises. Citons notre Tortue qui se fait surprendre hors carapace par une charmante voisine. Celle-ci ne trouve rien d'autre à dire que "Ooooooh ! Pardon Monsieur !" avant de fuir à toutes jambes. Enfin, selon la version de la défense. Ce qui démontrerait d'une part que la voisine a la vue basse, d'autre part qu'elle a fait preuve d'une exquise politesse. Pour reprendre le Truffaut de "Baisers volés" politesse oui mais tact non. Le tact aurait voulu qu'en ces circonstances elle dise plus sobrement "Oh ! Pardon Madame !".
 
Tandis qu'il nous raconte son aventure, nous pensons au sang froid qu'il lui a fallu pour ne pas s'être laissé tenter, comme trop d'autres, au sortir de la douche, toujours un moment de forte vulnérabilité pour les hommes. Vous l'imaginez, mal rasé et menotté aux quatre pattes, croupissant dans une Tour de Londres, des morpions tenaces l'emmerdant la nuit, sans bruit, sans parler du geôlier pervers ni du codétenu psychopathe lubrique.
 
Après le petit déjeuner, les accros de la nicotine vont satisfaire leur vice dans une espèce de cour intérieure séparée de la salle par une vitre. L'odeur en moins, grâce à la vitre, on se croirait dans une ménagerie; d'autant que notre Olivier la Pompe singe à la perfection le grand mâle dominant bonobo, en plus libidineux. Les autres fumeurs sont contraints de serrer les fesses pour éviter tout malentendu matinal.
 
Le car vient nous prendre sur le coup de dix heures et nous emmène sur les lieux du futur exploit, dans le nord de Londres, à quelques 10 km de Borehamwood où avait eu lieu la fameuse bataille de l'an 2007. Pierre-Yves continue de nous distiller des informations touristiques de première main : d'abord d'ordre général quand on se trouve du côté de Camden, elles prennent vite un tour plus personnel au fur et à mesure que l'on monte vers le nord, où il a passé une partie de sa folle jeunesse estudiantine. Arrivés au cœur du sujet, la voix devient plus sourde et aucun détail ne nous est épargné sur le pub des premiers excès, l'Eden Park des premières galipettes et le "cottage" de la première chaude-pisse.
 
Captain Philippe nous distribue alors nos uniformes; une chemise blanche "collector" célébrant par avance l'évènement et une élégante cravate bleu sombre rayée de rose. Notre président Patrick sort de son chapeau des… canotiers siglés Epines Roses qui seront du meilleur effet sur les photos souvenirs. Un petit strip-tease dans le car et nous arrivons déjà au terrain ou nous attend le comité d'organisation sous la houlette de la dynamique Martine, une alsacienne pur schnaps. Dans le local qui sert de clubhouse, la sono envoie un flot de chansons françaises où Piaf, Montand, Trenet et l'accordéon musette se taillent la part du lion ! çà c'est la France !
 
Jean-Louis ne retrouve pas son sac de sport. Il lui serait pourtant si simple, en mettant un morceau de ses fromages dans chacun de ses sacs, de ne pas en perdre la trace. Et toute possibilité de confusion serait exclue, par simple dissuasion. Le temps se couvre, la pluie menace sans tomber et il fait un petit vent frisquet. Mais tout cela s'améliorera progressivement en cours d'après-midi et les conditions seront très correctes pour jouer, si ce n'est un terrain bosselé et bien plus sec que nos gosiers.
 
Le match est à 14 h. Tandis que nous "dégustons" du bout des lèvres un sandwich pour biafrais et une pomme (chercherait-on à nous mettre en hypoglycémie ?) nous voyons arriver quelques joueurs ou plutôt, pensons-nous au début, quelques fils de joueurs.
 
Mais non ! Il s'avère bien vite que Borehamwood n'a finalement pas d'équipe vétérans : Ces voyous ont donc triché d'entrée en composant une équipe ou les gaillards ont entre 20 et 35 ans alors que la moyenne chez nous tourne autour de 45 !!! Tous des jeunes à Borehamwood ? Pas tout à fait quand même ! Pour être honnête, il convient de mettre en exergue leur seul ancien mais quel vénérable ancien ! Le même qui nous avait tant fait souffrir la dernière fois, aujourd'hui 65 ans passés, toute sa science du jeu et, plus incroyable, (presque) toutes ses jambes ! Celui-là, je vous le jure, a dû être classé dans la catégorie des "très, très pénible" dans ses jeunes années.
 
Nous décidons donc de tricher aussi et, sans prévenir nos adversaires, de jouer ce match à l'indice de performance, comme aux 24 heures du Mans, catégorie prototypes : un point retiré pour tout écart de moyenne d'âge de deux ans. L'écart estimé étant au minimum d'une douzaine d'années, il faudra donc au final retirer six points à Borehamwood.
 
Nous avons amené un grand chaudron pour confectionner notre redoutable potion magique au bord du terrain. Mais voilà, la réalisation du cocktail est confiée à Jean-Seb. Pour son coup d'essai, le bougre, mal remis de la veille, se plante complètement dans les proportions, forçant beaucoup trop sur le jus de fruits. Du coup, le breuvage perd beaucoup de son pouvoir magique et nous sera de peu d'utilité.
 
Le grand match et notre exploit, les petits :
 
Ah ! On peut dire qu'ils ont fière allure quand ils entrent sur le terrain, cornemuse en tête. Mais nous ne baissons pas les yeux et répondons au défi par des sourires amusés.
 
Le match commence enfin pour trois mi-temps de trente minutes, sous la direction d'un arbitre local assez tatillon qui arbitrera avec une interprétation locale des règles sensiblement différente de la nôtre. Nous sommes très lourdement pénalisés dans le jeu au sol, le rapport des pénalités étant facilement de 3 à 1. Ces brigands les jouent souvent rapidement, en avant de l'arbitre et sans lâcher le ballon, ce qui semble être toléré et leur vaut à tous les coups dix mètres de mieux.
 
Malgré quelques mots d'agacement, nos joueurs conservent leur sang-froid, ce qui est moins le cas sur la touche d'où les injustices paraissent encore plus criantes. C'est un match engagé et sans concession dans lequel nous faisons très bonne figure. Si nous sommes dominés par plus jeunes que nous en vitesse d'exécution et dans l'arrachage au "contest", nous dominons aussi nettement en puissance et maîtrise collective, en particulier pour le jeu dans l'axe.
 
Nous marquons trois superbes essais, un par mi-temps (Toufou, Hedi, Sébastien), entrons à trois reprises dans l'en-but sans pouvoir aplatir et, sur un petit côté, Hedi oublie son véloce ailier Francis, lancé comme un frelon, à un mètre de la ligne.
 
Une action reflète bien la différence d'état d'esprit : sur un renvoi au centre manqué par eux, Captain Philippe, dans la plus pure tradition chevaleresque, demande à ce qu'il soit retapé. Sur notre réception et pour une broutille, l'arbitre n'hésite pas à siffler pénalité contre nous. Jouée rapidement et irrégulièrement, elle aboutit à un essai. Forcément, çà agace !!
 
D'ailleurs, Paul de Toulon et nos présidents d'un côté du terrain, Coach Thierry et Guillaume de l'autre ne voient pas du tout les fautes du même côté que l'arbitre. Personne ne peut pourtant les soupçonner de l'ombre du plus petit chauvinisme.
 
Et ces anglais, plus truqueurs et vicieux que méchants, ne lâchent rien, comme à leur habitude. Ils marquent quelques essais, la plupart sur les cannes après avoir pris un intervalle, souvent suite à une pénalité jouée rapidement. L'arbitre en valide 8 au total, ce qui corrigé par l'indice de performance vaut 2.
 
Et c'est donc sur une victoire historique 3 à 2 que se termine ce match d'anthologie auquel tous nos joueurs valides (35 au total) ont participé, malgré la fatigue du voyage et de ses à-côtés. Quelques égratignures et commotions légères mais pas de blessés, malgré l'état du terrain.   
 
Quelques gadgets ont été utilisés. Ainsi le barde, décidé à manœuvrer à l'ancienne, a bouloté une demi tête d'ail (du fort, de Lautrec) et parfumé joues, cheveux et col du maillot avec. En une mi-temps il a eu le plaisir d'user ou plutôt d'écœurer trois talonneurs. Pour ne pas trop incommoder ses partenaires, il tournait sa tête vers son vis-à-vis et lui soufflait un petit filet d'air sous les narines, comme on souffle délicatement sur une braise pour faire prendre le feu. Le premier adversaire a tenu une mêlée et s'est éclipsé dans les lignes arrières. Le deuxième, un peu enrhumé, a mis deux mêlées pour comprendre. Le dernier était un petit junior bien courageux qui n'a pas osé demander de changer à son capitaine... ni venir parler à son tortionnaire après le match !!!
 
Notre après-match, les petits :
 
C'est le moment de la remise des trophées. Les représentants de la mairie de Borehamwood, dont la mairesse en personne, sont là, enguirlandés comme sapins de Noël. Instruits par l'expérience malheureuse de leurs prédécesseurs, ils n'ont pas osé mettre le nez dans la potion. Il est vrai que ce sont surtout des femmes et que le temps plus frais s'y prête moins.
 
La coupe du vainqueur, que vous voyez là, petits, dans la vitrine (objet n° 1) est remise à Captain Philippe par la mairesse. Soit la forme de la coupe agit sur la libido de cette dame, soit le parfum AXE dont Philippe s'est aspergé produit ses effets envoûtants, ou les deux, toujours est-il qu'elle redemande de la bise au vainqueur et qu'on voit le moment ou un chalumeau sera nécessaire pour les dessouder. Le reste de l'équipe municipale finit par la récupérer pour l'évacuer d'urgence vers sa mairie, en pleine pâmoison.
 
Un plat de pâtes bien épicées nous a été préparé par Martine, toujours elle, au four et au moulin. Bien évidemment, cela ne nourrit pas sa bête. Sous les flons-flons d'une accordéoniste, nous installons donc notre propre table avec un échantillon de denrées bien françaises. Pendant ce temps l'animateur gallois prépare une série de jeux. Pour l'avoir vu à l'œuvre la dernière fois, nous redoutons le pire. Mais le pire n'est rien à côté de ce qui nous attend.
 
Après le traditionnel concours de descente de pints, où nous faisons de la figuration face à des pros, une variante nous est proposée sous forme d'un relais-canette : quinze joueurs de chaque équipe face à face, une canette d'un breuvage tout sauf sympa au pied. On commence à un bout et, dès la canette finie, on passe le relais au partenaire. Francis est désigné comme arbitre et dès lors nous nous disons que, quoi qu'il arrive, c'est "in the pocket" !
 
Le jeu commence et nous tenons bien la cadence. La compétition est serrée quand de notre côté vient le tour d'Elie. Que se passe-t-il alors dans sa tête ? Le choc frontal d'hier  
a-t-il laissé des séquelles ? La vessie mal vidangée d'hier demande-t-elle au cerveau de refuser l'obstacle ? Toujours est-il qu'il triche à l'anglaise et utilise la canette vide du précédent partenaire pour faire croire qu'il en a fini. Quiconque à la place de Francis, surtout après les injustices vécues l'après-midi, fermerait les yeux ou, au pire, déclarerait un match nul au vu des quelques gouttes que les anglais ont laissé tomber à terre.
 
Mais on a un Toulonnais juge arbitre, qui a le blocus de Toulon à venger. Quand il s'agit de rugby, on sait qu'il y a moins d'un toulonnais sur 1000 honnête et encore n'est-il honnête qu'un jour sur 1000. On est donc tranquille et on s'attend à ce qu'il déclare Fontenay vainqueur, quitte à faire face à des réclamations. Bingo ! Voilà que l'on tombe sur le cas sur un million qui nous est défavorable. "In the pocket" mon cul ! Francis nous trahit, comme l'autre Ganelon en son temps, proclame la tricherie d'Elie et la victoire de Borehamwood. Un comble ! Heureusement pour lui, la présence d'esprit de son frère, nous expliquant que dans la famille l'aîné a pris toute la malice, nous empêche de l'étriper sur place.
 
Nous mettons à profit une petite pause pour désigner et fêter nos héros : l'homme du match est Toufou pour ses nombreuses percussions au ras qui ont bien ébroué la piétaille anglaise. Le Cagoulin ne peut qu'échouer à Elie, aucune erreur sur le terrain ne pouvant rivaliser avec sa stupéfiante prestation hors-terrain. A la remise de l'objet, les anglaises présentes font entendre des râles de bêtes et nous craignons un moment de ne pouvoir contrôler leurs ardeurs utérines.
 
Un intermède intéressant voit Paul-Antoine et Guillaume C danser le French Cancan, grimés en couple de beaufs en tenue de nuit. Puis Pol fait don de son corps à l'équipe pour rétablir la situation. Il gagne haut-la-main une joute acharnée où il s'agit, mains liées derrière le dos, d'aller débusquer avec les dents des chamallows cachés dans une mini-piscine remplie de sciure.
 
Et le clou du spectacle arrive avec une nouvelle joute où les champions sont en tenue de Sumo, un large slip (voyez, les petits, dans la vitrine l'objet n° 2) bien serré autour de la taille et des jambes. Dans chaque slip sont répartis une demi-douzaine d'œufs frais. Les jouteurs ont à répondre à des questions variées. En cas de mauvaise réponse l'adversaire donne une claque là où il devine les œufs. Le dernier à qui il reste des œufs entiers a gagné.
 
On plébiscite Bardou pour nous représenter et c'est vrai qu'il est impressionnant notre Sumo quand, accroupi, il jette sa poignée de sciure pour éloigner les mauvais esprits. Les questions de l'anglais sont vicieuses et plus ou moins bien traduites, mais on fait dans la même veine et notre champion arrache un méritoire match nul.
 
Pendant ce jeu dont la lourdeur n'a d'égale que la longueur (mais il faut bien participer !), il se passe de l'autre côté de la salle un évènement bouleversant. Sur notre table déjà bien encombrée de cochonnailles, notre Président, sortant des cuisines, vient de déposer cérémonieusement un grand plat de tête de veau tiède et son saladier de gribiche. Il a zappé les jeux pour nous préparer tout çà en coulisses. Qu'il ne regrette rien !
 
C'est d'abord un silence de cathédrale, comme si ce bonheur tombait du ciel. Puis c'est une ruée telle que depuis celle vers l'or, rien de comparable ne s'était produit. Le plat est englouti goulûment, voracement, sauvagement, impitoyablement. Malheur aux faibles et aux retardataires ! Le Royaume des cieux n'est cette fois pas pour eux !
 
Nous restons encore un peu, histoire de placer quelques chansons dont une "Fille du bédouin bien enlevée". Elie, toujours lui, avec ferveur, nous a fait travailler dans le car une version anglaise de cette antienne. Mais sa version est jugée trop shakespearienne pour être exécutée devant un public ignorant des choses de la littérature. C'est que nos adversaires, équipe de circonstance, ont peu de répondant dans le domaine vocal. Nous décidons alors de plier les gaules et faisons la bise à Martine et au gallois édenté qui ont tenu l'animation à bout de bras.
 
De retour à l'auberge, le gros de la troupe se dirige vers le night-club du sous-sol pour achever la soirée qui devant ses bières, qui devant ses whiskies. Dans une belle ambiance festive et fraternelle, nous passons là quelques heures à nous dandiner plus ou moins gracieusement sur la piste, tandis que le DJ fait parler les décibels.
 
Nos mensurations avantageuses attirent sans tarder les bonnes grâces de quelques beautés du cru, pas spécialement farouches.
 
L'une est bien anglaise avec deux grandes dents sur le devant, plus affutées que celle d'une lapine. Quand il réalise le danger (se rappelant d'un documentaire édifiant sur la vie des clapiers vu à la TV) un imprudent tente de battre en retraite et de minimiser ses avantages. En pleine détresse et pour couper court, si l'on peut dire, je crois l'entendre murmurer "up to twelve !" en réponse à une question très directe.
Mais c'est là qu'il s'enfonce, car l'anglaise raisonne en inches, pas en centimètres, et applique donc un facteur grossissant de 2,5 qui décuple son appétit. Il s'en sort par miracle en refilant Miss Incisives à un blaireau british de passage.
 
Une autre a un décolleté ravageur qu'elle promène comme un Saint-Sacrement sous nos yeux de coyotes à la Tex Avery. Quand on pense qu'en France on fête les saints de glace, ce n'est pas le pôle ici mais l'équateur. Elle a peu d'autres avantages, mais cela suffit pour allumer le feu un peu partout. Ce sur quoi elle disparaît et démerdez-vous donc, messieurs, avec les pompiers !
 
N'ayant plus grand soif et les whiskies du bar se faisant de plus en plus mesquins, nous finissons par aller nous coucher pour une courte nuit.
 
Notre voyage retour, les petits :
 
Les têtes du matin sont aussi expressives que les fesses au chauffeur, lesquelles ressemblent à son visage, en plus tristes. L'un de nous est si fatigué qu'il en perd ses papiers dans une transaction douteuse (voyez, les petits, dans la vitrine l'objet n° 3). D'autres ont la force de se traîner dans les magasins pour un cadeau à maman histoire d'étayer la réalité du voyage ou de se faire pardonner une aussi courte absence. 
 
Le car vient nous chercher sur le coup de 11 heures, direction Douvres. Nous récupérons doucement jusqu'au ferry, attendons en vain un numéro d'Elie, puis, de désespoir, prenons le bar d'assaut pour une valse de pints de toutes les couleurs.
 
Calais est déjà là. Nous nous arrêtons un peu plus loin pour aérer les soutes et caler nos estomacs. Et alors là, c'est comme si Saint-Grouin, Saint-Nectaire et Saint-Emilion avaient tous ensemble prié pour nous ! Nous assistons ébahis au miracle de la multiplication des viandes, pâtés, fromages et bouteilles ! Il ne faut pas moins de trois tables pour en étaler une partie et, après la solide collation, on pourrait repartir pour une deuxième campagne sans repasser par le poste de ravitaillement.
 
Des trucs comme vous n'en voyez plus, les petits, car depuis belle lurette vous ne vénérez plus ces saints-là ! Bacchus est alcoolique et le grand Pan est mort !
Une petite déception toutefois. Les infirmières sarthoises qui nous avaient tant aimés la dernière fois ne sont pas au rendez-vous. Il est vrai que depuis le temps, ces cochonnes ont dû se faire jointer et finir en rillettes.
 
Cette bonne bouffe nous a mis d'humeur joyeuse et le retour vers Paris est une longue surenchère de bons mots dont le verbatim ne pourrait que partiellement rendre l'humour et la poésie. Certes, les thèmes restent classiques, mais que de variations inventives, que de raffinements moqueurs !
 
Le thème anatomique occupe une place centrale. Tous ou presque y passent mais les meilleures déclinaisons se font sur le Nono. De sa tonsure impeccable à ses hémorroïdes surmenées, en passant par sa moustache piège à souris et ses tripes en furie, l'homme est disséqué au scalpel et même les bas morceaux trouvent preneurs. Pour creuser l'affaire, comme la richesse du sujet semble inépuisable, l'idée de créer une journée du type Nonothon fait l'unanimité.
 
Une dernière halte rapide dans une station-service permet de voir à l'œuvre une belle brochette d'hypocrites achetant une quantité invraisemblable de bouteilles d'eau minérale avant de retrouver le bercail et maman, ce qui est fait sur le coup de dix heures, avec la satisfaction du devoir accompli.
 
Décidemment, notre groupe de vétérans de toutes origines avait découvert, sans pouvoir l'expliquer ni la transmettre, une des recettes du bien vivre ensemble.
 
C'est tout ce qu'on vous souhaite, à vous, pauvres petits !".
 
Ainsi parlait Papy Candau devant la vitrine reliquaire n° 2011 des Six Roses, au château Sainte-Barbe. Et tous autour de lui, les djeun's et les moins djeun's, tous, ils en bavaient…
 
Je ne fais ici que retranscrire ses propos. Pour mon compte, la chanson de Brassens "Heureux qui comme Elias a fait un beau voyage" me trottait par la tête sur la route du retour :
 
"Quand on est mieux ici qu'ailleurs,
 Quand un ami fait le bonheur,
 Qu'elle est belle la Liberté,
 La Liberté !..." 
 
MV mai 2011 

 

 

 

Merci au Captain Philippe pour cet incomparable succès à la fois festif et sportif.
Merci au président pour sa tête de veau d'anthologie et nos beaux papeaux.

Merci aux généreux sponsors qui ont pu vérifier la transmutation d'argent en bonheur.

Merci à tous les participants, vaillants joueurs et inconditionnels accompagnateurs, tous voraces compétiteurs, qui ont ajouté cette page de légende à la gloire du club. Tous ne sont pas cités dans le texte, ce serait trop long, mais chacun s'y reconnaîtra.
 
En voici la liste :

Antoine Brus, Bruno Arlie, Christophe Gendre, Christophe Levèque, Didier Coletta, Didier Terracol, Elias Abou Mansour, Eric Bornet, Francis Barbarroux, Frédéric Barreyre, Gérard Gosselin, Gilles Vernet, Guillaume Adler, Guillaume Caraben, Hervé Bellouard, Jean-Louis Migeon, Jean-Sébastien Agud, Julien Bartes, Lionel Ragot, Martial Davoust, Michel Vergne, Nicholas Francou, Olivier Barberousse, Olivier Bardoulat, Olivier "Papy" Candau, Patrice Deschamps, Patrick Donot, Paul Barbarroux, Paul Devrue, Paul-Antoine Michelangeli, Philippe Cluzeaud, Philippe Corbet, Philippe Laroussinie, Philippe Roux, Pierre Vidal dit Toufou, Pierre-Emmanuel Guidet, Pierre-Yves Tilly, Renaud Escargueil, Sébastien Morales, Thierry Fernandes, Xavier O'Byrne, Anthony Cabaj, Hedi Karaa, Julien Colomine, Nicolas Lézer, Olivier Lézer.

SUS A L'ANGLAIS ! (avril 2011)

.


Plus que trois semaines ! Le grand moment approche. Il n'est que temps de nous mobiliser ! Bien sûr on a la rage ! Bien sûr on a envie de gagner pour venger des siècles et des siècles de fourberies et de coups tordus. 
 
Vous ne vous rappelez pas tout ? Allez ! Je me fends d'un petit rappel historique surtout pour vous, les plus jeunes, qui ne portez pas encore de short rouge, couleur des tuniques anglaises, et connaissez si peu le Moyen-âge que vous ne faites pas la différence entre suzerain et suzecass' ! 
 
Sans remonter à la nuit des temps, je vous entraîne peu après l'an 1000 avec ce brigand de Guillaume-le-Conquérant qui, après avoir conquis la perfide Albion, étrille nos braves Capétiens à Mortemer et Varaville.
 
Continuons avec l'outrecuidant Riri Plantagenêt qui ose forniquer avec cette garce d'Aliénor d'Aquitaine et qui, pour quelques brossages à la va-vite (à l'anglaise quoi !), étend sa domination à tout le grand sud-ouest de la France. La terre de notre rugby ! Peut-on oublier cet outrage ?
 
Je dis bien notre rugby car c'est en venant dans le sud-ouest qu'ils commettent l'inqualifiable vol de notre soule. Un joli jeu entre nos villages autour d'une vessie de porc, tous coups permis et sans arbitre. On s'amusait bien; il y avait de nombreux blessés et des rancunes tenaces. Six cents ans plus tard, l'ayant compliqué de règles inutiles et doté d'un arbitre partisan, pour mieux tourner l'interprétation de ces règles à leur avantage, ils l'appelleront rugby et diront l'avoir inventé ! Quel manque de fair-play!
 
Poursuivons, deux siècles plus tard, par les débuts catastrophiques d'une Guerre de cent ans : l'Ecluse de Bruges, les ravages d'Edouard III dans toute la Normandie, dans le Vexin, le pays de Caux et jusqu'à la Somme. Pour finir par égorger nos chevaliers à Crécy, de sinistre mémoire. Puis faire le siège de Calais obligeant six bons Bourgeois de cette ville à se présenter corde au cou… Peut-on supporter cet affront ?
 
D'autant que ces ravages, à raison d'un petit "Oradour-sur-Glane" quasi quotidien, (Barfleur, Valognes, Carentan, Saint-Lô, Caen, L'Aigle, Lisieux, Pont-l'Evêque, Elbeuf Honfleur et tant de petits villages…) sont venus jusqu'à nous. Eh oui ! Quand le Prince de Galles de l'époque, le vilain Prince-Noir, a entrepris de remonter la rive gauche de la Seine direction Paris, mettant à sac Mantes, Triel, Poissy, Saint-Germain, Chatou, Nanterre, Courbevoie, Rueil, Puteaux, Saint-Cloud et envoyant ses soudards jusqu'à… Bourg-la-Reine !  
 
Et qui sait si en allant vers Bourg-la-Reine ils ne sont pas passés par Fontenay, pillant les fermes et piquant - ô sacrilège! - à l'endroit même où se situe notre terrain, les poules, les œufs, le beurre, l'argent du beurre et probablement le cul de la fermière, ancêtre in situ de nos tant aimées supportrices ! Nom de Dieu !! Aux armes !!  
 
Parlons-en d'ailleurs des autres "chevauchées" sauvages de ce sinistre Prince-Noir mettant par la suite "à feu et à sang" plus de 500 paisibles bourgs et villages en Lauragais et Languedoc (Villefranche, Avignonet, Castelnaudary, Carcassonne, Narbonne, Limoux, Montgiscard, etc.), massacrant ensuite un peu partout (notamment Vierzon, Limoges, etc.), faisant prisonnier notre brave Roi Jean-le-Bon à Poitiers, puis notre vaillant Connétable du Guesclin quelque part en Espagne… Et à lui les rançons !!
 
Parlons, plus tard, du désastre d'Azincourt de la chevalerie française à nouveau décimée, y compris les prisonniers, puis du "honteux traité de Troyes" arraché à notre pauvre roi Charles, un peu frapadingue, il faut bien le dire, et manipulé par la perfide Isabeau. Et encore des échecs à Cravant, Verneuil… Et enfin le bûcher de Jehanne-la-Pucelle, "la bonne Lorraine qu'anglois brûlèrent à Rouen" comme l'écrivit si joliment François Villon…
 
On remet le couvert moins de deux siècles plus tard : Höchstädt, Ramillies, Audenarde avec cet enfoiré de Marlborough, s'en allant toujours en guerre - mironton, mironton, mirontaine - sans qu'on sache s'il reviendra à Pâques… ou à la Trinité.
 
Et, après celle de cent ans, cette autre "Guerre de sept ans" et les pâtées prises à la baie de Quiberon, à Cherbourg, et aussi loin qu'en Inde (Pondichéry…), Martinique, Guadeloupe et au Canada (Louisbourg, Fort Frontenac, Fort Duquesne, les plaines d'Abraham, Montréal…), sans compter l'abominable "Grand Dérangement" de nos cousins Acadiens…
 
Et l'amiral Nelson de mes deux nous faisant boire la tasse à Bastia, à Calvi (et oui Paul-Antoine ! mijote la vendetta !), à Gênes, à la baie d'Aboukir et, pour finir, à Trafalgar ! Quel vilain coup !! Et puis y'a l'autre, le Wellington, qu'est méchant comme une teigne, nous escagassant à Badajoz, Los Arapiles, Vitoria, Orthez, et enfin Waterloo... Waterloo, morne plaine !...
 
Et, horreur, entre Vitoria et Orthez, les autres succès de cet infâme Wellington en plein cœur du pays basque (et oui Thierry ! mijote le " gran desquite" !) : on ne va quand même pas oublier Ainhoa, La Rhune, Bassussarry, St-Pierre d'Irube... Même là ils ont osé promener leurs sales tuniques rouges et boire l'Irrouleguy de la victoire !...
 
Et les brimades subies par notre Napo à St-Hélène… et Fachoda… et Mers el-Kébir...
Et puis… "Bien sûr, il y a les guerres d'Irlande" s'est indigné Brel, chantant "Voir un ami pleurer" pour notre Xavier et notre Damien2SH. Et il y avait de quoi pleurer quand ils ont mis leurs vilaines pattes sur la verte Erin des bardes celtes, mes frères…
 
Et que dire du pire affront de tous sans doute, le blocus de Toulon ! Oui ! Oui ! Paul, Francis, Philippe ! A l'aide ! Vous avez bien lu ! J'ai bien écrit le blocus de Toulon, perle de la Méditerranée ! Et même s'ils ont fini par le lever, ils ont quand même osé le mettre ! Rien que çà mérite châtiment, non ? Pourquoi ? Mais "parce que Toulon"  justement convient-il de hurler !
 
Et j'en oublie... Oh sûrement que j'en oublie ! Et beaucoup ! Car, vous l'aurez compris, ils nous ont décidemment emmerdés partout, partout, partout… en tous temps et en tous lieux. Et quand ce n'était pas directement eux comme dans les cas précités, ces gros malins en payaient d'autres pour se battre à leur place !
 
Enfin, je ne parle pas de toutes ces vilainies vécues dans le temple (de la mauvaise foi) de Twickenham ni de tous ces empapaoutages d'arbitres anglais ailleurs qu'à Twickenham, c'est-à-dire sur tous les terrains du monde !!! 
Ni de l'essai de la victoire injustement refusé à notre Tortue lors du dernier match à Borehamwood pour une misère d'en-avant que moi, je vous le dis en toute honnêteté, je n'aurais pas sifflé…
 
Pour tout cela, en barde conscient de ses responsabilités et dans la tradition des troubadours limousins qui, eux aussi, ont souffert sous le joug anglois, je vous ai composé une petite ode guerrière d'encouragement, en remaniant un de mes anciens textes de la campagne de 2006. Vous la trouverez ci-dessous.
 
Goddam ! Que la force soit avec nous !
 
MV avril 2011 
 
 
 
La guerre des Roses
(Ode guerrière d'avant combat)
 
La Rose d'Angleterre
Au printemps s'écria : "Roses de Fontenay,
Je vous déclare la guerre."
 
Alors, bandant et fière,
L'EPINE ROSES osa dans son quiou* s'enfoncer,
Bien profond, sans manière !
 
Jouissance guerrière :
Quels singuliers ébats ! Voir l'anglais acculé
Et pris sur ses arrières.
 
Jeanne et Crécy vengés !
Albion vaincue ! Hourrah !
Le restant m'indiffère.
ROSES de Fontenay,
EPINES de combat,
Combien vous m'êtes chères !
 
------------------------------
* quiou : prononciation à l'anglaise du mot "cou", évidemment.
 Et Honni soit qui mal y pense !
EPINAY EPINGLE (mars 2011)

L'EPINES ROSES DE FONTENAY - Direction Générale des Evènements
 
l'évènement du jour (vendredi 04 Mars 2011)
 

L'EPINES épingle Epinay à sa collection de succès marquant cinq essais et en concédant trois. Sur une pelouse plus pelée qu'un cul de singe et après un démarrage de diesel d'antan, le premier essai marqué par Epinay au bout d'un quart d'heure a réveillé nos braves.
 
Match plaisant et engagé auquel j'ai assisté avec un Thierry pile électrique, point chaud à la tête sous un bonnet très tendance et point froid aux pieds dans de petites chaussures, très tendance aussi, mais plus adaptées à son salon qu'à un banc de touche par soir d'hiver.
 
Je n'ai malheureusement pas le temps de rédiger la chronique détaillée que ce beau combat aurait méritée. En cette période de césars, je me contenterai donc de décerner quelques bons et mauvais trophées :
 
-          Epine de Mammouth (la plus convoitée) pour une troisième ligne de feu. Les 2 Philippe, Gérard, Toufou et Paul, non seulement ont fait de nombreuses et remarquables pénétrations droit dans l'axe mais ont su les mener à jouissance, marquant les cinq essais du match.
 
-          Epine d'Ours pour les autres avants, courageux, altruistes et acharnés en défense. Ils ont permis à leurs troisièmes lignes de se friser les moustaches.
 
-          Epine de Cheval pour la défense solide et solidaire des lignes arrières, face à des opposants jeunes, rapides et crocheteurs qu'il valait mieux étouffer dans l'œuf.
 
-          Epine de Musaraigne timide pour l'attaque de ces mêmes lignes arrières qui ont beaucoup entrepris sans grande réussite.
 
A l'issue de ce match, le premier Cagoulin officiel de L'EPINES ROSES est remis . Ainsi que certains l'on découvert en avant-première au clubhouse, il s'agit d'une Epine Rose de taille modeste (selon nos standards) en merisier corrézien massif. Cette sculpture unique d'un artiste prometteur a été réalisée d'après une esquisse "premier jet" du maître sculpteur Jean-Louis.
 
Avant désignation du premier infortuné lauréat, un jury indépendant d'experts, composé de Thierry et de moi-même, a nominé les cagadeurs suivants, par ordre d'entrée en action :
 
-          Notre ailier Stéph – cité par le jury pour : "se précipitant pour recueillir une très haute chandelle, la perd de vue dans le ciel noir au dessus des projecteurs, dépasse de 10 mètres le point de chute, revient précipitamment en arrière pour se faire lober par un rebond rétro, se retourne à nouveau pour être surpris par deux rebonds latéraux aboutissant en touche". Et merde ! De quoi tourner en bourrique et signer enfin avec les gros.
 
-          Notre centre Christophe - cité par le jury pour : "trompé avant match par le bordel dans la pharmacie (Tortue où es-tu? que fais-tu?), s'enduit les mains d'une matière huileuse qu'il prend pour de la résine et réalise un récital d'une rare constance dans le lâcher de ballons".

 

-          Notre deuxième ligne Nicolas - cité par le jury pour : "perçant les lignes adverses et sur le point d'être plaqué, se prend pour un 3/4 et fignole une magistrale passe flottante, longue et bien molle, pain béni pour un adversaire qui intercepte et file entre les poteaux".
 
AND THE WINNER IS: NICOLAS pour cette passe honteuse, mieux à sa place dans un hôtel borgne que sur un terrain de rugby. Nous rappelons au récipiendaire que cet objet est remis en jeu au prochain match et que le lieu de stockage temporaire qui s'impose est sur sa table de nuit. L'objet, après toilette intime si nécessaire, devra être ramené dans son linge propre et son coffret de transport.  
 
Et attention, un premier Cagoulin mais déjà des dérives ! Sans doute inspirés par Dominici (vous savez, sa nouvelle pub "Vichy Saint-Yorre, çà va fort…") quelques joueurs, tant sur la touche pendant le match que dans les vestiaires après le match, n'ont eu cesse de dénoncer au jury les bévues de leurs camarades.
 
Et, à la moindre peccadille, de glisser à l'oreille emmitouflée de Thierry ou à la mienne : "Maréchal, il n'aura pas échappé à ta vigilance qu'untel, bien mauvais ce soir, a ENCORE dégueulé le ballon !" Inutile de dire que, dans la plupart des cas, il s'agissait de faire diversion par rapport à leurs propres turpitudes.
 
Le Jury met solennellement en garde contre ces agissements pervers. Toutefois, vous nous connaissez, alors rassurez-vous ! Notre corruptibilité a ses limites et ce n'est certes pas avec une tournée de Vichy que nous allons nous laisser influencer. Dans cette éventualité, qu'il nous fait peine d'imaginer, çà n'ira ni très fort, ni très loin !
  
MV mars 2011

1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 [Suivant] [Fin]

  A.S.F Rugby Le Forum
Infos Rugbyrama
Untitled Document
Rugbyrama - Top des infos - Rugby

Rugby - Coupe d'Europe - Le Leinster surpuissant
Tenant du titre, le Leinster n'a pas fait de détail en finale de H Cup contre la province irlandaise de l'Ulster (42-14). Les coéquipiers de Brian O'Driscoll ont marqué cinq essais et ont accroché leur troisième titre européen en quatre ans. Le Leinster est plus que jamais un grand d'Europe.

Rugby - Pro D2 - Pau, ticket gagnant pour la finale
Pau a fait respecter son invincibilité à domicile cette saison et s'est qualifié pour la finale de Pro D2 après son succès devant La Rochelle (16-14). Dans une rencontre très fermée, les Béarnais se sont montrés plus appliqués, solidaires et disciplinés.

Rugby - Challenge Européen - Biarritz, une saison de paradoxes
Mal embarqués en championnat, après une gestion de la période Coupe du monde calamiteuse où la dépendance du BOPB vis-à-vis de ses joueurs s'est fait plus criarde que jamais, les Biarrots ont non seulement su redresser la barre, mais finissent même sur un titre. Une sacrée force de caractère.

Rugby - Challenge Européen - Tillous-Borde: "Que cela nous serve de leçon"
Le RCT, qui attend un trophée depuis 20 ans, devra patienter après cette deuxième finale de Challenge européen perdue en trois ans. "Tout pour le championnat" semblaient dire les Toulonnais avant le match. Il va falloir le prouver alors que le Racing se profile en barrage.

Rugby - Challenge Européen - Biarritz au paradis
L'émotion de Marconnet, l'explosion de joie de Peyrelongue et Traille, ou la déception d'Armitage, retrouvez les temps forts de la finale.


Calendrier Loto Asf Rugby
  Télécharger
  Télécharger
 
A.S.F Rugby - Rue Goerges Bailly - 92260 Fontenay aux Roses